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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2600246

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2600246

vendredi 9 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2600246
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête en référé suspension de M. C..., qui contestait l’exclusion définitive de son fils prononcée par le conseil de discipline du lycée de Montmorency (Val-d’Oise) et confirmée par le recteur de l’académie de Versailles. Le juge a estimé que le tribunal territorialement compétent pour connaître du litige était celui de Cergy-Pontoise, et non celui de Versailles, en application des articles R. 312-1 et R. 221-3 du code de justice administrative. La requête a donc été rejetée comme portée devant une juridiction incompétente, sans examen au fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 janvier 2026, M. B... C... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 22 décembre 2025 par lequel le recteur de l’académie de Versailles a infligé à son fils, A..., la sanction d’exclusion définitive de son établissement scolaire, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité ;

2°) d’enjoindre au recteur de l’académie de Versailles d’ordonner sa réintégration provisoire dans son établissement d’origine ;

3°) de mettre les dépens à la charge de l’administration.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Degorce, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.


Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée. Enfin, aux termes de l’article R. 522-8-1 de ce code : « Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ».

3. D’autre part, aux termes de l’article R. 312-1 du code de justice administrative : « Lorsqu'il n'en est pas disposé autrement par les dispositions de la section 2 du présent chapitre ou par un texte spécial, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui, soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision attaquée. (…) / Sous les mêmes réserves en cas de recours préalable à celui qui a été introduit devant le tribunal administratif, la décision à retenir pour déterminer la compétence territoriale est celle qui fait l’objet du recours administratif ou du pourvoi devant une juridiction incompétente ». Aux termes de l’article R. 221-3 du même code : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : (…) Cergy-Pontoise : Hauts-de-Seine, Val-d'Oise ; (…) Versailles : Essonne, Yvelines (…) ».

4. Enfin, aux termes de l’article R. 511-49 du code de l’éducation : « Toute décision du conseil de discipline de l'établissement ou du conseil de discipline départemental peut être déférée au recteur de l'académie, dans un délai de huit jours à compter de sa notification écrite, soit par le représentant légal de l'élève, ou par ce dernier s'il est majeur, soit par le chef d'établissement. Le recteur d'académie décide après avis d'une commission académique. » Aux termes de l’article R. 511-53 du même code : « La juridiction administrative ne peut être saisie qu’après mise en œuvre des dispositions de l’article R.511-49 ».

5. Le conseil de discipline du lycée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency, dans le département du Val d’Oise, a pris une sanction d’exclusion définitive à l’encontre de l’élève A... C.... Cette sanction a fait l’objet d’un recours administratif préalable obligatoire formé le 5 décembre 2025 par son père, M. C.... Par une décision du 22 décembre 2025 dont le requérant demande la suspension, le recteur de l’académie de Versailles, à la suite de la tenue de la commission académique d’appel, a décidé de maintenir cette sanction.

6. Le tribunal territorialement compétent n’est pas celui dans le ressort duquel se situe l’autorité qui a statué sur le recours administratif préalable obligatoire mais celui dans le ressort duquel a son siège l’autorité dont émane la décision initiale, en application des dispositions précitée des articles R. 312-1 et R. 221-3 du code de justice administrative. Ainsi, la requête dirigée contre la décision d’un conseil de discipline d’un établissement scolaire d’une commune du département du Val d’Oise ressortit à la compétence territoriale du tribunal administratif de Cergy-Pontoise.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C... doit être rejetée par application des dispositions de l’article R. 522-8-1 du code de justice administrative.





O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C....


Fait à Versailles, le 9 janvier 2026.


La juge des référés,



Ch. Degorce


La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.



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