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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2514670

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2514670

mercredi 21 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2514670
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantSELARL GARCIA & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de M. C... B..., ressortissant colombien, qui contestait l'arrêté du préfet des Yvelines du 1er décembre 2025 l'assignant à résidence. Le tribunal a jugé que le préfet avait légalement fondé sa décision sur les articles L. 731-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que l'intéressé faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français et ne pouvait l'exécuter immédiatement. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des moyens soulevés, incluant l'insuffisance de motivation et l'erreur de droit, le tribunal estimant que l'arrêté était suffisamment motivé et que l'administration n'avait commis aucune erreur d'appréciation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 décembre 2025, M. A... C... B..., représenté par Me C..., demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté en date du 1er décembre 2025 par lequel le préfet des Yvelines a prononcé son assignation à résidence ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;


Il soutient que :
L’arrêté méconnaît le champ d’application de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
L’arrêté est insuffisamment motivé ;
Le préfet a commis une erreur de droit quant à l’impossibilité de quitter le territoire fondée sur l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, l’absence de document d’identité ne permettant pas, à elle seule, de regarder l’intéressé comme étant dans l’impossibilité de quitter immédiatement le territoire ;
Le préfet n’évoque aucune garantie de représentation effective ;
Le préfet a commis une erreur de droit et une erreur de fait découlant de l’article R. 733-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; le préfet n’a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
La décision porte en elle-même une atteinte à sa liberté d’aller et venir ;
Il ne représente aucune menace pour l’ordre public.

La requête a été communiquée au préfet des Yvelines qui n’a pas produit d’observations en défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme D... pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 921-1 et L. 921-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile en application de l’article L.922-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus, au cours de l’audience publique qui s’est tenue le 14 janvier 2026 en présence de M. Rion, greffier :
- le rapport de Mme D... ;
- les observations de Me Faugeras, représentant le préfet des Yvelines, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir que l’arrêté est parfaitement légal, l’intéressé détenant un passeport en cours de validité et son éloignement demeurant une perspective raisonnable ; par ailleurs, le requérant ne justifie d’aucun élément particulier ;
- M. C... B... n’étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

M. A... C... B..., ressortissant colombien né le 29 mars 1980 à Cali (Colombie), demande l’annulation de l’arrêté en date du 1er décembre 2025 par lequel le préfet des Yvelines a prononcé son assignation à résidence.

Aux termes de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; (…) ». Aux termes de l’article L. 731-2 du même code : « L'étranger assigné à résidence en application de l'article L. 731-1 peut être placé en rétention en application de l'article L. 741-1, lorsqu'il ne présente plus de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3. » Aux termes de l’article L. 732-3 de ce code : « L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée ». L’article L. 733-1 de ce code dispose que : « L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie (…) ». L’article R. 733-1 de ce code dispose que : « L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / (…) 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / (…) ». la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

Il résulte de ces dispositions que le préfet des Yvelines a pu légalement prononcer l’assignation à résidence de M. C... B... qui a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français en date du 27 mai 2024 prononcée par le préfet des Hauts-de-Seine notifiée le même jour, et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français. Dans ces conditions, le préfet n’a pas méconnu les dispositions des articles L. 731-1 et L. 731-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et n’a pas entaché son arrêté d’une erreur de droit ni d’une erreur de fait ni davantage d’une erreur d’appréciation.

En deuxième lieu, l’arrêté contesté mentionne les circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement et permet au requérant d’en contester utilement le bien-fondé. Le moyen tiré de l’insuffisante motivation doit donc être écarté.

En troisième et dernier lieu, M. C... B... n’apporte aucun élément de nature à établir que les modalités de la décision l’assignant à résidence dans le département des Yvelines pour une durée de 45 jours et l’obligeant à se présenter quotidiennement, sauf le week-end et les jours fériés, au commissariat de police de Saint-Germain-en-Laye porteraient une atteinte disproportionnée à sa liberté de circulation. Par suite, ce moyen doit être écarté.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C... B... ne peut qu’être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles relatives aux frais de l’instance.


D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. C... B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... C... B... et au préfet des Yvelines.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 janvier 2026.

La magistrate désignée,

signé

Ch. D...Le greffier,

signé

T. Rion
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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