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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2514683

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2514683

jeudi 11 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2514683
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSJ2A

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête en référé suspension de M. A... contre la décision d'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie. Il a relevé que le requérant ne démontrait pas que son permis était indispensable à son activité professionnelle et qu'il avait commis six infractions routières en quatre ans, révélant un manquement persistant aux règles de sécurité. Ainsi, l'intérêt public de la sécurité routière a prévalu sur la gêne personnelle invoquée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 décembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Jonquet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision référencée « 48SI » du 2 octobre 2025 par laquelle le ministre de l’intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui restituer les points illégalement retirés sur son permis de conduire ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 400 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Degorce, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée. Aux termes de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».

2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’une décision administrative lorsque l’exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. La condition d’urgence, qui doit s’apprécier objectivement et globalement, implique une appréciation équilibrée des exigences de la sécurité routière, qui concerne l’ensemble des usagers de la route, et les contraintes ou les intérêts personnels et privés du requérant et cette appréciation doit notamment s’opérer en fonction de la gravité éventuelle et de la fréquence des infractions commises par le requérant.

3. Pour caractériser l’urgence à suspendre la décision « 48 SI » qu’il conteste, M. A... soutient qu’il est le concierge d’une copropriété et qu’il a besoin d’un permis de conduire valide pour exercer son activité professionnelle et répondre aux besoins des copropriétaires qui l’amènent à se rendre régulièrement dans des magasins spécialisés afin d’acheter du matériel d’entretien et de travaux. Il soutient également qu’il ne constitue pas un danger sur la route. Toutefois, il ne résulte pas de l’instruction, notamment de son contrat de travail, que son permis de conduire serait nécessaire à l’exercice de sa profession ni qu’il risquerait de se faire licencier en cas d’invalidité de son titre de conduite. Par ailleurs, il résulte de son relevé intégral d’information qu’il a commis six infractions entre le 20 septembre 2021 et le 9 août 2025 dont deux d’entre elles ont entraîné une perte de trois points sur son permis de conduire et l’une d’entre elles une perte de quatre points. Cette accumulation d’infractions révèle un manquement régulier et persistant aux règles de vigilance et de sécurité qui s’imposent à tous les conducteurs. Dans ces circonstances, et quelle que soit la gêne qui en résulte pour l’intéressé, les exigences qui s’attachent à l’intérêt public de la sécurité routière font obstacle à ce que la condition d’urgence, qui s’apprécie objectivement et globalement, soit regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Versailles, le 11 décembre 2025.


La juge des référés,



Ch. Degorce

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

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