vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2003294 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DUMOULIN CHARTRELLE ABIVEN |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 15 octobre 2020 sous le n° 2003234 et un mémoire complémentaire, enregistré le 7 juillet 2022, M. B A, représenté par
Me Chartrelle, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision n°250-2020 du 7 février 2020, par laquelle le directeur interrégional de la mer Manche Est-Mer du Nord a refusé son reclassement professionnel et refusé de reconnaitre la rechute de sa maladie professionnelle au 2 janvier 2019, ainsi que la lettre du
10 mars 2020 par laquelle le directeur interrégional de la mer Manche Est-Mer du Nord a notifié la décision n°250-2020, ensemble les décisions implicite et explicite rejetant son recours gracieux dirigé à l'encontre de la décision du 7 février 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la direction interrégionale de la mer Manche Est-Mer du Nord une somme de 2 000 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ll soutient que :
- les décisions du 7 février et du 10 mars 2020 ont été prises par une autorité incompétente ;
- la décision n° 250-2020 est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que l'avis de la commission de réforme, d'une part, lui est postérieur et, d'autre part, est irrégulier ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'elle ne reconnait pas l'existence de la rechute de sa maladie professionnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors, d'une part, qu'en se contentant de lui faire une proposition de reclassement, qui était incompatible avec son état de santé et sa vie familiale, la direction interrégionale de la mer Manche Est-Mer du Nord ne lui a pas permis de reprendre une activité professionnelle, alors qu'il n'était pas déclaré inapte à toute fonction ; d'autre part, la décision de rechute de maladie professionnelle résulte de la sollicitation par la direction interrégionale de la mer Manche Est-Mer du Nord de déclarer une rechute professionnelle, alors qu'il ne s'agissait pas d'une rechute professionnelle mais de la continuité de la consolidation de son état de santé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2022, le préfet de la région Normandie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du
10 mars 2020 ;
- les conclusions à fin d'annulation du courrier du 10 mars 2020 et de la décision implicite de rejet du 12 octobre 2020 sont irrecevables ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 25 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 14 novembre 2022, à 12 heures.
Par une lettre du 15 décembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé d'une part, sur le moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative, dès lors que le litige relève des droits que le requérant tire de sa qualité d'assuré social et par suite du contentieux de la sécurité sociale attribué au juge judiciaire, en application des articles L. 142-1 et L. 142-8 du code de la sécurité sociale, auquel renvoie l'article 21 du décret n° 65-382 du 21 mai 1965 relatif aux ouvriers des parcs et ateliers des ponts et chaussées et des bases aériennes et, d'autre part, en cas de compétence de la juridiction administrative pour connaître du litige, sur le moyen relevé d'office tiré de ce que l'autorité administrative a méconnu le champ d'application de la loi en appliquant les dispositions relatives à la fonction publique, alors que la demande du requérant relevait de la législation de la sécurité sociale en application des dispositions citées ci-dessus.
Des observations ont été produites pour M. A le 16 décembre 2022, qui n'ont pas été communiquées.
II. Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2020 sous le n° 2003625 et un mémoire complémentaire, enregistré le 7 juillet 2022, M. A, représenté par Me Chartrelle, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision n°250-2020 du 7 février 2020, par laquelle le directeur interrégional de la mer Manche Est-Mer du Nord a refusé son reclassement professionnel et refusé de reconnaitre la rechute de sa maladie professionnelle au 2 janvier 2019, ainsi que la lettre du
10 mars 2020 par laquelle le directeur interrégional de la mer Manche Est-Mer du Nord a notifié la décision n°250-2020, ensemble la décision du 15 octobre 2020 par laquelle le directeur interrégional de la mer Manche Est-Mer du Nord a rejeté le recours gracieux déposé le 12 août 2020 contre la décision n° 250-2020 ;
2°) de mettre à la charge de la direction interrégionale de la mer Manche Est-Mer du Nord une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ll soutient que :
- les décisions du 7 février, du 10 mars 2020 et du 15 octobre 2020 ont été prises par une autorité incompétente ;
- la décision n° 250-2020 est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que l'avis de la commission de réforme, d'une part, lui est postérieur et, d'autre part, est irrégulier ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'elle ne reconnait pas l'existence de la rechute de sa maladie professionnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors, d'une part, qu'en se contentant de lui faire une proposition de reclassement, qui était incompatible avec son état de santé et sa vie familiale, la direction interrégionale de la mer Manche Est-Mer du Nord ne lui a pas permis de reprendre une activité professionnelle, alors qu'il n'était pas déclaré inapte à toute fonction ; d'autre part, la décision de rechute de maladie professionnelle résulte de la sollicitation par la direction interrégionale de la mer Manche Est-Mer du Nord de déclarer une rechute professionnelle, alors qu'il ne s'agissait pas d'une rechute professionnelle mais de la continuité de la consolidation de son état de santé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2022, le préfet de la région Normandie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du
10 mars 2020 ;
- les conclusions à fin d'annulation du courrier du 10 mars 2020 sont irrecevables ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 20 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 10 novembre 2022 à 12 heures.
Par une lettre du 15 décembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé d'une part, sur le moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative, dès lors que le litige relève des droits que le requérant tire de sa qualité d'assuré social et par suite du contentieux de la sécurité sociale attribué au juge judiciaire, en application des articles L. 142-1 et L. 142-8 du code de la sécurité sociale, auquel renvoie l'article 21 du décret n° 65-382 du 21 mai 1965 relatif aux ouvriers des parcs et ateliers des ponts et chaussées et des bases aériennes, et d'autre part, en cas de compétence de la juridiction administrative pour connaître du litige, sur le moyen relevé d'office tiré de ce que l'autorité administrative a méconnu le champ d'application de la loi en appliquant les dispositions relatives à la fonction publique, alors que la demande du requérant relevait de la législation de la sécurité sociale en application des dispositions citées ci-dessus.
Des observations ont été produites pour M. A le 16 décembre 2022, qui n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 65-382 du 21 mai 1965 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure,
- les conclusions de M. Richard, rapporteur public,
- et les observations de Me Chartrelle, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ouvrier des parcs et ateliers des ponts et chaussées affecté au centre des phares et balises depuis janvier 2013, y exerçait les fonctions de chaudronnier jusqu'à la survenue d'un accident du travail le 22 juin 2015, à la suite duquel il a développé une maladie, déclarée le 4 novembre 2016. Par une décision du 2 janvier 2019, la direction interrégionale de la mer Manche Est-Mer du Nord a, d'une part, reconnu l'imputabilité au service de sa maladie et fixé la consolidation de son état à cette même date et, d'autre part, proposé à M. A un reclassement, alors que l'intéressé a été reconnu inapte à l'exercice de ses précédentes fonctions. Par une décision n° 250-2020 du 7 février 2020, accompagnée d'une lettre datée du 10 mars 2020, toutes deux notifiées le 18 juin 2020, la direction interrégionale de la mer Manche Est-Mer du Nord a refusé le reclassement de M. A et la reconnaissance de rechute de sa maladie professionnelle. Par les requêtes enregistrés sous le n° 2003234 et le n° 2003625, qu'il y a lieu de joindre pour qu'il y soit statué par un même jugement, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 7 février 2020, ensemble celles par lesquelles son recours gracieux a été rejeté.
2. D'une part, aux termes de l'article 21 du décret du 21 mai 1965 relatif aux ouvriers des parcs et ateliers des ponts et chaussées : " Les risques d'accidents du travail courus par les ouvriers visés par le présent décret sont couverts conformément à la législation des accidents du travail ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole () ". Au nombre de ces législations, figure le livre IV du code de la sécurité sociale relatif aux prestations ouvertes en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, auquel renvoie l'article 21 précité du décret 21 mai 1965, y compris les dispositions relatives au reclassement professionnel, qui fait partie des prestations en nature dues à la victime d'un tel accident ou d'une telle maladie en application de l'article L. 432-10 de ce code. Selon l'article L. 142-8 du même code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : / 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article
L. 142-1 () ".
4. Enfin, selon l'article L. 413-14 du même code : " Nonobstant toutes dispositions contraires les administrations, services, offices et établissements publics de l'Etat autres que les établissements publics à caractère industriel ou commercial versent directement à leur personnel les prestations d'accident du travail prévues au présent livre () ".
5. L'article L. 142-8 précité du code de la sécurité sociale attribue compétence au juge judiciaire pour connaître des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale. En ce qui concerne les fonctionnaires ou agents de l'Etat et des collectivités publiques, le critère de la compétence des organismes du contentieux de la sécurité sociale est lié, non à la qualité des personnes en cause, mais à la nature même du différend.
6. Si, en application des dispositions citées au point 4, l'Etat se trouve substitué aux caisses de sécurité sociale pour verser aux ouvriers des parcs et ateliers les prestations ouvertes par les dispositions du livre IV du code de la sécurité sociale en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, la demande tendant à l'annulation des décisions attaquées, par lesquelles le directeur interrégional de la mer Manche Est-Mer du Nord a refusé le reclassement professionnel et la reconnaissance de la rechute de la maladie professionnelle de M. A, n'en est pas moins relative, en application des dispositions citées aux points 2 et 3, aux droits que l'intéressé estime tenir de sa qualité d'assuré social. Cette demande ressortit, par suite, au contentieux de la sécurité sociale et à la compétence des juridictions judiciaires conformément à ce qui a été dit au point 5.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions principales de la requête de
M. A doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, dès lors que l'État ne peut être regardé comme la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions principales de la requête de M. A sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétence pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la direction interrégionale de la mer Manche Est-Mer du Nord.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- M. Thérain, président assesseur,
- Mme Rondepierre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
C. Binand
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Nos 2003294 et 2003625
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026