mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2001402 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 mai 2020 et le 19 février 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) Meressan Développement et la société civile immobilière (SCI) Meressan, représentées par Me Jobelot, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération n°3/2020 en date du 5 mars 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes des Sablons a approuvé la révision du schéma de cohérence territoriale (SCOT) des Sablons ;
2°) de mettre à la charge de la communauté de communes des Sablons la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la délibération attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 143-28 du code de l'urbanisme dès lors que le SCOT est caduc ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 143-20 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'est pas démontré que le projet a été soumis aux communes-membres ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 123-8 du code de l'environnement dès lors que le résumé non-technique de l'évaluation environnementale est insuffisant en ce qu'il n'est qu'un copier-coller du rapport de présentation de 2014 alors que les parties recopiées concernent des données essentielles ;
- le rapport de présentation est insuffisant dès lors qu'il ne comporte aucune donnée à jour ni d'analyse précise et détaillée des espaces naturels, agricoles et forestiers pour la période 2008-2018, qu'il n'explicite pas la compatibilité et la prise en compte des documents listés par les dispositions des articles L. 131-1 et L. 131-2 du code de l'urbanisme et qu'il n'expose pas les motifs des changements apportés en méconnaissance des dispositions de l'article R. 141-4 du code de l'urbanisme ;
- la délibération attaquée méconnait les dispositions de l'article L. 143-18 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'est pas démontré qu'un débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables a eu lieu ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 141-4 du code de l'urbanisme dès lors que le projet d'aménagement et de développement durables ne prend pas en compte les temps de déplacement des habitants ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 2121-12 et L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales dès lors qu'il n'est pas démontré que les conseillers communautaires n'ont pas été régulièrement convoqués et suffisamment informés ;
- le parti d'aménagement retenu quant au phasage du développement des secteurs de la zone d'activité concertée " Nouvelle France " est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la délibération attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors que le SCOT révisé ne pouvait être aussi prescriptif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2020, la communauté de communes des Sablons, représentée par Me Quennehen, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la SARL Meressan Développement et la SCI Meressan en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par la SARL Meressan Développement et la SCI Meressan ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Lapaquette, rapporteur public,
- les observations de Me Lafont substituant Me Jobelot, représentant la SARL Meressan Développement et la SCI Meressan ;
- et les observations de Me Delort, substituant Me Quennehen, représentant la communauté de communes des Sablons.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération n°3/2020 en date du 5 mars 2020, le conseil communautaire de la communauté de communes des Sablons a approuvé la révision du schéma de cohérence territoriale (SCOT) des Sablons. La société à responsabilité limitée (SARL) Meressan Développement et la société civile immobilière (SCI) Meressan, demandent l'annulation de cette délibération.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 143-28 du code de l'urbanisme en vigueur à la date de la délibération attaquée : " Six ans au plus après la délibération portant approbation du schéma de cohérence territoriale, la dernière délibération portant révision complète de ce schéma, ou la délibération ayant décidé son maintien en vigueur en application du présent article, l'établissement public prévu à l'article L. 143-16 procède à une analyse des résultats de l'application du schéma, notamment en matière d'environnement, de transports et de déplacements, de maîtrise de la consommation de l'espace, d'implantations commerciales et, en zone de montagne, de réhabilitation de l'immobilier de loisir et d'unités touristiques nouvelles structurantes, et délibère sur son maintien en vigueur ou sur sa révision partielle ou complète. / Cette analyse est communiquée au public et à l'autorité administrative compétente en matière d'environnement, mentionnée à l'article L. 104-6. / A défaut d'une telle délibération, le schéma de cohérence territoriale est caduc.".
3. A la date de la délibération attaquée, le délai de six ans à compter de la délibération du 20 mars 2014 approuvant le SCOT des Sablons, prévu par le premier alinéa de l'article L. 143-28 du code de l'urbanisme cité au point précédent, n'était pas expiré. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de la délibération attaquée en conséquence de l'absence d'analyse des résultats de l'application du SCOT dans ce délai de six ans et de la caducité de celui-ci qui en résulte doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que, consécutivement à l'adoption de la délibération n° 112-2019 du 26 septembre 2019 arrêtant le projet de révision du SCOT des Sablons, le président de la communauté de communes des Sablons a invité les communes membres de cet établissement, par courrier du 4 octobre 2019, à présenter leurs observations sur ce projet dans un délai de trois mois. Par suite, la délibération attaquée ne méconnait pas les dispositions du 2° de l'article L. 143-20 du code de l'urbanisme en vigueur à la date de son approbation, qui prévoient que le projet de SCOT est soumis pour avis aux communes et groupements de communes membres de l'établissement public qui l'a arrêté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 104-7 du code de l'environnement en vigueur à la date de la délibération attaquée : " Les schémas de cohérence territoriale font l'objet d'une évaluation environnementale à l'occasion : () ;/ 2° De leur révision ; / () ". Aux termes de l'article R. 123-8 même code en vigueur à la date de la délibération attaquée : " Le dossier soumis à l'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet, plan ou programme. / Le dossier comprend au moins : / "1° Lorsqu'ils sont requis : / a) L'étude d'impact et son résumé non technique, ou l'étude d'impact actualisée dans les conditions prévues par le III de l'article L. 122-1-1, ou le rapport sur les incidences environnementales et son résumé non technique ; / () ".
6. Si la société requérante soutient que le résumé non technique n'est que le " décalque " des pages 225, 232 à 239 du rapport de présentation du SCOT approuvé le 20 mars 2014, il ressort toutefois des pièces du dossier que la page 225 présente uniquement la méthodologie retenue et que les pages 232 à 239 reprennent la description des deux scénarios d'aménagement souhaités par les auteurs du SCOT et dont il ne ressort pas de l'objet de la révision que ces derniers ont souhaité les modifier. Il ressort, par ailleurs, du rapport d'enquête que le résumé non technique a été développé afin de prendre en compte l'avis de la mission régionale d'autorité environnementale du 17 janvier 2020 d'améliorer la présentation des éléments de l'état initial de l'environnement. Par suite, le moyen tiré de ce que la délibération attaquée méconnait les dispositions de l'article R. 123-8 du code de l'urbanisme citées au point précédent en ce que le résumé non-technique de l'évaluation environnementale serait insuffisant sur ces points doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 141-3 du code de l'urbanisme en vigueur à la date de la délibération attaquée : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables et le document d'orientation et d'objectifs en s'appuyant sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques, notamment au regard du vieillissement de la population et des besoins répertoriés en matière de développement économique, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'agriculture, de préservation du potentiel agronomique, d'équilibre social de l'habitat, de transports, d'équipements et de services. / () / Il présente une analyse de la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'arrêt du projet de schéma et justifie les objectifs chiffrés de limitation de cette consommation compris dans le document d'orientation et d'objectifs. / () ".
8. D'une part, il ressort du rapport de présentation " diagnostic territorial " que les prévisions économiques et démographiques du diagnostic ont été établies, s'agissant des données relatives à la démographie, à partir des derniers chiffres mis à disposition par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), les auteurs du SCOT précisant que " les données antérieures à la révision ont été conservées lorsqu'il n'y avait pas de données plus récentes ou que l'historique des données alimente le diagnostic du territoire ". En particulier, s'agissant des données relatives à l'habitat, le rapport de présentation précise que celui-ci repose sur des données de longues périodicités sur les derniers chiffres établis notamment par l'INSEE jusqu'en 2016. S'agissant des données économiques, les auteurs du SCOT ont pris en compte des données disponibles en 2015 mais aussi en 2017 pour le secteur de l'emploi, 2018 pour le recensement général de l'agriculture, de l'activité commerciale ou encore 2019 pour le déploiement de la fibre ou les projets d'équipements. Par suite, le moyen tiré de ce que le rapport de présentation serait insuffisant dès lors que les prévisions économiques et démographiques sont réalisées sur des données anciennes, alors que les sociétés requérantes n'apportent aucun élément de nature à démontrer que des données plus récentes étaient disponibles, doit être écarté.
9. D'autre part, il ressort du rapport de présentation " justification des choix " que celui-ci établit une analyse de la consommation foncière des espaces de manière globale sur les dix dernières années selon la nature de la consommation (en extension ou en densification) et l'objet de la consommation (habitat, activités et équipements) et procède à une cartographie. Par suite, le moyen tiré de ce que le rapport de présentation serait insuffisant dès lors qu'il ne présente pas une analyse de la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix dernières années doit également être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 131-1 du code de l'urbanisme en vigueur à la date de la délibération attaquée : " Les schémas de cohérence territoriale sont compatibles avec : 1° Les dispositions particulières au littoral et aux zones de montagne prévues aux chapitres I et II du titre II ou les modalités d'application de ces dispositions particulières lorsqu'elles ont été précisées pour le territoire concerné par une directive territoriale d'aménagement prévue par l'article L. 172-1 ; / 2° Les règles générales du fascicule du schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires prévu à l'article L. 4251-3 du code général des collectivités territoriales pour celles de leurs dispositions auxquelles ces règles sont opposables ; / 3° Le schéma directeur de la région d'Ile-de-France prévu à l'article L. 123-1 ; / 4° Les schémas d'aménagement régional de la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, Mayotte et La Réunion prévus à l'article L. 4433-7 du code général des collectivités territoriales ; / 5° Le plan d'aménagement et de développement durable de Corse prévu à l'article L. 4424-9 du code général des collectivités territoriales ; / 6° Les chartes des parcs naturels régionaux prévues à l'article L. 333-1 du code de l'environnement ; / 7° Les chartes des parcs nationaux prévues à l'article L. 331-3 du code de l'environnement ; / 8° Les orientations fondamentales d'une gestion équilibrée de la ressource en eau et les objectifs de qualité et de quantité des eaux définis par les schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux prévus à l'article L. 212-1 du code de l'environnement ; / 9° Les objectifs de protection définis par les schémas d'aménagement et de gestion des eaux prévus à l'article L. 212-3 du code de l'environnement ; / 10° Les objectifs de gestion des risques d'inondation définis par les plans de gestion des risques d'inondation pris en application de l'article L. 566-7 du code de l'environnement, ainsi qu'avec les orientations fondamentales et les dispositions de ces plans définies en application des 1° et 3° du même article L. 566-7 ; / 11° Les directives de protection et de mise en valeur des paysages prévues à l'article L. 350-1 du code de l'environnement ; / 12° Les dispositions particulières aux zones de bruit des aérodromes prévues à l'article L. 112-4. " Aux termes de l'article L. 131-2 du code de l'urbanisme en vigueur à la date de la délibération attaquée : " Les schémas de cohérence territoriale prennent en compte : / 1° Les objectifs du schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires prévu à l'article L. 4251-3 du code général des collectivités territoriales ; / 2° Les schémas régionaux de cohérence écologique prévus à l'article L. 371-3 du code de l'environnement ; / 3° Les schémas régionaux de développement de l'aquaculture marine prévus à l'article L. 923-1-1 du code rural et de la pêche maritime ; / 4° Les programmes d'équipement de l'Etat, des collectivités territoriales et des établissements et services publics ; / 5° Les schémas régionaux des carrières prévus à l'article L. 515-3 du code de l'environnement ; / 6° Les schémas départementaux d'accès à la ressource forestière ".
11. Il ressort de l'évaluation environnementale que, à la date de la délibération attaquée, le schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires de la région des Hauts de France n'a pas été approuvé, que le schéma régional climat air énergie Picardie a été annulé par la cour administrative d'appel de Douai le 14 juin 2016, que les objectifs du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) Seine-Normandie dans sa version en vigueur pour la période 2010 - 2015, dès lors que le SDAGE 2016-2021 approuvé le 1er décembre 2015 a été annulé par le tribunal administratif de Paris en 2018, ont été pris en compte aux points 3.1.1, 3.1.2, 3.1.3, 3.3.1, 3.3.2 et 3.5.3 du document d'orientions et d'objectifs (DOO) du SCOT et que les objectifs du plan de gestion des risques inondation ont été intégrés dans la troisième partie du projet d'aménagement et de développement durables (PADD). Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 131-1 et celles de l'article L. 131-2 du code de l'urbanisme rappelées au point précédent doit être écarté.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 141-4 du code de l'urbanisme en vigueur à la date de la délibération attaquée : " En cas de révision, de modification, ou de mise en compatibilité du schéma de cohérence territoriale, le rapport de présentation est complété par l'exposé des motifs des changements apportés. ".
13. Si la partie du rapport de présentation se rapportant au diagnostic territorial ne précise pas les changements apportés par la révision, l'exposé des motifs de ces changements figure dans la partie de ce rapport consacrée à la justification des choix. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 141-4 du code de l'urbanisme cité au point précédent manque en fait et doit être écarté.
14. En septième lieu, il ressort de la délibération du 21 mars 2019 qu'un débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) s'est tenu lors de la séance du conseil communautaire du même jour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 143-8 du code de l'urbanisme doit être écarté.
15. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 141-4 du code de l'urbanisme en vigueur à la date de la délibération attaquée : " Le projet d'aménagement et de développement durables fixe les objectifs des politiques publiques d'urbanisme, du logement, des transports et des déplacements, d'implantation commerciale, d'équipements structurants, de développement économique, touristique et culturel, de développement des communications électroniques, de qualité paysagère, de protection et de mise en valeur des espaces naturels, agricoles et forestiers, de préservation et de mise en valeur des ressources naturelles, de lutte contre l'étalement urbain, de préservation et de remise en bon état des continuités écologiques. En matière de déplacements, ces objectifs intègrent une approche qualitative prenant en compte les temps de déplacement. / Lorsque le périmètre d'un schéma de cohérence territoriale recouvre en tout ou partie celui d'un pays ayant fait l'objet d'une publication par arrêté préfectoral, le projet d'aménagement et de développement durables du schéma de cohérence territoriale prend en compte la charte de développement du pays ".
16. Il ressort de l'objectif 1.5 du PADD " organiser les déplacements des personnes sur le territoire du SCOT et avec l'extérieur " que les auteurs du SCOT ont fixé, en matière de déplacement, des objectifs qui intègrent une approche qualitative en prenant en compte les temps de déplacement. En particulier, ils ont souhaité disposer d'un système de déplacements performant pour le territoire et vers les territoires voisins en s'appuyant sur l'offre existante en matière de déplacement, en renforçant le rôle structurant des gares du territoire en favorisant notamment leur inter-modalité et en améliorant le maillage routier. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 141-4 du code de l'urbanisme citées au point précédent concernant les temps de déplacement, qui n'imposent pas de procéder à une approche quantitative, doit être écarté.
17. En neuvième lieu, aux termes de l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales dans sa rédaction en vigueur : " Les dispositions du chapitre Ier du titre II du livre Ier de la deuxième partie relatives au fonctionnement du conseil municipal sont applicables au fonctionnement de l'organe délibérant des établissements publics de coopération intercommunale, en tant qu'elles ne sont pas contraires aux dispositions du présent titre. / Pour l'application des dispositions des articles L. 2121-8, L. 2121-9, L. 2121-11, L. 2121-12, L. 2121-19 et L. 2121-22 et L2121-27-1, ces établissements sont soumis aux règles applicables aux communes de 3 500 habitants et plus s'ils comprennent au moins une commune de 3 500 habitants et plus. Ils sont soumis aux règles applicables aux communes de moins de 3 500 habitants dans le cas contraire () ". Aux termes de l'article L. 2121-10 du même code, dans sa rédaction en vigueur : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est adressée par écrit, au domicile des conseillers municipaux ou, s'ils en font la demande, envoyée à une autre adresse ou transmise de manière dématérialisée ". Aux termes de l'article L. 2121-12 du même code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. () / Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs. En cas d'urgence, le délai peut être abrégé par le maire sans pouvoir être toutefois inférieur à un jour franc () ". Et selon l'article L. 2121-13 de ce code : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération ".
18. D'une part, il résulte de ces dispositions que la convocation aux réunions d'un conseil communautaire doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour. Le défaut d'envoi de cette note ou son insuffisance entache d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le président du conseil communautaire n'ait fait parvenir aux membres du conseil, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés, à qui il est au demeurant loisible de solliciter des précisions ou explications conformément à l'article L. 2121-13 du même code, une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises. D'autre part, les membres du conseil communautaire appelés à délibérer doivent disposer, avant la séance, de l'ensemble du projet de plan local d'urbanisme que la délibération a pour objet d'approuver, et que s'ils doivent pouvoir obtenir communication des autres pièces et documents nécessaires à leur information sur l'approbation de ce plan, aucun texte ni aucun principe n'impose toutefois au président de leur communiquer ces pièces et documents en l'absence d'une demande de leur part.
19. Il ressort des pièces du dossier que préalablement à la séance du conseil communautaire du 5 mars 2020 au cours de laquelle la révision du SCOT a été approuvée, les membres du conseil communautaire ont reçu une convocation en date du 20 février 2020 mentionnant l'ordre de jour dont " l'approbation du SCOT ", ainsi qu'une note de synthèse, détaillant les étapes de la procédure et de ce que l'avis du commissaire enquêteur était favorable mais assorti de réserves pris en compte. Si la note de synthèse ne précise pas les changements apportés ainsi que leur explication, elle fait toutefois explicitement référence au mémoire en réponse aux observations des participants à l'enquête publique, également annexé à celle-ci, concernant les modifications apportées et justifiées. En complément, les conseillers communautaires disposaient également d'un lien de téléchargement comportant les documents relatifs au dossier du projet du SCOT révisé objet de la délibération attaquée. Si les sociétés requérantes soutiennent que la note de synthèse indique que le commissaire enquêteur a émis un avis favorable avec réserves sans en préciser la teneur détaillée il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que les conseillers communautaires auraient sollicité en vain la communication de cet avis. Dans ces conditions, les sociétés requérantes ne sont pas fondées à soutenir que les conseillers communautaires ont été irrégulièrement convoqués ou insuffisamment informés préalablement à l'approbation de la délibération attaquée. Par suite, le moyen doit être écarté.
20. En dixième lieu, la SARL Meressan Développement et la SCI Meressan soutiennent que la définition du rythme de développement de la zone d'aménagement concerté (ZAC) " Nouvelle France " implantée sur les communes de Méru et d'Esches en différentes phases selon un ordre de priorité, et dont la consommation maximale autorisée par zone d'extension est fixée à 42 ha, pour les zones A, B et C, pour la période 2020 à 2035, telle que retenue par le parti d'aménagement, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
21. Il ressort du rapport de présentation que les auteurs du SCOT ont souhaité organiser le développement économique du territoire en confortant le réseau structuré des zones d'activité pour l'accueil des emplois et permettre l'implantation d'activités économiques d'envergure, en favorisant l'implantation d'une offre commerciale équilibrée et en développant notamment le tissu des entreprises artisanales. Aussi, les auteurs du SCOT ont ciblé les zones d'activités pouvant faire l'objet d'un développement, situées principalement dans les zones d'activités existantes dont la ZAC " Nouvelle France ", au sein desquelles une enveloppe maximale d'espace naturel pouvant être consommée a été déterminée, représentant 155 hectares pour la même période, au niveau intercommunal, et justifiée pour des raisons de limitation de l'artificialisation des terres et la consommation des terres agricoles ou naturelles. Les auteurs du SCOT ont souhaité une consommation d'espace à destination d'activités au sein du territoire, moins soutenue sur les quinze prochaines années que lors des dix dernières années. Pour ce faire, au sein de la ZAC " Nouvelle France ", les zones A, B et C ont été classées en priorité 1 et 2 pouvant être aménagées immédiatement et sur l'ensemble de la durée du SCOT dont 12 hectares dans la zone B, située en extension de la zone des marquises, seule zone retenue pour accueillir de nouvelles implantations commerciales dépassant 1 000 m² de surface de vente sur le territoire des Sablons qui sera aménagée en priorité au même titre que la zone C de 11 hectares devant accueillir de l'activité industrielle et artisanale. La zone A a été inscrite en priorité 2 et sera aménagée en complément des zones B et C et les zones D, E et F classées en priorité 3 et 4 ont été définies comme des zones dont l'aménagement sera réalisé sur une période postérieure à une période de dix ans après la consommation des zones A, B et C.
22. Les requérantes soutiennent que l'extension de la ZAC de la " Reine Blanche " sur 35 hectares, est contradictoire avec l'objectif de limitation de la consommation foncière recherché par les auteurs du SCOT et que la ZAC " Nouvelle France " dispose de plusieurs zones d'ores et déjà en cours d'aménagement notamment dans les zones D, E et F. Toutefois, ils ne peuvent utilement invoquer sur ce dernier point la circonstance que des promesses de vente de terrains ont été conclues dès lors que celles-ci sont postérieures à la délibération attaquée. En outre, le parti d'aménagement consiste également, ainsi qu'il a été dit au point précédent, à organiser le développement économique du territoire en confortant le réseau structuré des zones d'activité pour l'accueil des emplois et permettre l'implantation d'activités économiques d'envergure tout en favorisant l'implantation d'une offre commerciale équilibrée par le développement, notamment, du tissu des entreprises artisanales. En l'espèce, le développement de la ZAC " Reine Blanche ", privilégié par le projet d'échangeur Nord de l'autoroute A16 à proximité, a pour but d'assurer un rééquilibrage de l'offre commerciale sur le territoire, également dans les pôles ruraux, en particulier celui de Saint-Crépin-Ibouvillers, en lien avec l'enjeu de répartition de la production de l'habitat sur le territoire et de création de l'emploi pour accompagner la croissance démographique.
23. Dans ces conditions, la délibération attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
24. En onzième et dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 141-6 du code de l'urbanisme applicable à la date de la délibération attaquée : " Le document d'orientation et d'objectifs arrête, par secteur géographique, des objectifs chiffrés de consommation économe de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain et décrit, pour chacun d'eux, les enjeux qui lui sont propres ". Aux termes des dispositions de l'article L. 141-7 du même code applicable à la date de la délibération attaquée : " Le document d'orientation et d'objectifs peut, dans des secteurs qu'il délimite en prenant en compte leur desserte par les transports collectifs, l'existence d'équipements collectifs et des protections environnementales ou agricoles, déterminer la valeur au-dessous de laquelle ne peut être fixée la densité maximale de construction résultant de l'application de l'ensemble des règles définies par le plan local d'urbanisme ou du document en tenant lieu. ". Aux termes des dispositions de l'article L. 141-8 du même code applicable à la date de la délibération attaquée : " Le document d'orientation et d'objectifs peut, sous réserve d'une justification particulière, définir des secteurs, situés à proximité des transports collectifs existants ou programmés, dans lesquels les plans locaux d'urbanisme doivent imposer une densité minimale de construction ".
25. Il résulte des dispositions citées au point précédent que, contrairement à ce que soutiennent les sociétés requérantes, à la date de la délibération attaquée, le DOO pouvait prescrire des objectifs chiffrés en matière de consommation foncière maximale par secteur géographique. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
26. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL Meressan Développement et la SCI Meressan ne sont pas fondées à demander l'annulation de la délibération attaquée.
Sur les frais liés au litige :
27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes des Sablons, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la SARL Meressan Développement et la SCI Meressan au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la SARL Meressan Développement et de la SCI Meressan une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la communauté de communes des Sablons et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Meressan Développement et de la SCI Meressan est rejetée.
Article 2 : La SARL Meressan Développement et la SCI Meressan verseront à la communauté de communes des Sablons une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Meressan Développement, à la
SCI Meressan et à la communauté de communes des Sablons.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Binand, président,
Mme A et Mme B, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
D. A
Le président,
Signé
C. Binand
Le greffier,
Signé
N. Verjot
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°200140
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026