Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté du préfet de Seine-et-Marne du 18 juin 2024 l'obligeant à quitter le territoire français. La requête a été jugée manifestement irrecevable pour deux motifs : d'une part, elle n'était pas signée, et la régularisation demandée n'a pas été effectuée dans le délai imparti (articles R. 431-4 et R. 612-1 du code de justice administrative). D'autre part, elle était tardive, car présentée plus d'un an après la notification de l'arrêté, soit au-delà du délai raisonnable d'un an (article R. 421-1 du même code).
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 octobre 2025, M. B... A... demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 18 juin 2024 du préfet de Seine et Marne l’obligeant à quitter le territoire français sans délai.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Geismar, première conseillère, pour statuer sur les requêtes par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ».
2. Aux termes de l’article R. 431-4 du même code : « Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur et, dans le cas d'une personne morale, par une personne justifiant de sa qualité pour agir. ». Et aux termes de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d’une irrecevabilité susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d’office cette irrecevabilité qu’après avoir invité leur auteur à les régulariser. / (…) / La demande de régularisation mentionne qu’à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7. ».
3. En outre, selon l’article R. 421-1 du même code dispose que : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ». Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d’un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l’exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu’il en a eu connaissance.
4. D’une part, la requête de M. A... n’est pas signée, en méconnaissance de l’article R. 431-4 du code de justice administrative. Une demande de régularisation a, par lettre recommandée avec accusé de réception, été adressée au requérant le 31 octobre 2025, dont il a accusé réception le 6 novembre 2025. Or, M. A... n’a pas, à l’expiration du délai de quinze jours qui lui était imparti, produit la requête signée. D’autre part, et en tout état de cause, il ressort de l’arrêté attaqué que celui-ci a été notifié au requérant le 18 juin 2024. Dès lors, les conclusions tendant à son annulation, présentées plus d’un an après la notification de l’arrêté litigieux, sont tardives.
5. Ainsi, la présente requête est entachée d’irrecevabilités manifestes et doit être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au préfet des Yvelines.
Fait à Versailles, le 22 janvier 2026.
La magistrate désignée,
signé
M. Geismar
La République mande et ordonne au préfet de Seine et Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.