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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2003063

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2003063

vendredi 30 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2003063
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantHOMEHR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 septembre 2020, M. A B, représenté par Me Homehr, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le centre hospitalier de Beauvais a rejeté sa demande en date du 29 juillet 2019 et reçue le 30 juillet 2019, tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie lombaire et à la prise en charge de ses arrêts maladie au titre d'une maladie professionnelle à compter du 8 juillet 2018 ;

2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Beauvais de réexaminer sa situation sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter d'un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de condamner le centre hospitalier de Beauvais à lui verser une somme de 2120 euros par mois depuis le 8 février 2016 jusqu'à la date de sa mise à la retraite pour invalidité ;

4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Beauvais la somme de 2000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 avril 2021, le centre hospitalier de Beauvais conclut au rejet de la requête.

Il soutient à titre principal que la requête est irrecevable dès lors que :

- elle tend aux mêmes fins que sa requête n° 1902601 ayant donné lieu à un jugement du tribunal administratif en date du 23 juin 2020 ;

- elle est irrecevable car présentée au-delà du délai recours contentieux de deux mois à compter de la naissance de la décision implicite de rejet prévu par l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;

Il soutient à titre subsidiaire que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle, au taux de 25 %, par une décision en date du 21 septembre 2020.

Vu :

- les autres pièces du dossier,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ".

2. Aux termes de l'article L. 231-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le silence gardé pendant deux mois par l'administration sur une demande vaut décision d'acceptation ". Selon l'article L. 231-4 du même code : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : / () 5° Dans les relations entre l'administration et ses agents. ". L'article R. 421-1 du code de justice administrative, dans sa rédaction issue du décret du 2 novembre 2016, dispose que : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-2 du même code : " sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet () ". Le même décret du 2 novembre 2016 a, par son article 10, supprimé à l'article R. 421-3 du code de justice administrative l'exception qui prévoyait que le délai de recours de deux mois ne courait qu'à compter d'une décision expresse " en matière de plein contentieux ". En outre, l'article 35 du décret du 2 novembre 2016, qui fixe les conditions de son entrée en vigueur, prévoit que : " I. - Le présent décret entre en vigueur le 1er janvier 2017. / II. - Les dispositions des articles 9 et 10 () sont applicables aux requêtes enregistrées à compter de cette date ". Enfin, en vertu de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code aux termes desquels " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ", ni celles de son article L. 112-6 qui dispose que " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation () ".

3. M. B demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le centre hospitalier de Beauvais a rejeté sa demande en date du 29 juillet 2019 tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie lombaire à compter du 8 juillet 2018 et à la prise en charge de ses arrêts de travail au titre de la maladie professionnelle à compter de cette même date. Il demande également au tribunal de condamner le centre hospitalier de Beauvais à l'indemniser du préjudice financier subi du fait de l'illégalité de la décision rejetant sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie lombaire et de la prise en charge de ses arrêts de travail au titre de la maladie professionnelle.

4. Il ressort des pièces du dossier que la demande de M. B en date du 29 juillet 2019, qui visait tant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie lombaire qu'à l'indemnisation du préjudice subi du fait du refus de la prise en charge de ses arrêts de travail au titre de la maladie professionnelle, a été reçue par le centre hospitalier de Beauvais le 30 juillet 2019. Par suite, une décision implicite de rejet de ses deux demandes est née le 30 septembre 2019. M. B disposait d'un délai de deux mois à compter de cette date pour former un recours, en application des dispositions de l'article R. 421-2 du code de justice administrative citées au point 2. Or, il est constant que sa requête n'a été introduite devant le tribunal que le 24 septembre 2020. La requête présentée par M. B est donc tardive, nonobstant l'absence d'indication des voies et délais de recours, s'agissant d'une décision prise dans le cadre des relations d'un agent avec son administration, ainsi qu'il a été exposé au point 2 de la présente ordonnance.

5. La requête de M. B étant par suite manifestement irrecevable et insusceptible de régularisation, il y a donc lieu de la rejeter en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au centre hospitalier de Beauvais.

Fait à Amiens, le 30 septembre 2022.

La présidente de la 1ère chambre,

Signé

C. Galle

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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