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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2507810

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2507810

mercredi 9 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2507810
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A B. Ce dernier demandait, sous astreinte, que la préfète de l'Essonne enregistre sa demande de renouvellement de titre de séjour "salarié" et lui délivre un récépissé l'autorisant à travailler. Le juge a estimé que la condition d'urgence particulière, nécessaire pour ce type de référé, n'était pas remplie, le requérant se bornant à évoquer une situation de blocage administratif sans démontrer une atteinte grave et immédiate à ses libertés. La requête a donc été rejetée en toutes ses conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 juillet 2025, M. C A B, représenté par Me Pierot, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner à la préfète de l'Essonne d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour " salarié " dans un délai de 24h à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'ordonner à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à exercer une activité professionnelle dans un délai de 24h à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat ; en cas de non admission à l'aide juridictionnelle, de lui verser directement cette somme.

Il soutient que :

-.l'urgence est établie dès lors qu'il se trouve dans une situation de blocage administratif ; qu'il ne pourra plus justifier de la régularité de sa situation ni obtenir d'autorisation de travail à compter du 9 juillet 2025 ;

- il est porté atteinte à sa liberté d'aller et venir et à sa liberté de travailler.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'ordonner à la préfète de l'Essonne d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour " salarié " dans un délai de 24h à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à exercer une activité professionnelle dans un délai de 24h à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. À cet égard, la seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de ces dispositions. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.

4. Pour justifier de l'urgence, M. A B se borne à soutenir qu'il se trouve dans une situation de blocage administratif et qu'il ne pourra plus justifier de la régularité de sa situation ni obtenir d'autorisation de travail à compter du 9 juillet 2025. Toutefois ces circonstances ne sauraient suffire à caractériser, à elles-seules, une urgence particulière justifiant qu'il soit ordonné à quarante-huit heures, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale. Par suite, la condition d'urgence particulière requise par cet article n'est, en l'espèce, pas satisfaite. Il suit de là que la requête de M. A B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris sa demande tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B.

Fait à Versailles, le 9 juillet 2025,

Le juge des référés,

Signé

P. Ouardes

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2507810

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