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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2509890

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2509890

vendredi 29 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2509890
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantTOMASI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête en référé liberté de M. A, un ressortissant béninois, qui demandait la délivrance d’un récépissé de renouvellement de son titre de séjour étudiant. Le juge a constaté que le silence gardé par la préfète de l’Essonne pendant 90 jours avait fait naître une décision implicite de rejet, conformément aux articles R. 432-2 et R. 422-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers. En conséquence, aucun récépissé ne pouvait plus être délivré, et l’atteinte alléguée aux droits à l’éducation, au travail et à la vie privée n’était pas manifestement illégale. La demande a été rejetée pour défaut d’urgence et de caractère fondé, sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 août 2025, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, à titre principal, de lui délivrer sans délai un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " étudiant " et, à titre subsidiaire, de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, le tout dans un délai maximal de quarante-huit heures à compter de l'ordonnance à intervenir, et d'assortir, si nécessaire, cette injonction d'une astreinte.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dans la mesure où l'absence de réponse à sa demande de titre de séjour et de renouvellement de son récépissé risque d'impacter sa réinscription pour l'année universitaire 2025-2026 et ses droits étudiants et d'entraîner la rupture de son contrat de travail ;

- l'inertie des services préfectoraux constitue une atteinte grave et manifestement illégale à ses droits à l'éducation, au travail et au respect de sa vie privée et familiale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-12 du

du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. "

3. Enfin, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. / Par dérogation au premier alinéa, ce délai est de quatre-vingt-dix jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'un titre de séjour mentionné aux articles R. 421-23, R. 421-43, R. 421-47, R. 421-54, R. 421-54, R. 421-60, R. 422-5, R. 422-12, R. 426-14 et R. 426-17 () ". Et aux termes de l'article R. 422-5 dudit code : " La décision du préfet sur la demande de délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " prévue aux articles L. 422-1 ou L. 422-2 () est notifiée par écrit à l'étranger dans les meilleurs délais et au plus tard dans les quatre-vingt-dix jours à compter de la date d'introduction de la demande complète. Par dérogation à l'article R. 432-2, le silence gardé par l'autorité administrative sur la demande fait naître une décision implicite de rejet au terme d'un délai de quatre-vingt-dix jours ". Il résulte de ces dispositions que le silence gardé pendant 90 jours sur une demande de délivrance de titre de séjour en qualité d'étudiant fait naître une décision implicite de rejet, y compris dans le cas où l'intéressé a été muni d'une ou de plusieurs attestations de prolongation d'instruction en application de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif aux documents provisoires délivrés pendant l'examen d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2.

4. Il résulte de l'instruction que M. A, ressortissant béninois, a déposé le 21 mai 2025 sur le site de l'ANEF une demande de renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant ". A défaut de réponse au terme d'un délai de 90 jours, une décision implicite de rejet est donc née du silence gardé par la préfète de l'Essonne sur sa demande. De ce fait, aucun récépissé ne peut désormais être délivré à M. A en application de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Dès lors, il ne justifie pas du caractère manifestement illégal de l'atteinte qui serait portée à ses droits à l'éducation, au travail et au respect de sa vie privée et familiale et ses conclusions aux fins d'injonction présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Versailles, le 29 août 2025.

La juge des référés,

signé

C. Rollet-Perraud

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2509890

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