Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté préfectoral du 15 janvier 2026 ordonnant l’expulsion de Mme A... d’un logement occupé sans droit ni titre. La requête a été jugée irrecevable car la requérante n’avait pas introduit de recours en annulation préalable, en méconnaissance des exigences de l’article R. 522-1 du code de justice administrative. L’ordonnance rappelle que la suspension d’une décision administrative sur le fondement de l’article L. 521-1 du même code est subordonnée à l’existence d’une requête en annulation distincte.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 janvier 2026, Mme B... A... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l’exécution de l’arrêté du préfet des Yvelines du 15 janvier 2026 mettant les occupants du logement sis 60 boulevard Carnot à Mantes-la-Jolie de quitter les lieux sous un délai de sept jours, jusqu’au 31 janvier 2026 afin de permettre un délai de départ volontaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mathou pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., occupante sans droit ni titre d’un logement sis 60 boulevard Carnot à Mantes-la-Jolie, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre, jusqu’au 31 janvier 2026, l’arrêté du préfet des Yvelines du 15 janvier 2026 mettant les occupants du logement sis 60 boulevard Carnot à Mantes-la-Jolie de quitter les lieux sous un délai de sept jours.
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Aux termes de l’article R. 522-1 du même code : « À peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
3. Mme A... n’a pas introduit de requête en annulation à l’encontre de l’arrêté dont elle demande la suspension de l’exécution. Par suite, sa requête, qui ne satisfait pas aux exigences de l’article R. 522-1 du code de justice administrative, est manifestement irrecevable et doit être rejetée en toute ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Fait à Versailles, le 26 janvier 2026 .
La juge des référés,
C. Mathou
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.