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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2507541

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2507541

jeudi 31 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2507541
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles rejette la requête en référé de Mme A, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de la convoquer pour la délivrance de son titre de séjour ou de statuer sur sa demande. Le tribunal constate que le silence gardé par l'administration pendant quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les mesures sollicitées feraient obstacle à l'exécution de cette décision implicite, ce que prohibe l'article L. 521-3. La requête est donc rejetée, et il est rappelé à l'intéressée qu'elle peut contester cette décision par un recours pour excès de pouvoir ou un référé suspension.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2025, Mme B A, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de la convoquer pour la délivrance de son titre de séjour ou de statuer explicitement sur sa demande dans un délai de 8 jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) d'ordonner la notification directe de l'ordonnance à la préfète de l'Essonne.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Sauvageot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante algérienne, née le 2 septembre 1996, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 11 septembre 2024. Elle demande au juge des référés d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de la convoquer pour la délivrance de son titre de séjour ou de statuer explicitement sur sa demande dans un délai de 8 jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

4. Il résulte de l'instruction que Mme A a déposé avec succès une demande de renouvellement de titre de séjour le 11 septembre 2024. Par suite, en vertu des dispositions combinées et précitées des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, la demande de titre de séjour présentée par Mme A doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète de l'Essonne à l'issue d'un délai de quatre mois à compter du dépôt de cette demande. Par suite, les mesures sollicitées sont de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Il demeure loisible à l'intéressée, si elle s'y croit fondée et recevable, de contester cette décision par la voie de l'excès de pouvoir et du référé à fin de suspension d'exécution sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête présentée par Mme A en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 31 juillet 2025.

La juge des référés,

signé

J. Sauvageot

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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