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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2507401

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2507401

mardi 1 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2507401
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision d’invalidation du permis de conduire de Mme A. La requérante invoquait l’urgence en raison de ses obligations professionnelles et médicales, mais le juge a estimé qu’elle n’apportait pas de précisions suffisantes et que la condition d’urgence n’était pas remplie, compte tenu notamment des impératifs de sécurité routière. La requête a été rejetée sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, sans examen du doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 juin 2025, Mme B A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision d'invalidation de son permis de conduire.

Elle soutient que :

- sa situation est urgente dès lors qu'elle est dans l'obligation d'utiliser son permis de conduire pour exercer son activité professionnelle et pour se rendre à des rendez-vous médicaux réguliers ;

- des points lui ont été retirés à tort, entraînant une invalidation irrégulière de soin permis.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".

2. Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement tenir compte notamment du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permette plus d'invoquer utilement - ni sérieusement - la notion d'urgence.

3. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision

litigieuse, Mme A fait valoir qu'elle est dans l'obligation d'utiliser son permis de conduire pour exercer son activité professionnelle et pour se rendre à des rendez-vous médicaux réguliers. Toutefois elle n'apporte pas de précision suffisante au soutien de ses allégations. Il résulte par ailleurs des pièces du dossier que l'intéressée a commis diverses infractions qui ont entraîné la perte de 3 points de son permis de conduire. Par suite, la condition d'urgence, qui doit s'analyser globalement et concrètement, et aussi compte tenu des impératifs de sécurité routière, ne peut être regardée comme remplie. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter la requête de Mme A selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Versailles, le 1ier juillet 2025.

Le juge des référés,

signé

P. Ouardes

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance

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