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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2000493

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2000493

vendredi 30 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2000493
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSCHOOF

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 10 février 2020, 13 août, 27 août 2021, et 9 novembre 2022, le dernier n'ayant pas été communiqué, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 7 janvier 2020, par laquelle la directrice départementale des finances publiques de l'Aisne lui a refusé la prise en charge de l'ensemble des soins et frais médicaux consécutifs à l'accident du 23 octobre 1990 à compter du 1er février 2020 ;

2°) d'annuler la décision du 9 juillet 2021, qui se substitue à la décision du 7 janvier 2020.

Elle soutient que :

- la décision attaquée du 7 janvier 2020 est entachée d'un défaut de motivation, dès lors qu'elle n'est motivée ni en droit ni en fait ;

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que la commission de réforme du 10 décembre 2019, qui ne pouvait prendre en compte l'expertise du Dr C, doit être regardée comme n'ayant pas rendu d'avis ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors que les soins et traitements qu'elle reçoit sont en lien direct avec son accident de service et que leur défaut aurait des conséquences importantes sur son état de santé ;

- elle est entachée d'une seconde erreur d'appréciation, dès lors qu'elle ne distingue pas les soins relatifs à chacun des accidents de service les ayant engendrés ;

- la décision du 9 juillet 2021, qui se substitue à celle du 7 janvier 2020, est entachée d'un vice de procédure, dès lors que l'avis de la commission de réforme du 7 juillet 2020 fait l'objet d'une instance devant la cour administrative d'appel de Douai ;

- elle est entachée d'incompétence, dès lors que l'autorité administrative s'est crue liée par l'avis de la commission de réforme du 7 juillet 2020 ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle ne fait pas droit à l'ensemble des demandes de sa requête, de sorte que l'exception de non-lieu à statuer n'est pas justifiée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors que les frais de dépenses pharmaceutiques, examens médicaux, kinésithérapie avec balnéothérapie, réadaptation fonctionnelle, consultations des médecins, professeurs, psychothérapie et aide-ménagère ne sont pas pris en charge.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juillet 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut à ce qu'il n'y ait pas lieu de statuer sur la requête.

Par ordonnance du 7 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 23 novembre 2022, à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, dans sa rédaction alors en vigueur ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984, dans sa rédaction alors en vigueur ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure,

- et les conclusions de M. Richard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, contrôleure des finances publiques à la direction départementale des finances publiques de l'Aisne, a subi une chute le 23 octobre 1990, reconnue imputable au service. Par une décision du 7 janvier 2020, dont Mme B demande l'annulation, la directrice départementale des finances publiques de l'Aisne a refusé la prise en charge de l'ensemble des soins et frais médicaux consécutifs à l'accident du 23 octobre 1990 à compter du 1er février 2020.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

2. Par une décision du 9 juillet 2021, la direction départementale des finances publiques de l'Aisne a accepté de prendre en charge les frais médicaux consécutifs à l'accident de service du 23 octobre 1990 jusqu'à la date de consolidation de la requérante fixée au 3 mars 2020, ainsi que certains frais de soins post-consolidation. Cette décision doit être regardée comme se substituant à la décision du 7 janvier 2020, sur la légalité de laquelle il n'y a plus lieu de statuer.

3. En revanche, la décision du 9 juillet 2021 refuse, à compter du 3 mars 2020, la prise en charge des frais d'aide-ménagère et de psychothérapie également demandée par la requérante. Les conclusions de Mme B dirigées à l'encontre de cette décision, qui doivent être regardées comme ne tendant à son annulation que dans cette mesure alors qu'elle fait pour le surplus droit à sa demande, conservent leur objet et il y a lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 juillet 2021 en tant qu'elle refuse la prise en charge des frais d'aide-ménagère et de psychothérapie à compter du 3 mars 2020 :

4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent./

A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () " et selon l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Par ailleurs, aux termes du I de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction alors en vigueur, qui reprend sur ce point, s'agissant de la fonction publique de l'Etat, les dispositions du 2° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service (). / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident () ".

5. La décision attaquée, en tant qu'elle refuse la prise en charge de soins au titre du régime des accidents imputables au service, est au nombre de celles qui " refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir " et qui doivent, par suite, être motivées en application du 6° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.

6. La décision du 9 juillet 2021 ne mentionne pas les dispositions légales ou réglementaires sur lesquelles elle se fonde, qui n'étaient d'ailleurs pas plus indiquées aux termes de la décision du 7 janvier 2020 à laquelle elle se substitue. Au surplus, la décision du 9 juillet 2021 se borne à se référer à un avis de la commission de réforme de l'Aisne du 7 juillet 2020, qui ne lui est pas joint, et dont ni la teneur, ni le sens ne sont par ailleurs précisés. Par suite,

Mme B est fondée soutenir que cette décision est insuffisamment motivée et à demander, pour ce motif et sans qu'il doit besoin d'examiner les autres moyens qu'elle présente à l'appui de ses conclusions, son annulation en tant qu'elle refuse la prise en charge des frais d'aide-ménagère et de psychothérapie à compter du 3 mars 2020.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision de la directrice départementale des finances publiques de l'Aisne du

7 janvier 2020.

Article 2 : La décision de la directrice départementale des finances publiques de l'Aisne du 9 juillet 2021 est annulée en tant qu'elle refuse à Mme B la prise en charge des frais d'aide-ménagère et de psychothérapie à compter du 3 mars 2020.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée à la directrice départementale des finances publiques de l'Aisne.

Délibéré après l'audience du 21 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Binand, président,

- M. Thérain, président assesseur,

- Mme Rondepierre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.

La rapporteure,

signé

A. Rondepierre

Le président,

signé

C Binand

La greffière,

signé

S. Chatellain

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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