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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-1903482

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-1903482

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-1903482
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantGRAVIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 mars 2014 et 28 mai 2015 devant le tribunal des pensions, M. A B, représenté par Me Gravier, a demandé au tribunal régional des pensions militaires d'Amiens d'annuler la décision du 13 février 2014 par laquelle le ministre de la défense a rejeté sa demande de révision de pension militaire d'invalidité pour infirmité nouvelle et d'ordonner une nouvelle expertise avant-dire droit à titre subsidiaire.

M. B soutient qu'à la suite d'un accident survenu durant le service le 6 mai 2011, sa pension militaire d'invalidité doit être révisée du fait de la survenance d'une infirmité nouvelle tenant en des hernies discales, un tassement vertébral, une bascule du bassin et un pincement des hanches

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 août 2014, le ministre de la défense a conclu au rejet de la requête.

Il soutient que la demande de M. B n'est pas fondée dès lors que le taux d'invalidité supplémentaire imputable au service qui pourrait être constaté est de 3% soit inférieur au taux minimum de 10%.

Par jugement du 1er mars 2016, le tribunal régional des pensions militaires d'Amiens, avant dire droit, a diligenté une expertise.

Par deux mémoires enregistrés les 7 novembre 2016 et 1er octobre 2018, M. B, représenté par Me Gravier conclut aux mêmes fins que sa requête et demande au tribunal que son taux d'invalidité soit fixé à 35 %, ou d'ordonner une nouvelle expertise à titre subsidiaire.

Il a soutenu que les résultats de l'expertise étaient contestables et que l'invalidité a également pour origine une maladie devant être pensionnée à hauteur de 35%.

Par un nouveau mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2018, la ministre des armées a conclu aux mêmes fins par les mêmes moyens.

Par un jugement du 2 avril 2019, le tribunal régional des pensions militaires d'Amiens a ordonné avant dire droit une nouvelle expertise.

Par courrier recommandé du 8 octobre 2019, revenu avec la mention " destinataire inconnu à l'adresse indiquée ", M. B a été informé du transfert du dossier de sa requête au tribunal administratif d'Amiens à compter du 1er novembre 2019, en application de la loi n°2018-607 du 13 juillet 2018.

Par une ordonnance en date du 22 février 2022, la présidente du tribunal administratif d'Amiens a désigné le docteur E afin de procéder à l'expertise prescrite par le jugement du tribunal des pensions militaire d'Amiens du 2 avril 2019.

L'expert a rendu son rapport le 17 novembre 2022.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 janvier 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'il convient d'homologuer le rapport d'expertise du Dr E, qui indique que le taux d'invalidité est de 8% et qu'il n'y a pas lieu de se prononcer sur l'imputabilité au service lors que le taux de l'invalidité est inférieur à 10 %.

M. B, représenté par Me Gravier, a produit un mémoire complémentaire le 8 mars 2023 à 11h52, non communiqué, par lequel il " se réfère au rapport d'expertise et à toutes les pièces communiquées avant l'expertise ".

Par ordonnance du 21 février 2023 la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 8 mars 2023 à 12H00.

Deux mémoires ont été produits pour M. B les 4 et 14 avril 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.

Par une ordonnance, en date du 24 novembre 2022, la présidente du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 2 706 euros TTC.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 novembre 2015.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- loi n°2018-607 du 13 juillet 2018 ;

- le décret n° 2018-1291 du 28 décembre 2018 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Galle, vice-présidente,

- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique,

- et les observations de Me Gravier, pour M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 27 décembre 1968, est lieutenant-colonel de l'armée de l'air. Il est entré en service le 1er février 1989 et est militaire de carrière depuis le 31 décembre 2000. En 2013, il appartenait au corps des officiers des bases de l'air, en tant qu'officier commando parachutiste, et a participé à de nombreuses opérations extérieures. Il est titulaire d'une pension militaire d'invalidité à titre définitif à un taux d'invalidité de 10 % au titre de séquelles d'une rupture du tendon d'Achille gauche subie en service en 2007 lors d'une opération extérieure. Le 14 février 2013, M. B a sollicité la révision de sa pension pour prise en compte d'une infirmité nouvelle, liée à des hernies discales T10-T11, L5-S1, un tassement vertébral L5-S1, une bascule du bassin et un pincement des hanches, infirmité que M. B a imputé à un accident de service survenu le 6 mai 2011 au cours d'une mission de six mois en Afghanistan, lorsqu'il a chuté de 4 mètres alors qu'il embarquait à bord d'un hélicoptère à la fin d'une opération d'exfiltration de nuit. Une expertise diligentée par le service, et réalisée par docteur C le 15 mai 2013, a conclu que le requérant présentait un taux d'invalidité de 10 %, et que ses lésions étaient imputables aux sauts en parachute et à la pratique de l'équitation. Le médecin en charge des pensions militaires d'invalidité, par un avis du 9 août 2013, a imputé les séquelles à l'accident de service du 6 mai 2011 et fixé un taux d'invalidité de 10%. Toutefois, par un avis du 30 août 2013, la commission consultative médicale a estimé que si le taux d'invalidité global était de 10 %, seul un tiers, soit 3 % pouvait être imputé à l'accident du 6 mai 2011, les 7% restants étant imputés à des accidents de la voie publique subis hors service en 1997 et à la pratique de l'équitation. Par un avis du 18 décembre 2013 la commission de réforme, saisie par M. B, a également proposé un taux d'invalidité de 10 % dont seulement 3 % imputables au service. Par une décision du 13 février 2014, le ministre de la défense a rejeté la demande de révision de pension formée par M. B au titre de cette infirmité nouvelle.

2. M. B a contesté cette décision devant le tribunal régional des pensions militaires d'Amiens. Par un jugement avant-dire droit du 1er mars 2016, ce tribunal a prescrit une expertise médicale. A la suite du dépôt du rapport le 17 février 2017, le tribunal a de nouveau, par un jugement avant-dire droit du 2 avril 2019, prescrit la réalisation d'une nouvelle expertise médicale. A la suite de la transmission du dossier de M. B au tribunal administratif d'Amiens par l'effet des dispositions de la loi n°2018-607 du 13 juillet 2018, le second rapport d'expertise a été déposé le 17 novembre 2022.

Sur les droits à pension du requérant :

3. Aux termes de l'article L. 2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre applicable à la date de la demande du 14 février 2013, et désormais repris à l'article L. 121-2 du même code : " Ouvrent droit à pension : 1° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'événements de guerre ou d'accidents éprouvés par le fait ou à l'occasion du service ; 2° Les infirmités résultant de maladies contractées par le fait ou à l'occasion du service ; 3° L'aggravation par le fait ou à l'occasion du service d'infirmités étrangères au service ".

4. Aux termes de l'article L. 3 du même code : " Lorsqu'il n'est pas possible d'administrer ni la preuve que l'infirmité ou l'aggravation résulte d'une des causes prévues à l'article L. 2, ni la preuve contraire, la présomption d'imputabilité au service bénéficie à l'intéressé à condition :1° S'il s'agit de blessure, qu'elle ait été constatée avant le renvoi du militaire dans ses foyers ; 2° S'il s'agit d'une maladie, qu'elle n'ait été constatée qu'après le quatre-vingt-dixième jour de service effectif et avant le soixantième jour suivant le retour du militaire dans ses foyers ; 3° En tout état de cause, que soit établie, médicalement, la filiation entre la blessure ou la maladie ayant fait l'objet de la constatation et l'infirmité invoquée. En cas d'interruption de service d'une durée supérieure à quatre-vingt-dix jours, la présomption ne joue qu'après le quatre-vingt-dixième jour suivant la reprise du service actif. La présomption définie au présent article s'applique exclusivement aux constatations faites, soit pendant le service accompli au cours de la guerre 1939-1945, soit au cours d'une expédition déclarée campagne de guerre, soit pendant le service accompli par les militaires pendant la durée légale, compte tenu des délais prévus aux précédents alinéas. () "

5. Aux termes de l'article L. 4 de ce code, repris par les articles L. 121-4 et L. 121-5 du même code : " Les pensions sont établies d'après le degré d'invalidité. / Sont prises en considération les infirmités entraînant une invalidité égale ou supérieure à 10 %. / Il est concédé une pension : 1° Au titre des infirmités résultant de blessures, si le degré d'invalidité qu'elles entraînent atteint ou dépasse 10 % () ". En vertu de l'article L. 6 du même code, l'administration doit se placer à la date de la demande de pension pour évaluer le degré d'invalidité entraîné par l'infirmité invoquée.

6. L'alinéa 4 de l'article L. 9 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre, applicable au litige, devenu l'article L. 125-3 de ce code, prévoit que : " Un décret contresigné par les ministres chargés des anciens combattants et victimes de guerre, chargé de la défense nationale ou de la France d'outre-mer, détermine les règles et barèmes pour la classification des infirmités d'après leur gravité ". L'article L. 10 du même code, aujourd'hui repris à l'article L. 125-5 du code, dispose que : " Les degrés de pourcentage d'invalidité figurant aux barèmes prévus par le quatrième alinéa de l'article L. 9 sont : a) Impératifs, en ce qui concerne les amputations et les exérèses d'organe ; b) Indicatifs dans les autres cas. / Ils correspondent à l'ensemble des troubles fonctionnels et tiennent compte, quand il y a lieu, de l'atteinte de l'état général. "

7. Il résulte de l'instruction, qu'à la suite de son accident du 6 mai 2011 survenu au cours d'une opération extérieure en Afghanistan, M. B a de manière constante signalé des douleurs lombaires qu'il a imputées à cet accident. Il résulte de l'expertise du Dr E en date du 16 novembre 2022 que les douleurs au rachis lombaires subies par le requérant ne sont pas en lien avec une arthrose antérieure avec l'accident de service. L'expert conclut qu'" aucun état antérieur " portant sur le rachis ne peut être retenu, et que " les lombalgies apparues en post-traumatique dans le cadre d'un accident de service du 6 mai 2011, aggravées de lombosciatique mécanique, de trajet S1 droit, liées à une discopathie L5S1, et une arthrose inter apophysaire débutante, sont bien totalement en lien direct et certain avec l'accident de service ". Le ministre des armées ne conteste pas l'existence d'un tel lien direct avec le service et se borne à soutenir que le taux d'invalidité de 8% retenu par l'expert étant inférieur à 10 %, l'infirmité de M. B ne peut en tout état de cause entrainer un droit à pension.

8. Il résulte de l'expertise que pour fixer à 8 % le taux d'invalidité de M. B, le rapport d'expertise du Dr E s'est fondé sur la circonstance que M. B ne présente pas, à la date de la réunion d'expertise réalisée le 20 juillet 2022, les éléments cliniques caractérisant des " sciatiques persistantes " relevés par le tableau annexé au code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre dans la partie " névralgies sciatiques " et susceptibles d'ouvrir droit à un taux de 10 %, notamment la modification du réflexe achilléen, l'atrophie musculaire, et la scoliose. Il résulte toutefois de ce qui a été dit au point 4 que le degré d'infirmité du requérant doit être apprécié à la date de sa demande de révision de pension, soit le 14 février 2013, et non à la date de l'expertise. Or il résulte de l'instruction que le 15 mai 2013, le Dr C, rhumatologue, a conclu à l'existence d'un taux d'invalidité de 10 % pour évaluer l'infirmité nouvelle déclarée par M. B en lien avec ses douleurs lombaires apparues à la suite de son accident de service. Le médecin chargé des pensions militaires d'invalidité de la sous-direction des pensions a également retenu, dans son avis du 9 août 2013, que le taux d'invalidité de M. B du fait de l'infirmité " Lombalgies basses et douleurs intercostales. Raideur rachidienne en rotation. IRM : Protusion discale T10-T11 et L5S1 " était liée à " une blessure reçue à l'occasion du service le 6 mai 2011 " et ouvrait droit à un taux d'invalidité de 10%. A la suite de cet avis, la commission consultative médicale comme la commission de réforme ont estimé que le degré d'invalidité global de M. B dû à cette infirmité était également de 10 %, tout en estimant que 7% étaient imputables à un état antérieur et 3 % seulement à l'accident de service du 6 mai 2011. Ainsi qu'il a été dit au point 6, il ne résulte cependant pas de l'instruction qu'un état antérieur puisse être, même partiellement, à l'origine de l'infirmité nouvelle au titre de laquelle M. B a demandé la révision de sa pension. Or l'administration ne produit aucun élément de nature à établir l'existence d'un degré d'invalidité inférieur à 10 % à la date de la demande de pension présentée par M. B hormis l'expertise réalisée le 20 juillet 2022, qui ne peut, compte tenu des avis contraires établis dès 2013, qui ont tous conclu alors à l'existence d'un degré d'invalidité de 10 %, et compte tenu de ce que cette expertise a procédé à une évaluation de ce taux au regard de l'état de santé du requérant en 2022 et non à la date de sa demande, être seule prise en compte pour déterminer ce taux à la date de la demande de pension. Par suite, le degré d'invalidité de l'infirmité nouvelle déclarée le 14 février 2013 par M. B doit être regardé comme atteignant, à cette date, le taux de 10 % prévu par les dispositions de l'article L. 4 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ouvrant droit à pension dès lors que l'infirmité en cause résulte d'une blessure.

9. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction, que le degré d'invalidité de M. B devrait être fixé à 35 %, en se référant, contrairement à ce qu'a estimé l'expertise qui s'est fondée sur la partie " Névralgies sciatiques " du guide-barème du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, à la partie III " Colonne vertébrale " de ce guide-barême, dès lors que l'intéressé ne démontre pas souffrir d'une " immobilisation partielle de la tête et du tronc (avec ou sans déviation) " susceptible d'ouvrir droit à un taux de " 20 à 40 % " en cas de " douleurs névralgiques ", et qu'il n'est pas davantage démontré, au vu des éléments médicaux fournis au dossier, qu'il souffre d'une " déviation scoliotique ou cyphotique " entrainant des " douleurs à forme de névralgies radiculaires, douleurs violentes, intermittentes ou paroxystiques, lancinantes, irradiant le long des nerfs intercostaux ou des nerfs des membres ", susceptibles d'ouvrir droit à un taux d'invalidité compris entre 15 et 40 %. Par suite, les conclusions de M. B tendant à ce qu'un degré d'invalidité de 35 % lui soit reconnu au titre de son infirmité nouvelle déclarée en 2013 doivent être rejetées.

10. Le degré d'invalidité de 10 % mentionné au point 8 ouvre droit à la révision de la pension d'invalidité concédée à M. B en application de l'article L 4 devenu L. 121-4 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre.

11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 13 février 2014 rejetant sa demande de révision de pension militaire d'invalidité et que lui soit reconnu un taux d'invalidité de 10 % au titre de l'infirmité " Lombalgies basses et douleurs intercostales. Raideur rachidienne en rotation. Protusion discale T10-T11 et L5-S1 ".

Sur les dépens :

12. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'État peut être condamné aux dépens. ".

13. M. B étant bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, il y a lieu de mettre à la charge définitive de l'Etat le montant des frais et honoraires d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 2706 euros par une ordonnance de la présidente du tribunal administratif d'Amiens du 24 novembre 2022.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 13 février 2014 par laquelle le ministre de la défense a rejeté la demande de révision de pension présentée par M. B est annulée.

Article 2 : Le taux d'invalidité de M. B au titre de l'infirmité " Lombalgies basses et douleurs intercostales. Raideur rachidienne en rotation. Protusion discale T10-T11 et L5-S1 " est fixé à 10 % à compter de sa demande du 14 février 2013.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 2 706 euros par l'ordonnance de la présidente du tribunal en date du 24 novembre 2022 sont mis à la charge définitive de l'Etat.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à David B et au ministre des armées.

Copie en sera adressée au docteur D E, expert.

Délibéré après l'audience du 20 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Galle, présidente-rapporteure,

Mme Pellerin, première conseillère,

Mme Bazin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.

La présidente-rapporteure

Signé

C. Galle

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

C. Pellerin Le greffier,

Signé

J.-F. Langlois

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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