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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2513467

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2513467

mercredi 19 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2513467
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantAIT MOUHOUB

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du 15 octobre 2025 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B... et lui a fait obligation de quitter le territoire français. S'agissant de l'obligation de quitter le territoire, la requête a été jugée manifestement irrecevable, car la procédure spéciale prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est exclusive du référé suspension. Concernant le refus de titre de séjour, la condition d'urgence n'a pas été considérée comme remplie, le requérant n'ayant pas justifié de circonstances particulières établissant une atteinte grave et immédiate à sa situation, malgré ses allégations relatives à sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance et à son contrat d'apprentissage.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 novembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Ait Mouhoub, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 15 octobre 2025 par laquelle le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un titre de séjour mention « vie privée et familiale » ou, à titre subsidiaire, de statuer à nouveau sur sa situation, dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2513512 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Maitre pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

En premier lieu, il ressort des dispositions des articles L. 614-1 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile que le législateur a entendu organiser une procédure spéciale afin que le juge administratif statue rapidement sur la légalité des mesures relatives à l’éloignement des étrangers, hors la décision refusant le séjour et les mesures d’expulsion. A cet égard, il appartient à l’étranger qui entend contester une obligation de quitter le territoire français, non accompagnée d’un placement en rétention administrative ou d’une mesure d’assignation à résidence, de saisir le juge administratif, sur le fondement des dispositions de l’article L. 911-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, d’une demande tendant à son annulation, assortie le cas échéant de conclusions à fin d’injonction. Cette procédure particulière est exclusive de celles prévues par le livre V du code de justice administrative.

Il résulte de l’instruction que M. B... a introduit une requête en annulation contre l’arrêté attaqué du préfet des Yvelines du 15 octobre 2025, portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours. Par suite, les conclusions présentées par le requérant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative et dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées.

En deuxième lieu, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier si la condition d'urgence est remplie compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe satisfaite dans le cas d'un refus de renouvellement ou d’un retrait du titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

Pour justifier de l’urgence à suspendre l’exécution de l’arrêté du 15 octobre 2025 en tant qu’il porte refus de titre de séjour, M. B... fait valoir qu’il est actuellement pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, notamment pour son hébergement et que sa formation en apprentissage débutée en septembre 2025 risque d’être interrompue. Toutefois, alors que l’intéressé ne peut se prévaloir de la présomption qui s’attache aux refus de renouvellement, et que la décision attaquée ne modifie pas sa situation au regard de son droit au séjour, il ne produit aucun élément circonstancié de nature à établir le risque qu’il invoque. En particulier, il ne résulte pas de l’instruction que sa prise en charge par l’aide sociale à l’enfance serait menacée à court terme par l’absence de titre de séjour, ni que son employeur lui aurait indiqué son souhait de mettre fin à son contrat d’apprentissage pour ce motif. En outre, la requête en annulation présentée par M. B... est inscrite au rôle d’une audience prévue le 17 mars 2026. En l’état de l’instruction, M. B... ne justifie donc pas de l’existence d’une situation d’urgence au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

Par suite, la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Versailles, le 19 novembre 2025.


Le juge des référés,




B. Maitre


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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