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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2511827

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2511827

mercredi 7 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2511827
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantKHENICHE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. C... qui demandait qu’il soit enjoint au préfet des Yvelines de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge a constaté qu’une décision implicite de rejet de sa demande était née en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Dès lors, la mesure sollicitée aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de cette décision administrative, ce que prohibe l’article L. 521-3 du code de justice administrative. La requête a donc été rejetée, y compris les conclusions relatives aux frais d’instance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2025, M. A... C..., représenté par Me Kheniche, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui accorder un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour et ce, sous astreinte de 150 par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite compte tenu de l’atteinte à ses droits ;
- cette situation porte atteinte à la continuité du service public ;
- la mesure ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ;
- la mesure sollicitée est utile.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 octobre 2024, le préfet des Yvelines conclu au rejet de la requête.

Il fait valoir qu’aucun des moyens n’est fondé.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative ;


La présidente du tribunal a désigné M. B..., premier vice-président, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celles refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

2. Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Et aux termes de l’article R. 432-2 dudit code : « La décision implicite mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. Par dérogation au premier alinéa, ce délai est de quatre-vingt-dix jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'un titre de séjour mentionné aux articles R. 421-23, R. 421-43, R. 421-47, R. 421-54, R. 421-54, R. 421-60, R. 422-5, R. 422-12, R. 426-14 et R. 426-17. / (…) ».

3. Il résulte de l’instruction que M. C... a déposé une demande d’admission exceptionnelle au séjour par courriel le 14 février 2023. Il résulte également de l’instruction qu’après plusieurs échanges avec les services de la préfecture, le dossier de l’intéressé a été déclaré complet par ces services le 31 mai 2023, ainsi que cela ressort d’un courriel adressé au conseil du requérant. En application des dispositions précitées des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et en l’état de l’instruction, une décision implicite de rejet de sa demande est donc née à la date de la présente ordonnance. Par suite, la mesure sollicitée est de nature à faire obstacle à l’exécution de cette décision implicite de rejet, en méconnaissance des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d’injonction présentées par M. C... doivent être rejetées ainsi que par conséquent ses conclusions relatives aux frais de l’instance.


O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète des Yvelines.
Fait à Versailles, le 7 janvier 2026

Le juge des référés,




R. B...


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir l'exécution de la présente décision.

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