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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2513027

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2513027

vendredi 28 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2513027
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSANGUE

Résumé IA

Cette décision du Tribunal administratif de Versailles, rendue en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, concerne la demande de Mme A..., ressortissante algérienne, qui sollicitait une injonction pour obtenir un rendez-vous en préfecture afin d'enregistrer sa demande de premier titre de séjour. Le juge des référés a rejeté sa requête, estimant que la condition d'urgence n'était pas satisfaite, faute pour la requérante de justifier de circonstances particulières rendant nécessaire l'obtention rapide d'un rendez-vous, notamment au regard de ses études et de son stage. La décision rappelle que, pour une première demande de titre de séjour, il incombe au demandeur de démontrer une urgence spécifique, ce qui n'a pas été le cas en l'espèce.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 octobre 2025, Mme B... A..., représentée par Me Sangue, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de la convoquer pour un rendez-vous afin d’enregistrer sa demande de titre de séjour dans un délai de huit jours à compter de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite, dès lors qu’elle se trouve dans l’impossibilité de poursuivre ses études et d’effectuer un stage ;
- la mesure est utile, dès lors qu’elle tente vainement depuis plusieurs mois d’obtenir un rendez-vous afin de déposer sa demande de titre ;
- la mesure ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

La requête a été communiquée à la préfète de l’Essonne, qui n’a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour de étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Maitre pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A..., ressortissante algérienne née le 3 janvier 2006, a déposé une demande de titre de séjour « vie privée et familiale » via le téléservice de l’ANEF, qui a été clôturée au motif qu’elle était convoquée en préfecture le 1er juillet 2025 pour déposer sa demande de titre sous la forme d’un dossier papier. Toutefois, à l’issue de son rendez-vous, l’administration l’a informé que sa demande ne pouvait pas être enregistrée eu égard au caractère non conforme de son acte de naissance. Elle demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de la convoquer pour un rendez-vous afin d’enregistrer sa demande de titre de séjour.

Sur les conclusions tendant à l’application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».

3. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

4. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

5. Lorsque le rendez-vous ne peut être obtenu qu'en se connectant au site internet de la préfecture, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que, si l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.

6. En l’espèce, Mme A..., qui sollicite la délivrance d’un premier titre de séjour dont le dépôt ne relève pas du téléservice de l’ANEF, n’a pas contesté la décision de refus d’enregistrement de sa demande de titre de séjour qui lui aurait été opposée selon ses dires à l’issue du rendez-vous fixé le 1er juillet 2025, alors qu’il résulte d’une réponse de la préfecture du 13 octobre 2025 que son dossier serait en cours d’instruction. En tout état de cause, si elle soutient être dans l’impossibilité de poursuivre ses études, elle se borne à produire un courriel indiquant une interruption de stage, sans en préciser la nature ni l’importance qu’il revêt dans le cadre de son cursus scolaire ou universitaire, dont la nature n’est pas non plus précisée. Dès lors, Mme A... ne justifie d’aucune circonstance particulière impliquant que sa demande soit examinée prioritairement par rapport à celle d’autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation ou permettant de caractériser une situation d’urgence nécessitant la délivrance d’un rendez-vous à bref délai. Par suite, dans les circonstances de l’espèce, la condition tenant à l’urgence ne peut être regardée comme remplie.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l’Essonne.

Fait à Versailles, 28 novembre 2025


Le juge des référés,



B. Maitre


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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