Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme A... qui demandait d’enjoindre au préfet de l’Essonne de statuer sur sa demande de titre de séjour « Passeport talent ». Le juge estime qu’une telle injonction ne présente pas un caractère provisoire, alors que le délai légal de quatre mois prévu par les articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers n’est pas expiré. De plus, l’urgence n’est pas établie, la requérante disposant d’une attestation de prolongation d’instruction valable jusqu’au 16 février 2026.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 novembre 2025, Mme B... A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’enjoindre au préfet de l'Essonne de statuer sur sa demande de titre de séjour « Passeport talent » dans un délai de dix jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir.
La requête a été communiquée au préfet de l'Essonne qui n’a pas présenté d’observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Maitre pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
Aux termes de l’article L. 511-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. (…) ».
Mme A... fait valoir qu’elle a déposé une demande de titre de séjour « passeport talent » le 16 octobre 2025 sur laquelle le préfet de l'Essonne n’a pas encore statué. Alors que le délai de quatre mois dont dispose le préfet de l'Essonne pour statuer sur cette demande conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile n’est pas encore expiré, il n’entre pas dans l’office du juge des référés d’ordonner au préfet de statuer plus rapidement sur cette demande, une telle mesure ne présentant pas un caractère provisoire.
En outre, alors que la requérante dispose d’une attestation de prolongation d’instruction valable jusqu’au 16 février 2026 lui permettant de justifier de la régularité de son séjour auprès de son futur employeur, elle ne justifie pas de ce qu’elle ne serait pas en mesure de débuter prochainement son contrat de travail et par conséquent, de la situation d’urgence qu’elle invoque.
Par suite, la requête présentée par Mme A... doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 15 décembre 2025.
Le juge des référés,
B. Maitre
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.