Le Tribunal administratif de Versailles, saisi par M. A... d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français, constate que l’intéressé a été assigné à résidence en Saône-et-Loire en cours d’instance. En application de l’article R. 922-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, la compétence territoriale est déterminée par le lieu de cette assignation. Par conséquent, le tribunal se déclare incompétent et transmet le dossier au Tribunal administratif de Dijon, seul compétent pour statuer sur la requête.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 janvier 2026 et le 26 janvier 2026, M. B... A..., alors retenu au centre de rétention administrative de Palaiseau demande au tribunal alors retenu au centre de rétention administrative de Plaisir (Yvelines), demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 20 janvier 2026 par lequel la préfète de l’Essonne l’a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l’octroi d’un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination en cas d’exécution d’office, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans en l’informant de son signalement à fin de non admission dans le système d’information Schengen pendant la durée de cette interdiction ;
2°) d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de procéder au réexamen de sa demande.
La requête a été communiquée à la préfète de l’Essonne, qui n’a pas produit d’observation en défense.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 351-3 du code du justice administrative, lorsqu’un tribunal administratif est saisi de conclusions qu’il estime relever de la compétence d’une juridiction administrative autre que le Conseil d’Etat, son président transmet sans délai le dossier à la juridiction qu’il estime compétente.
2. Les dispositions de l’article R. 922-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile prévoient que : (…) « Lorsque, en cours d’instance, l’étranger est assigné à résidence en application de l’article L. 731-1, placé ou maintenu en rétention administrative ou placé en détention, le tribunal administratif compétent est celui dans le ressort duquel est situé le lieu d’assignation, de rétention ou de détention. Le dossier est transmis à ce tribunal s’il diffère de celui devant lequel la requête a été présentée. ». Aux termes de l’article R. 221-3 du même code : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : (…) / Dijon : Côte-d’Or, Nièvre, Saône-et-Loire, Yonne ; (…) ».
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A... a fait l’objet d’une assignation à résidence le 19 janvier 2026 dans le département de Saône-et-Loire. Par suite, et par application des dispositions précitées du code de justice administrative, il y a lieu de renvoyer le dossier de la requête au tribunal administratif de Dijon, territorialement compétent pour en connaître.
O R D O N N E :
Article 1er : Le dossier de la requête de M. A... est transmis au tribunal administratif de Dijon.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la présidente du tribunal administratif de Dijon, à M. B... A..., au préfet de Saône-et-Loire et à la préfète de l’Essonne.
Fait à Versailles, le 28 janvier 2026.
Le premier vice-président,
Signé
R. Féral