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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2513601

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2513601

lundi 1 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2513601
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMEILLER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la demande de suspension de l’exécution de l’arrêté du 5 septembre 2025 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de délivrer un titre de séjour « étudiant » à un ressortissant malien. Le juge des référés a estimé qu’aucun des moyens soulevés n’était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, sans qu’il soit nécessaire d’examiner la condition d’urgence. Cette solution est fondée sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d’injonction, d’astreinte et au titre des frais d’instance ont également été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 5 septembre 2025 en tant que le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative, dans les délais respectifs d’une semaine et de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Meiller en application des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l’Etat.

Il soutient que :

Sur la condition d’urgence :
- elle est satisfaite dès lors qu’il a toujours justifié d’excellents résultats dans ses études, qu’il effectue son apprentissage auprès de l’entreprise Air France dans le cadre de son baccalauréat professionnel en aéro-avionique et que, pour poursuivre son apprentissage et valider son diplôme, il a besoin d’un titre de séjour en cours de validité ;
- il a été mis en demeure par son employeur, par courrier du 3 octobre 2025, de produire un titre de séjour en cours de validité à défaut de quoi son contrat d’apprentissage sera suspendu ; par un courrier du 12 novembre 2025, il a été informé par son employeur que, faute de production d’un récépissé ou d’un titre de séjour avant le 15 décembre 2025, son contrat de travail serait suspendu ;
- la décision portant refus de titre de séjour compromet donc sérieusement la poursuite de sa formation et sa situation financière.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué :
- il a été pris par une autorité incompétente qui, en outre, n’a pas indiqué son prénom en méconnaissance de l’article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d’un défaut de motivation ;
- il est entaché d’un défaut d’examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- il a été pris au terme d’une procédure irrégulière dès lors que…
- il méconnaît les dispositions des articles L. 422-1, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- il méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 novembre 2025, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que ni la condition tenant à l’urgence, ni celle tenant à l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée ne sont remplies.

Vu :
- la requête enregistrée le 16 octobre 2025 sous le n° 2512445 par laquelle M. A... demande l’annulation de l’arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Degorce, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 28 novembre 2025 à 10 heures, en présence de Mme Mas, greffière d’audience :
- le rapport de Mme Degorce, juge des référés ;
- les observations de Me Meiller, représentant M. A..., qui persiste dans ses précédentes conclusions par les mêmes moyens.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Entré sur le territoire français le 28 septembre 2018 selon ses déclarations, M. B... A..., ressortissant malien né le 30 décembre 1998 à Kayes, a sollicité la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « étudiant », le 14 novembre 2023. Par l’arrêté du 5 septembre 2025 dont il demande la suspension de l’exécution, le préfet des Yvelines a cependant refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité.



Sur les conclusions à fin de suspension :

2. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ».

3. En l’état de l’instruction, aucun des moyens invoqués par M. A... n’est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. L’une des deux conditions prévues par l’article L. 521-1 du code de justice n’étant pas remplie, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin suspension de la requête, sans qu’il soit besoin d’examiner la condition tenant à l’urgence ni qu’il y ait lieu, en l’absence d’urgence, d’admettre le requérant au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :

4. La présente ordonnance qui rejette les conclusions à fin de suspension présentées par M. A... n’appelle aucune mesure d’exécution. Dès lors, les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte de la requête ne peuvent qu’être rejetées.

Sur les frais de l’instance :

5. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A... demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.


Fait à Versailles, le 1er décembre 2025.


La juge des référés,



Ch. Degorce

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

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