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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2508380

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2508380

jeudi 18 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2508380
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantFERREIRA FERNANDA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. A..., ressortissant ivoirien, qui contestait l'arrêté du préfet des Yvelines du 6 juin 2025 lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a écarté les moyens d'insuffisance de motivation et de défaut d'examen particulier, estimant que l'arrêté était suffisamment motivé et que le préfet avait procédé à un examen complet de sa situation. Sur le fond, il a jugé que M. A... ne justifiait pas d'une résidence habituelle en France depuis plus de dix ans ni de motifs exceptionnels justifiant une admission au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, y compris celles relatives à l'obligation de quitter le territoire français.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juillet 2025, M. B... A..., représenté par Me Jesus Ferreira, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 6 juin 2025 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande d’admission au séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et a fixé le pays de destination ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la décision de refus de délivrance d’un titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet n’a pas procédé à un examen particulier de sa demande ;
- la décision méconnait les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur l’obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.




Le préfet des Yvelines n’a pas produit d’observations mais a produit des pièces enregistrées le 29 septembre 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Gibelin, rapporteur, a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

M. B... A..., ressortissant ivoirien né le 8 juillet 1984, entré en France en 2017 selon ses déclarations, a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en qualité de salarié. Par un arrêté du 6 juin 2025, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. L’intéressé demande au tribunal d’annuler cet arrêté.


Sur le refus de délivrance d’un titre de séjour :

En premier lieu, aux termes de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration : « Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police (…) ». Aux termes de l’article L. 211-5 dudit code : « La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ».

L’arrêté contesté comporte les considérations de droit et de fait constituant le fondement de la décision portant refus d’admission exceptionnelle au séjour. En effet, après avoir rappelé les textes dont le préfet a fait application, l’arrêté énonce les éléments de fait relatifs à la situation personnelle et familiale de M. A.... Il indique, en particulier, l’état civil du requérant et sa nationalité, la date alléguée de son arrivée en France et le fondement juridique de sa demande. Il expose, par ailleurs, les circonstances de fait propres à la situation du requérant ayant justifié le rejet de sa demande de titre de séjour. Ainsi, la décision portant refus de délivrance d’un titre de séjour répond aux exigences de motivation posées par les dispositions citées au point précédent. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation doit être écarté.




En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l’arrêté litigieux, ni des pièces du dossier que le préfet n’aurait pas, avant de prendre la décision contestée, procédé à un examen particulier de la situation de M. A.... Ce moyen doit, dès lors, être écarté.


En troisième lieu, aux termes de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. (…) ».


Si M. A... se prévaut d’une résidence en France depuis 2017, d’une part, il ressort des pièces du dossier qu’il a déclaré dans sa demande d’admission au séjour être entré sur le territoire français le 10 novembre 2018 et, d’autre part, il ne justifie de sa résidence en France qu’à compter de l’année 2020. Par ailleurs, s’il allègue une activité professionnelle continue depuis 2017, il ne justifie d’aucune activité professionnelle antérieure à janvier 2021 à l’exception du mois de novembre 2019 au titre duquel il produit un bulletin de paie, et justifie uniquement d’une activité professionnelle à temps partiel, sans disposer d’une autorisation de travail, à compter du mois de janvier 2021 jusqu’au mois de juin 2024, en tant que technicien de surface, au sein de la société Nickel propreté, puis pendant trois mois en 2024 dans la société Le Superlatif, et à compter de juin 2024 en tant qu’agent de propreté, également à temps partiel, au sein de la société Shiloh Services. Enfin, il ne se prévaut d’aucune autre attache en France que sa sœur alors que, selon ses déclarations, il n’est pas dépourvu d’attaches dans son pays d’origine où résident sa compagne et ses quatre enfants mineurs et où il a vécu au moins jusqu’à l’âge de trente-trois ans. Dans ces conditions, alors que l’intéressé ne produit aucune pièce de nature à attester d’une intégration particulière à la société française autre que l’insertion professionnelle dont il se prévaut, ces circonstances ne suffisent pas à caractériser un motif exceptionnel d’admission au séjour au sens des dispositions précitées de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par suite, c’est sans commettre d’erreur manifeste d’appréciation au regard de ces dispositions que le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour sur ce fondement.


Sur l’obligation de quitter le territoire français :

Pour les raisons précédemment exposées au point 6, M. A... n’est pas fondé à soutenir que la décision est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni qu’elle méconnait les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.


Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d’annulation présentées par M. A... doivent être rejetées ainsi que celles, par voie de conséquence présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



D E C I D E :



Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet des Yvelines.


Délibéré après l'audience du 4 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Lellouch, présidente,
M. Gibelin, premier conseiller,
Mme Corthier, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 décembre 2025.

Le rapporteur,

signé

F. GibelinLa présidente,

signé

J. Lellouch
La greffière,

signé

A. Gateau


La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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