Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme B... qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la délivrance d'un récépissé et une décision sur sa demande de titre de séjour. Le juge a constaté que la requête était manifestement irrecevable, car elle ne visait pas la suspension d'une décision administrative et n'était pas accompagnée d'une requête distincte en annulation, comme l'exigent les articles L. 521-1 et R. 522-1 du code de justice administrative. La demande a donc été rejetée sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 décembre 2025, Mme A... B... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative d’ordonner la délivrance immédiate d’un récépissé et de contraindre l’administration à statuer sur sa demande de titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Maitre pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée. Aux termes de l’article R. 522-1 du même code « La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. »
En méconnaissance de ces dispositions, aucune requête distincte à fin d’annulation n’a été enregistrée au tribunal tandis que Mme B... ne demande la suspension de l’exécution d’aucune décision administrative. Par suite, la présente requête fondée sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative est manifestement irrecevable et ne peut être que rejetée sur le fondement de l’article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Versailles, le 10 décembre 2025.
Le juge des référés,
B. Maitre
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.