Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi par M. A... d'une requête en référé, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, afin d'obtenir la rectification d'une erreur matérielle dans son relevé d'information intégral concernant une annulation judiciaire de son permis de conduire. En cours d'instance, le ministre de l'intérieur a produit un relevé actualisé démontrant que les mentions litigieuses avaient été corrigées. Le juge des référés a constaté que la demande d'injonction avait ainsi perdu son objet et a prononcé un non-lieu à statuer sur ces conclusions. Les frais de justice demandés par le requérant ont été rejetés.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juillet 2025, M. B... A..., représenté par Me Rabier, demande au juge des référés :
1°) d’enjoindre à la préfète de l’Essonne ou à défaut au ministre de l’intérieur de rectifier l’erreur matérielle au sein de son relevé d’information intégral qui mentionne à tort une « interdiction de solliciter » de six mois à la suite d’une décision judiciaire du tribunal judiciaire de Pontoise au lieu d’une interdiction de solliciter d’un mois à la suite d’une décision du tribunal judiciaire de Créteil ;
2°) de mettre à la charge de l’État, une somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l’article L.761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2025, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête a perdu son objet dès lors que le relevé d’information intégral du requérant a été rectifié.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Perez, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B... A..., né le 18 juillet 1988, a commis une série d’infractions au code de la route répertoriées dans le relevé d’information intégral. Par la présente requête, il demande, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à l’administration de rectifier les mentions relatives à l’annulation judiciaire de son permis de conduire liées à une infraction relevée le 17 octobre 2019 afin que celles-ci fassent mention d’une décision d’annulation de permis de conduire rendue par le tribunal judiciaire de Créteil pour une durée d’un mois à compter du 3 juin 2025 et non plus mention d’une « interdiction de solliciter » de six mois à la suite d’une décision du tribunal judiciaire de Pontoise.
2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ».
3. Il résulte de l’instruction que les mentions du relevé d’information intégral relatives à l’annulation judiciaire du permis de conduire de l’intéressé suite à l’infraction commise le 17 octobre 2019 ont été rectifiées et que celles-ci indiquent qu’une annulation de permis de conduire pour une durée d’un mois à compter du 3 juin 2025 a été prononcée par décision du tribunal judiciaire de Créteil en date du 7 novembre 2023 à l’encontre du requérant, comme en atteste le relevé d’information intégral produit par le ministre de l’intérieur en défense. Il suit de là qu’il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions d’injonction de la requête.
4. Dans les circonstances de l’espèce, les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d’injonction présentées par M. A....
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l'intérieur.
Fait à Versailles, le 2 octobre 2025.
Le juge des référés,
J-L. Perez
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.