lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2002559 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CARON - DAQUO - AMOUEL - PEREIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 août 2020, Mme B A, représentée par
Me Pereira, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 mars 2020 par laquelle le directeur général de l'office français de protection des réfugiés et du droit d'asile a rejeté sa demande de reconnaissance du statut d'apatride ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'office français de protection des réfugiés et du droit d'asile de lui reconnaitre le statut d'apatride.
Elle soutient que :
- la décision attaquée méconnaît l'article 1er de la convention de New-York du
28 septembre 1954 dès lors elle n'est pas en mesure d'effectuer des démarches auprès des autorités éthiopiennes ou d'autorités tierces de nature à permettre la délivrance de documents d'identité ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle et porte atteinte à sa dignité dès lors qu'elle rencontre de nombreuses difficultés dans sa vie quotidienne en raison de son absence de documents d'identité alors que son mari a le statut de réfugié et qu'elle a deux enfants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2021, le directeur général de l'office français de protection des réfugiés et du droit d'asile conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Le demande d'aide juridictionnelle de Mme A a été refusée par une décision du
19 août 2020.
Par ordonnance du 3 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 octobre 2021 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard, rapporteur,
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Pereira, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, qui déclare être née le 1er janvier 1995 à Gondar en Ethiopie, est entrée en France en juin 2015. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 30 novembre 2016, confirmée par la cour nationale du droit d'asile le 28 juin 2018. Elle a déposé le 11 avril 2019 une demande de reconnaissance du statut d'apatride. Par une décision du 28 mars 2020 dont l'intéressée demande l'annulation, le directeur général de l'office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1er de la convention de New-York du
28 septembre 1954 susvisée : " () Le terme " apatride " désigne une personne qu'aucun Etat ne considère comme son ressortissant par application de sa législation () ". Aux termes de l'article L. 812-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides. Ces personnes sont régies par les dispositions applicables aux apatrides en vertu de cette convention ". Il résulte de ces stipulations et de ces dispositions qu'il incombe à toute personne se prévalant de cette qualité d'apporter la preuve qu'en dépit de démarches répétées et assidues, l'Etat de la nationalité de laquelle elle se prévaut a refusé de donner suite à ses démarches.
3. Si Mme A soutient avoir quitté l'Ethiopie, où elle est née, à l'âge de 10 ans pour se réfugier au Soudan et en Lybie avant d'entrer sur le territoire français en juin 2015 et ne disposer d'aucun document d'identité et d'aucune information sur l'état-civil de ses parents aujourd'hui décédés ou sur son lieu de naissance, il n'est pas contesté qu'elle a déclaré être née à Addi Arkay en Ethiopie lors de sa demande d'asile. Par ailleurs, Mme A ne fournit aucun élément de nature à établir qu'elle a effectué une quelconque démarche auprès de l'administration éthiopienne afin de se faire reconnaitre la qualité de ressortissant de ce pays ou que ces démarches étaient impossibles. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions citées au point précédent.
4. En second lieu, les difficultés que rencontre Mme A dans sa vie quotidienne du fait de son absence de documents d'identité sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée qui se borne à constater que l'intéressée ne remplit pas les conditions pour se voir reconnaitre le statut d'apatride.
5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée. En conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur général de l'office français de protection des réfugiés et du droit d'asile.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- M. Truy, premier conseiller,
- M. Richard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
J. Richard
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026