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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2507410

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2507410

lundi 15 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2507410
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantTHOMAS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. B... contestant l'arrêté du préfet des Yvelines du 28 mai 2025 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de destination. Le tribunal a estimé que la décision de refus de titre de séjour était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que l'offre de soins dans son pays d'origine permettait un traitement approprié. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'erreur manifeste d'appréciation ont également été écartés. En conséquence, le tribunal a rejeté l'ensemble des conclusions de M. B..., y compris celles relatives à l'injonction et aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juin 2025, M. A... B..., représenté par Me Thomas, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 28 mai 2025 par lequel le préfet des Yvelines lui a refusé la délivrance d’un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d’exécution d’office de cette mesure d’éloignement;

2°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 200 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S’agissant de la décision refusant la délivrance d’un titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnait les dispositions de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle ;

S’agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d’un vice d’incompétence de son signataire ;
- elle méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.

La requête a été communiquée au préfet des Yvelines qui n’a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience, en application des dispositions de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Lepetit-Collin, présidente-rapporteure a été entendu au cours de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B..., ressortissant marocain né le 18 juillet 2005, déclare être entré en France en 2017 muni d’un visa de type C délivré par les autorités espagnoles. Par un arrêté du 28 mai 2025, dont il demande l’annulation, le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Maroc ou tout autre pays dans lequel il établirait être légalement admissible pour sa reconduite à la frontière.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :

2. En premier lieu, la décision portant refus de délivrance d’un titre de séjour vise les dispositions dont elle fait application, notamment celles de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et mentionne l’avis du collège de médecins de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) du 13 février 2025 selon lequel l’état de santé de M. B... nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d’une exceptionnelle gravité, mais que l’offre de soins dans son pays d’origine lui permettra de s’y rendre sans risque pour y bénéficier d’un traitement approprié. En outre, le préfet des Yvelines a indiqué, dans son arrêté qui ne présente aucun caractère stéréotypé, que l’examen approfondi de la situation de l’intéressé ne faisait apparaître aucun élément ni aucune circonstance particulière justifiant de s’écarter de cet avis, sur lequel il s’est fondé pour estimer que M. B... ne pouvait être admis au séjour sur le fondement de ces dispositions. Ce faisant, il a suffisamment motivé sa décision. Dès lors, le refus de titre de séjour comportant les circonstances de droit et de fait sur lesquelles il se fonde, le moyen tiré de sa motivation insuffisante doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait omis de se livrer à un examen particulier de la situation personnelle de la requérante.
4. En troisième lieu, aux termes de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. (…) ».
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B... souffre d’un syndrome néphrotique pour lequel il bénéficie d’un suivi médical régulier. Par son avis du 13 février 2025, le collège de médecins de l’OFII a ainsi estimé que si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d’une exceptionnelle gravité, M. B..., eu égard à l’offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, peut toutefois s’y rendre sans risques pour y bénéficier effectivement d’un traitement approprié. Or, les différentes pièces médicales et documents produits au dossier par M. B..., dont la teneur ne permet pas d’établir qu’un traitement approprié à son état de santé ne serait pas disponible dans son pays d'origine, ne sont pas de nature à infirmer l’appréciation de l’OFII, que le préfet des Yvelines a fait sienne, quant à la possibilité pour l’intéressé de bénéficier effectivement d’une prise en charge médicale appropriée au Maroc. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile rappelées au point précédent doit être écarté.
6. En quatrième lieu, si M. B... se prévaut d’un séjour ininterrompu sur le territoire français de plus de 8 ans, les pièces versées au dossier ne permettent d’établir sa présence en France que depuis 2023. Il est célibataire, sans charge de famille. S’il ressort des pièces du dossier que le requérant vit avec son père et s’il soutient que sa mère réside sur le territoire français, il ne démontre pas être dépourvu d’attaches familiales au Maroc. Dans ces conditions, le requérant n’est pas fondé à soutenir que le refus de délivrance d’un titre de séjour opposé par le préfet des Yvelines méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ni que le préfet aurait entaché cette décision d’une erreur manifeste d’appréciation au regard des conséquences qu’elle emporte sur sa situation.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, par un arrêté n° 78-09-03-00002 du 3 septembre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 78-2024-310 de la préfecture des Yvelines du même jour, le préfet de ce département a donné à M. François Gougou, secrétaire général de la sous-préfecture de Mantes-la-Jolie, signataire de l’arrêté en litige, délégation à l’effet de signer les décisions contenues dans cet arrêté. Dès lors, le moyen tiré de l’incompétence du signataire de l’arrêté attaqué doit être écarté.
8. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, M. B... n’est pas fondé à soutenir que l’arrêté du 28 mai 2025 du préfet des Yvelines, en tant qu’il porte obligation de quitter le territoire français sous un délai de trente jours, méconnaitrait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ni qu’il est entaché à ce titre d’une erreur manifeste d’appréciation au regard des conséquences de cette mesure d’éloignement sur sa situation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par M. B... doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d’injonction ainsi que des conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au préfet des Yvelines.

Délibéré après l’audience du 28 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Lepetit-Collin, présidente,
M. Perez premier conseiller,
Mme Maisonneuve, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2025.


La présidente-rapporteure,

signé

H. Lepetit-Collin
L’assesseur le plus ancien
dans l’ordre du tableau,
signé

J.-L. Perez


La greffière,
signé
B. Dalla Guarda


La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.










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