Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés respectivement le 21 novembre 2025 et 27 novembre 2025 au greffe du tribunal, M. A... alias B... D..., représenté par Me El Ide, avocat, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 18 novembre 2025 par lequel le préfet de la Seine Saint-Denis lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, l’a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, a fixé le pays de destination en cas d’exécution d’office, et l’a informé qu’il faisait l’objet d’un signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen pour la durée de l’interdiction de retour ;
2°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retour, en application des dispositions de l’article L. 614-16 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et de procéder à un nouvel examen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 1 200 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
elle est entachée d’incompétence ;
elle est insuffisamment motivée :
elle n’a pas été précédée d’un examen complet de sa situation ;
elle méconnait l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
elle est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de sa situation
elle est contraire à l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
elle est insuffisamment motivée ;
elle est entachée d’incompétence, faute de son signature de justifier la régularité de la délégation de signature ;
Sur la décision portant refus d’un délai de départ volontaire :
elle est entachée d’incompétence ;
elle est insuffisamment motivée ;
elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 24 mois ;
elle est entachée d’incompétence ;
elle est insuffisamment motivée ;
elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation
La requête a été communiquée au préfet de la Seine Saint Denis qui a produit un mémoire en défense enregistré le 17 décembre 2025 après avoir versé des pièces du dossier enregistrées le 11 décembre 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l’enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Brumeaux pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux article L. 921-1 et L. 921-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile en application de l’article L. 922-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 17 décembre 2025 :
- le rapport de M. Brumeaux ;
- les observations de Me El Ide, avocat, représentant M. A..., présent. Il conclut aux mêmes fins que la requête. Le signataire de l’arrêté n’est pas clairement identifié. L’arrêté n’est pas suffisamment motivé. Sa situation n’a pas fait l’objet d’un examen sérieux. Il prend en charge l’entretien de son enfant, comme l’attestent les virements effectués auprès de la mère et de sa belle-fille. Le trouble à l’ordre public n’est pas caractérisé et il a été placé sous contrôle judiciaire. La mesure d’éloignement le prive de sa comparution devant le tribunal correctionnel le 13 mai 2026. L’arrêté enfin méconnait les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant et de l’article 8 de la la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
- le préfet de la Seine Saint Denis n’a été ni présent, ni représenté.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
M. A..., ressortissant tunisien, né le 2 juillet 1982, déclare être entré sur le territoire français en 2010. Il a été interpellé le 17 novembre 2025 pour des faits de violence sans incapacité, en présence d’un mineur, sur son ancienne compagne. Il avait fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français en date du 14 août 2011 du préfet des Hauts de Seine, puis d’une seconde mesure d’éloignement du préfet de la Seine Saint Denis en date du 5 mai 2021. Par un arrêté en date du 18 novembre 2025 le préfet de la Seine Saint-Denis lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, l’a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, a fixé le pays de destination en cas d’exécution d’office et l’a informé qu’il faisait l’objet d’un signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen pour la durée de l’interdiction de retour. M. A..., actuellement au centre de rétention de Palaiseau, demande au tribunal l’annulation de cet arrêté.
Sur les moyens communs à l’encontre des décisions attaquées :
En premier lieu, par un arrêté du 6 février 2025 régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à Mme C..., adjointe à la cheffe du bureau de l’éloignement, pour signer l’arrêté litigieux. Si sa seule signature apparaît sur l’arrêté attaqué, il résulte des pièces du dossier, notamment de la note adressée le même jour au service en charge de la procédure, qu’elle émane de Mme C... dont la situation administrative est précisée. Par suite le moyen tiré de l’incompétence de la signataire de l’arrêté contesté manque en fait et doit être écarté.
En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ». Aux termes de l’article L. 613-2 du même code : « Les décisions relatives au refus (…) du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 (…) et les décisions d'interdiction de retour (…) prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7 (…) sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ». Aux termes de l’article L. 721-3 de ce code : « L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une décision de mise en œuvre d'une décision prise par un autre État, d'une interdiction de circulation sur le territoire français, d'une décision d'expulsion, d'une peine d'interdiction du territoire français ou d'une interdiction administrative du territoire français. ». Et aux termes de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration : « Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / (…) ».
De plus, aux termes de l’article L. 612-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 (…) ». Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l’autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l’encontre de l’étranger soumis à l’obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu’elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l’un ou plusieurs d’entre eux. La décision d’interdiction de retour doit comporter l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l’autorité compétente, au vu de la situation de l’intéressé, de l’ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n’impose que le principe et la durée de l’interdiction de retour fassent l’objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l’importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l’autorité compétente qui prend une décision d’interdiction de retour d’indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l’étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l’intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l’étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d’éloignement dont il a fait l’objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l’ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l’intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n’est pas tenue, à peine d’irrégularité, de le préciser expressément.
En l’espèce, il ressort des termes mêmes de l’arrêté en litige, qui n'est pas stéréotypé, que celui-ci mentionne l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, et notamment la référence au parcours et à la vie privée de l’intéressé. Le préfet vise en particulier les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions des articles L. 611-1 à L. 611-3, L. 612-2 à L. 612-6, L. 612-10, 612-12, L. 613-1 à L. 613-5, L. 721-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par ailleurs, il précise que l’intéressé ne justifie pas de son entrée régulière sur le territoire, qu’il s’y est maintenu sans être titulaire d’un titre de séjour en cours de validité, qu’il n’a effectué aucune démarche administrative et n’a pas démontré sa volonté de régulariser sa situation. En outre, le préfet précise que le comportement de l’intéressé constitue une menace pour l’ordre public pour des faits de violence sur son ancienne compagne et que ses garanties de représentation sont insuffisantes, faute d’un document de voyage en cours de validité et d’un lieu de résidence stable et effectif, qu’il n’a pas déféré à deux mesures d’éloignement en date du 14 août 2011 et du 5 mai 2021. De même, l’arrêté examine sa situation familiale, étant divorcé et père d’un enfant de 4 ans, sans justifier de son entretien et de son éducation. Enfin, l’arrêté fait mention de ce qu’il ne justifie pas de circonstances humanitaires de nature à faire obstacle à l’édiction d’une interdiction de retour, laquelle indique l’ensemble des éléments de la situation personnelle de l’intéressé qui a été pris en considération, comme la durée de sa présence sur le territoire français, la nature et l’ancienneté de ses liens avec la France. Dès lors, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation des décisions en litige ne peut qu’être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
Aux termes de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : (...) 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; (…) 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public (.. .) » .
M. A... ne justifie pas d’une entrée régulière sur le territoire français par la production d’un visa chinois valable du 30 mars 2010 au 30 juin 2010 et d’un tampon de la police de l’air et des frontières de Roissy en date du 8 mai 2010. Par ailleurs il est constant que M. A... n’a pas été titulaire d’un titre de séjour depuis cette date.
Il ressort des motifs de l’arrêté litigieux, qui sont exposés au point 5, que sa situation personnelle et familiale a été examinée. Par suite ce moyen ne peut être que rejeté.
Aux termes de l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance - 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ».
Si M. A... fait valoir qu’il réside en France depuis plus de 15 ans, les preuves de sa présence en France ne sont pas suffisantes avant 2020 en raison de leur rareté et de leur nature pour établir une telle durée de séjour. Ensuite il est désormais séparé de sa compagne qui a été victime de violences de sa part le 17 novembre 2025 et pour lesquelles il est convoqué devant une chambre correctionnelle du tribunal de Bobigny le 13 mai 2026. S’il est père d’un enfant né le 8 août 2021, les documents bancaires versés au dossier attestant de virements ne permettent pas d’établir une prise en charge matérielle effective de sa fille, en raison de la périodicité irrégulière de ceux-ci et de leurs montants très variables. En tout état de cause, il ne démontre pas contribuer à l’éducation de sa fille dont il vit séparé. Enfin son activité professionnelle de coiffeur, au demeurant illicite faute d’autorisation administrative de travail, n’est justifiée que depuis mai 2024. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier que l’obligation de quitter le territoire français porterait au droit de M. A..., âgé de 43 ans, au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Le préfet n’a, par suite, pas méconnu les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Pour les motifs qui viennent d’être exposés au point 10 au sujet de son enfant, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant doit être écarté.
Si le requérant soutient que le préfet a commis une erreur manifeste d’appréciation en lui faisant obligation de quitter le territoire français, ce moyen ne peut prospérer en raison des motifs exposés aux points 7 et 10 du présent jugement.
Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :
Aux termes de l’article L. 612-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. (…). » et aux termes de l’article L. 612-2 du même code : « Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ». Et aux termes de l’article L. 612-3 du même code : « Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : (...) ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement (…) 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, (…) qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale (…)».
Il ressort des pièces du dossier que la présence de M. A..., placé sous contrôle judiciaire par ordonnance du 20 novembre 2025, menace l’ordre public et qu’il s’est soustrait à deux mesures d’éloignement comme il a été rappelé au point 1. Par suite, le préfet de la Seine Saint Denis n’a pas commis d’erreur manifeste d’appréciation en lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
Aux termes de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public » et aux termes de l’article L. 612-10 du même code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français.(….) ».
M. A... ne fait valoir aucune circonstance humanitaire de nature à démontrer que la durée d’interdiction de retour fixée à 3 ans serait excessive. Dès lors, le préfet n’a pas commis d’erreur manifeste d’appréciation en prenant la décision litigieuse.
Sur la décision fixant le pays de destination :
Le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation qui entacherait cette décision n’est pas assorti des précisions qui permettraient d’en apprécier la portée.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A... tendant à l’annulation de l’arrêté du 18 novembre 2025 du préfet de la Seine Saint Denis doivent être rejetées, ainsi que celles, par voie de conséquence, relatives aux frais de justice.
D E C I D E :
Article 1er : la requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... alias B... D... et au préfet de la Seine Saint Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2025.
Le magistrat désigné,
signé
M. BrumeauxLe greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne au préfet de la Seine Saint Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.