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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2514195

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2514195

mardi 6 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2514195
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL SALIGARI - EL AMINE AVOCATS ET ASSOCIÉS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A..., ressortissant sénégalais, qui demandait qu'il soit enjoint à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un rendez-vous pour enregistrer sa demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, faute pour le requérant de justifier de circonstances particulières rendant nécessaire l'obtention rapide d'un rendez-vous, plus de deux ans après le dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. La décision rappelle que, pour les demandes autres que le renouvellement d'un titre, il incombe au demandeur de démontrer une urgence spécifique, ce qui n'a pas été fait en l'espèce.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 novembre 2025, M. C... A..., représenté par Me Saligari, demande au juge des référés :

1°) d’enjoindre à la préfète de l’Essonne, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer une date de convocation afin de lui permettre de faire enregistrer sa demande de titre de séjour et de recevoir le récépissé, dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’il a déposé une demande d’admission au séjour le 3 novembre 2023 et n’a pas été convoqué malgré ses relances ; il est dans l’impossibilité de finaliser ses études en raison de sa situation administrative ; il se trouve dans une situation précaire qui l’empêche de s’insérer professionnelle en France ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu’aucune réponse n’a été donnée ni aucun rendez-vous ne lui a été proposé depuis plus deux ans malgré ses relances ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.

La requête a été communiquée à la préfète de l’Essonne qui n’a pas produit d’observations en défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Sauvageot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant sénégalais, né le 8 décembre 2002, a déposé le 3 novembre 2023 un dossier de demande d’admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale ou pour motifs exceptionnelles sur la plateforme « démarches simplifiées » de la préfecture de l’Essonne. Il demande à la juge des référés d’enjoindre à la préfète de l’Essonne, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer une date de convocation afin de lui permettre de faire enregistrer sa demande de titre de séjour et de recevoir un récépissé, dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir.

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. Lorsque le rendez-vous ne peut être obtenu qu’en se connectant au site internet de la préfecture, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que, si l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n’ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.

5. Il résulte de l’instruction qu’eu égard aux difficultés rencontrées par les ressortissants étrangers pour déposer leur demande de titre de séjour, en l’absence de plages horaires libres pour la prise de rendez-vous sur le site internet de la préfecture, le préfet de l’Essonne a mis en place une nouvelle procédure, à compter du 15 novembre 2021, qui permet aux ressortissants étrangers souhaitant demander leur admission exceptionnelle au séjour de déposer un dossier succinct en créant un compte « démarches simplifiées » sur le site de la préfecture, qui leur propose ensuite un rendez-vous pour déposer l’ensemble de leur dossier, suivant la date de dépôt des demandes.

6. En l’espèce, M. A... a pu déposer, le 3 novembre 2023, via la plateforme « démarches-simplifiées », un dossier de demande d’admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale ou pour motifs exceptionnelles. Si le requérant fait valoir qu’il est était inscrit en Bachelor universitaire de technologie (B.U.T) en Qualité, Logistique Industrielle et Organisation (QLIO) au sein de l’Université Evry Val d’Essonne mais n’a pas été en mesure de recevoir son diplôme en raison de l’irrégularité de sa situation, il ne l’établit pas. En outre, si M. A... fait également valoir qu’il est dans l’impossibilité de s’insérer professionnellement, il ne fait état d’aucun projet professionnel précis et concret qui serait compromis à court terme par sa situation administrative. Ainsi, s’il résulte de l’instruction que la demande de rendez-vous de M. A... est toujours en cours de traitement plus de deux ans, cette durée, bien qu’importante, n’est pas de nature à justifier qu’il soit fait droit prioritairement à sa demande. Par suite, le requérant ne peut être regardé comme faisant état d’une circonstance particulière justifiant d’une urgence à obtenir un rendez-vous sans que l’ordre d’examen des demandes d’autres ressortissants étrangers en fonction de leur date de dépôt soit respecté. Dès lors, la condition d’urgence posée par les dispositions précitées n’est pas satisfaite.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée, en toutes ses conclusions, y compris, par voie de conséquence, celles tendant à l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l’Essonne.


Fait à Versailles, le 6 janvier 2026


La juge des référés,

Signé

J. Sauvageot



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.






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