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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2600770

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2600770

mardi 27 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2600770
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision du 9 janvier 2026 par laquelle la ministre des armées a dénoncé le contrat d’engagement de Mme B... et l’a radiée des contrôles. La requête a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n’avait pas exercé le recours administratif préalable obligatoire devant la commission des recours des militaires, prévu à l’article R. 4125-1 du code de la défense, et n’avait pas non plus assorti sa demande d’une requête en annulation. En conséquence, l’ordonnance a rejeté l’intégralité des conclusions de Mme B....

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 janvier 2026, Mme A... B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du 9 janvier 2026 par laquelle la ministre des armées et des anciens combattants a dénoncé son contrat d’engagement et l’a rayée des contrôles à compter du 30 janvier 2026, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité ;

2°) d’enjoindre à la ministre chargée des armées de la maintenir provisoirement dans les effectifs de l’armée de l’air et de l’espace et de réexaminer sa situation en vue d’une réaffectation dans une autre unité de la base aérienne 107 ou dans une autre unité adaptée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Degorce, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes de l’article L. 521-1 du même code : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes du second alinéa de l’article R. 522-1 de ce code : « À peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

2. L’objet même du référé organisé par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative est de permettre, dans tous les cas où l’urgence le justifie, la suspension dans les meilleurs délais d’une décision administrative contestée par le demandeur. Une telle possibilité est ouverte y compris dans le cas où un texte législatif ou réglementaire impose l’exercice d’un recours administratif préalable avant de saisir le juge de l’excès de pouvoir, sans donner un caractère suspensif à ce recours obligatoire. Dans une telle hypothèse, la suspension peut être demandée au juge des référés sans attendre que l’administration ait statué sur le recours préalable, dès lors que l’intéressé a justifié, en produisant une copie de ce recours, qu’il a engagé les démarches nécessaires auprès de l’administration pour obtenir l’annulation ou la réformation de la décision contestée. Saisi d’une telle demande de suspension, le juge des référés peut y faire droit si l’urgence justifie la suspension avant même que l’administration ait statué sur le recours préalable et s’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

3. D’autre part, aux termes de l’article R. 4125-1 du code de la défense : « I. – Tout recours contentieux formé par un militaire à l'encontre d'actes relatifs à sa situation personnelle est précédé d'un recours administratif préalable, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. Ce recours administratif préalable est examiné par la commission des recours des militaires, placée auprès du ministre de la défense. Le recours administratif formé auprès de la commission conserve le délai de recours contentieux jusqu'à l'intervention de la décision prévue à l'article R. 4125-10. Sous réserve des dispositions de l'article L. 213-6 du code de justice administrative, tout autre recours administratif, gracieux ou hiérarchique, formé antérieurement ou postérieurement au recours introduit devant la commission, demeure sans incidence sur le délai de recours contentieux. (…) ».

4. La décision en litige du 9 janvier 2026 par laquelle la ministre des armées et des anciens combattants a dénoncé le contrat d’engagement de Mme B... et l’a radiée des contrôles à compter du 30 janvier 2026 est un acte relatif à sa situation personnelle. Sa requête devait, dès lors, être précédée d’un recours administratif devant la commission de recours des militaires, dans un délai de deux mois à compter de sa notification, ainsi qu’il est au demeurant mentionné à l’article 3 de la décision en litige.

5. Par suite, alors qu’il ne résulte pas de l’instruction que Mme B... aurait exercé le recours administratif préalable obligatoire prévu à l’article R. 4125-1 du code de la défense et qu’elle n’a pas non plus assorti sa demande de suspension d’une requête en annulation, sa requête est manifestement irrecevable et ne peut qu’être rejetée, en toutes ses conclusions, par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.




O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....


Fait à Versailles, le 27 janvier 2026.


La juge des référés,



Ch. Degorce


La République mande et ordonne à la ministre des armées et des anciens combattants en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.



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