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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2508741

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2508741

mercredi 3 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2508741
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête en référé de M. A, ressortissant guinéen, qui demandait d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de statuer sur sa demande de titre de séjour en tant qu'ascendant direct d'une réfugiée. Le juge a constaté que le silence gardé pendant quatre mois par l'administration avait fait naître une décision implicite de rejet, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, la mesure sollicitée aurait pour effet de faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite, ce qui est interdit par l'article L. 521-3 du code de justice administrative. La condition d'urgence n'a donc pas été examinée, la requête étant irrecevable pour ce motif.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juillet 2025, M. B A demande au juge des référés d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de statuer sur sa demande de titre de séjour " bénéficiaire de la protection internationale et membres de famille " en tant qu'ascendant direct, dans les plus brefs délais, afin de régulariser sa situation.

Il soutient que la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il risque d'être éloigné de sa fille qui réside en France et qui est reconnue réfugiée, qu'il risque de perdre des opportunités professionnelles et que cette situation menace sa santé mentale.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant guinéen, né en 1990, a déposé le 9 mars 2025 une demande de titre de séjour " bénéficiaire de la protection internationale et membres de famille " en tant qu'ascendant direct auprès de la préfecture de l'Essonne. Par la présente requête, il demande, au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de statuer sur sa demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celles refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

4. Il résulte de l'attestation délivrée à M. A par le téléservice ANEF, que sa demande de titre de séjour a été déposée le 9 mars 2025, ce qui a fait naître, à l'expiration d'un délai de 4 mois à compter de cette date, une décision implicite de rejet de cette demande. Par suite, la mesure sollicitée est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 3 septembre 2025.

La juge des référés,

signé

C. Rollet-Perraud

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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