mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2002566 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET SOULE-LANCKRIET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 juillet 2020, le 20 novembre 2020, le 18 février 2021 et le 19 février 2024, Mme C A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 janvier 2020 par lequel le maire de la commune de Mortefontaine ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux n° DP 002 528 19 Z0004 portant pose d'une clôture et d'un portail coulissant à Mortefontaine.
2°) de condamner la commune de Mortefontaine à lui verser une somme de 1 euro.
Elle soutient que :
- elle justifie d'un intérêt à agir en tant que voisine du projet et dans l'intérêt des habitants de la commune ;
- l'arrêté est entaché de vice de procédure en l'absence de consultation de l'architecte des bâtiments de France et des services instructeurs de l'Etat sur le portail en cause ;
- le pétitionnaire n'a pas justifié de sa qualité de propriétaire ;
- l'affichage en mairie n'a pas permis d'assurer l'information suffisante des habitants de la commune s'agissant de la pose de portail et n'a duré que 17 jours ;
- les représentations produites dans le dossier de demande d'autorisation ne permettent pas d'apprécier suffisamment l'insertion du projet dans son environnement ;
- l'arrêté du 16 janvier 2020 méconnaît le refus déjà opposé à un tel projet en 2008 qui demeure en vigueur ;
- le projet attaqué ne s'insère pas harmonieusement dans le site d'époque renaissance faisant l'objet d'une protection patrimoniale tant à raison de la proximité du bâtiment abritant les services de la mairie protégé au titre des monuments historiques que de celle des piliers d'époque renaissance du portail de son propre immeuble ;
- l'arrêté attaqué méconnait le principe d'égalité et est entaché de détournement de pouvoir dès lors qu'il vise à favoriser l'intérêt privé du pétitionnaire, premier adjoint au maire, en lui évitant de supporter le coût des travaux nécessaires à la bonne insertion dans le site ;
- le comportement du maire est susceptible de l'exposer à des sanctions pénales, notamment au titre de l'article 441-1 du code pénal, qui l'ont conduite à saisir le procureur de la République ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2020, le maire de la commune de Mortefontaine et M. D B, représentés par Me Lanckriet concluent au rejet de la requête et à la mise à la charge de la requérante d'une somme de 1 500 euros chacun.
Ils font valoir que :
- la requête est irrecevable à défaut d'accomplissement de la formalité prévue à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, d'intérêt à agir au sens de l'article L. 600-2 de ce code et de production des justificatifs prévus à l'article R. 600-4 de ce code ;
- les moyens de la requête de Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de l'urbanisme ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens /5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".
2. D'une part, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou un permis de construire, d'aménager ou de démolir. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 612-1 du code de justice administrative : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. ". Aux termes de l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme dans sa rédaction alors en vigueur : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. ()/ Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable./ En outre, dans les huit jours de la délivrance expresse ou tacite du permis ou de la décision de non-opposition à la déclaration préalable, un extrait du permis ou de la déclaration, le cas échéant accompagné de la décision explicite de l'autorité administrative mentionnée au II de l'article L. 632-2 du code du patrimoine, est publié par voie d'affichage à la mairie pendant deux mois ()/ La publication par voie d'affichage en mairie prévue au troisième alinéa peut être remplacée par une publication par voie électronique sur le site internet de la commune. / Un arrêté du ministre chargé de l'urbanisme règle le contenu et les formes de l'affichage."
4. Mme A demande au tribunal d'annuler de l'arrêté du 16 janvier 2020 par lequel le maire de la commune de Mortefontaine ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux n° DP 002 528 19 Z0004 déposée par M. B portant sur la pose d'une clôture et d'un portail au à Mortefontaine. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que la requérante aurait notifié son recours contentieux conformément aux prescriptions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. En réponse au courrier du greffe du 17 janvier 2024, dont elle a accusé réception le 2 février 2024, l'invitant à justifier de cette notification, la requérante s'est bornée à produire la copie de plusieurs courriers adressés au maire de Mortefontaine en février 2020, à l'occasion de son recours gracieux, et n'a ainsi procédé à aucune régularisation de sa requête comme exigé par les dispositions précitées. A cet égard, et alors qu'il n'est pas soutenu que l'affichage de cet arrêté n'a pas été effectué sur le terrain par son bénéficiaire dans les formes prescrites par le premier alinéa de cet article, la circonstance avancée par Mme A, que l'arrêté du 16 janvier 2020 n'aurait pas été publié par affichage en mairie durant toute la durée prescrite par les dispositions du troisième alinéa de l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme, est, sans incidence, à la supposer même établie.
5. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme A ne peuvent qu'être rejetées comme manifestement irrecevables par application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions tendant à ce que la commune de Mortefontaine verse une somme de 1 euros à Mme A, à les supposer présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées dès lors que la commune n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Enfin, dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A la somme que la commune de Mortefontaine et M. B demandent au titre des mêmes dispositions
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Mortefontaine et de M. B présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A, à la commune de Mortefontaine et à M. D B.
Fait à Amiens, le 31 décembre 2024.
Le président de la 4ème chambre
Signé
C. BINAND
La République mande et ordonne à la préfète de l'Aisne, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026