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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2003709

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2003709

jeudi 16 février 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2003709
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantHOMEHR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 17 et 25 novembre 2020 et les 8 février et 5 mai 2021, M. F G, représenté par Me Homehr, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures : :

1°) d'annuler la décision du 10 juillet 2020 par laquelle la directrice de l'institut de formation en masso-kinésithérapie (IFMK) du centre hospitalier universitaire (CHU) d'Amiens a retiré la délibération du 9 juillet 2020 du jury de concours d'entrée à l'IFMK d'Amiens, ensemble la décision du 13 juillet 2020 établissant une nouvelle liste d'admission des candidats et la décision de rejet de son recours gracieux présenté le 16 juillet 2020 ;

2°) d'enjoindre à l'IFMK de l'intégrer au prochain cycle de formation au diplôme d'Etat de masseur-kinésithérapeute ;

3°) de condamner solidairement " les défendeurs " à lui verser la somme de 1 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il estime avoir subi, et les sommes de 30 000 euros au titre du préjudice matériel qu'il estime avoir subi du fait du surcoût des études suivies au Luxembourg, et de 30 000 euros au titre du préjudice financier lié à la perte de chance d'exercer la profession de kinésithérapeute durant une année, sommes à parfaire au jour du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge solidaire " des défendeurs " la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée du 10 juillet 2020, signée par Mme Jamault, présidente du jury, a été prise par une autorité incompétente dès lors que seul le jury d'examen était compétent pour retirer la délibération du jury du 9 juillet 2020 ;

- il n'est pas justifié de la nomination régulière de Mme E en tant que présidente du jury du concours ;

- la décision attaquée du 13 juillet 2020 est irrégulière dès lors que le jury n'était composé que de quatre personnes au lieu de cinq en méconnaissance de l'article 3 de la convention de partenariat signée le 25 mai 2020 entre l'université de Picardie Jules Verne et le centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie ;

- il n'est pas démontré que la délibération du jury du 13 juillet 2020 a été signée par tous ses membres en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- M. A était incompétent pour siéger et délibérer en lieu et place du doyen de l'UFR de médecine d'Amiens au sein du jury ;

- les modalités de réunion du jury prévue par la convention de partenariat prévue par l'article 2 de l'arrêté du 16 juin 2015 relatif à l'admission dans les instituts préparant au diplôme d'Etat de masseur-kinésithérapeute n'ont pas été respectées et le jury s'est contenté d'entériner la décision de la présidente du jury sans procéder lui-même à l'analyse réelle de la situation et à la vérification des documents ;

- le retrait de la délibération du 9 juillet 2020 et des résultats du concours est illégal dès lors que le délai de quatre mois prévu par l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration est écoulé et que la décision initiale d'admission n'est manifestement pas illégale en l'absence de preuve d'une erreur matérielle entachant la délibération initiale, et que la liste des admis publiée le 9 juillet était " définitive " selon l'article 2 de la convention de partenariat ;

- la modification des résultats du concours constitue un détournement de procédure ;

- l'illégalité fautive des décisions attaquée lui créent un préjudice moral d'un montant de 1 000 euros et un préjudice financier du fait d'une perte de chance sérieuse de toucher le revenu médian de masseur-kinésithérapeute durant au moins un an, évalué à 30 000 euros, ainsi qu'un préjudice financier d'un montant de 30 000 euros du fait du coût des études qu'il va devoir suivre au Luxembourg ;

- à tout le moins, l'institut de formation en masso-kinésithérapie (IFMK), notamment la présidente du jury, responsable du report des notes, a commis une faute en ne s'assurant pas de la véracité des informations contenues dans le tableau qui lui a été transmis, de sorte que ses préjudices doivent également être indemnisés sur ce fondement.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 5 janvier et 16 avril 2021, le centre hospitalier universitaire (CHU) Amiens-Picardie, dont relève l'institut de formation en masso-kinésithérapie (IFMK) d'Amiens, représenté par Me Delentaigne et Me Dagostino, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. G au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

La requête a été communiquée à M. B De Oliveira qui n'a pas produit d'observations en défense.

La clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat le 19 janvier 2023 en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 et du dernier alinéa de R. 613-2 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la santé publique ;

- l'arrêté du 17 janvier 2020 relatif à l'admission dans les instituts préparant au diplôme d'Etat de masseur-kinésithérapeute ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bazin, rapporteure,

- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique,

- les observations de Me Homehr, représentant M. G,

- et les observations de Me Delentaigne, représentant l'institut de formation en masso-kinésithérapie du centre hospitalier universitaire d'Amiens.

Considérant ce qui suit :

1. M. G, qui était inscrit en première année de licence en sciences mention " sciences et techniques des activités physiques et sportives " (STAPS) à l'Université d'Amiens, a été déclaré admis en étant classé au 11ème rang de la liste principale, après délibération du jury du 9 juillet 2020, au concours d'entrée en première année d'études préparatoires au diplôme d'Etat de masseur-kinésithérapeute à l'institut de formation en masso-kinésithérapie (IFMK), rattaché au centre hospitalier universitaire (CHU) Amiens-Picardie. Toutefois, par une décision du 10 juillet 2020, affichée le 13 juillet 2020, la présidente du jury a retiré la délibération du 9 juillet 2020 du concours d'entrée de l'IFMK au motif que celle-ci était entachée d'illégalité en raison d'une erreur matérielle dans le report des résultats obtenus par les candidats en première année de licence mention STAPS. Après une nouvelle délibération du jury le 13 juillet 2020, une nouvelle liste des candidats admis a été affichée le même jour. M. G se trouvant classé non admis, mais au 1er rang de la liste complémentaire, doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 10 juillet 2020 par laquelle la directrice de l'IFMK a retiré la délibération du jury du 9 juillet 2020, ensemble la décision du 13 juillet 2020 établissant une nouvelle liste d'admission des candidats et la décision de rejet de son recours gracieux présenté le 16 juillet 2020.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 1 de l'arrêté du 17 janvier 2020 relatif à l'admission dans les instituts préparant au diplôme d'Etat de masseur-kinésithérapeute : " I. - Peuvent être admis en première année d'études préparatoires au diplôme d'Etat de masseur-kinésithérapeute, dans la limite des places autorisées : / 1° Les étudiants ayant validé une première année universitaire d'une formation du premier cycle de l'enseignement supérieur telle que définie au 1° de l'article R. 631-1 du code de l'éducation. Lorsque cette formation ne relève pas du domaine " sciences, technologies, santé " ou de la mention " sciences et techniques des activités physiques et sportives ", les candidats doivent avoir obtenu les 10 crédits ECTS minimaux dans des unités d'enseignement relevant du domaine de la santé définis au I de l'article R. 631-1-1 du code de l'éducation ; / 2° Les étudiants ayant validé une année de formation du premier cycle de l'enseignement supérieur spécialement proposée par les universités telle que définie au 2° de l'article R. 631-1 du code de l'éducation. () ". Aux termes de l'article 2 de ce même arrêté : " Une convention, signée entre le directeur de l'institut de formation en masso-kinésithérapie et un ou plusieurs présidents d'universités, précise les modalités et critères de sélection retenus pour l'admission des étudiants en fonction de leur parcours de formation antérieur, et le nombre de places ouvert aux étudiants issus de différents parcours. () ".

En ce qui concerne la décision du 10 juillet 2020 procédant au retrait de la délibération du 9 juillet 2020 :

3. En premier lieu, aux termes de l'article 2 de la convention de partenariat signée le 25 mai 2020 entre l'Université de Picardie Jules Vernes et le centre hospitalier universitaire (CHU) Amiens-Picardie en application de l'article 2 de l'arrêté du 17 janvier 2020 : " Après délibération du jury, le directeur de l'IFMK publie la liste définitive des admis à l'IFMK du CHU d'Amiens et notifie les résultats aux intéressés ". Aux termes de l'article 3 de la même convention : " Le président du jury est le directeur de l'institut de formation de masso-Kinésithérapie du CHU d'Amiens ou son représentant ".

4. D'une part, si le requérant soutient que Mme E ne justifie pas avoir été régulièrement nommée présidente du jury, toutefois, en application de l'article 3 de la convention de partenariat signée le 25 mai 2020, cette dernière est, en tant que directrice de l'IFMK du CHU Amiens-Picardie, présidente de droit du jury au concours d'entrée en première année d'études préparatoires au diplôme d'Etat de masseur-kinésithérapeute à l'IFMK du CHU Amiens-Picardie. D'autre part, en application des stipulations précitées de l'article 2 de la même convention de partenariat, la présidente du jury avait seulement l'obligation d'organiser une nouvelle délibération du jury avant de publier la nouvelle liste définitive des admis à l'IFMK du CHU d'Amiens. En l'espèce, après avoir découvert une erreur matérielle tenant à la transmission par l'UFR STAPS d'Amiens de notes erronées des étudiants candidats au concours, Mme Jamault, présidente du jury, a, par décision du 10 juillet 2020 retiré la délibération du 9 juillet 2020, puis réuni à nouveau le jury le 13 juillet 2020 qui, par délibération du même jour, a établi une nouvelle liste d'admission. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que Mme E, en sa qualité de présidente du jury, était incompétente pour retirer la délibération du jury du 9 juillet 2020, ni que la décision attaquée serait entachée d'une irrégularité procédurale. Le moyen soulevé à ce titre doit être écarté.

5. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ". D'autre part, aux termes du point 3 de l'annexe 1 à la convention de partenariat signée le 25 mai 2020 : " 3. Concours B / Ce concours est réservé aux étudiants inscrits en première années de licence de sciences et technologies des activités physiques et sportives (STAPS) / Seront classés les étudiants ayant validés la L1 STAPS avec une moyenne [supérieure ou égale à] 10/20. / Le classement s'établira par le calcul de la moyenne des notes obtenues en L1 aux contrôles terminaux des semestres 1 et 2 entre les matières suivantes : / - Anatomie, physiologie (coefficient 3/4) / - Sciences humaines et sociales (coefficient 1/4) ".

6. Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport d'incident rédigé par Mme E le 13 juillet 2020, des attestations des membres du jury et du courriel de la gestionnaire de scolarité de l'UFR STAPS Amiens du 10 juillet 2020 que, dans la matinée du 10 juillet 2020, après l'affichage des résultats du concours d'entrée à l'IFMK d'Amiens, M. Oliveira, qui n'avait pas été admis initialement, a signalé au secrétariat de l'IFMK des incohérences dans ses notes. En effet, les notes obtenues au concours ne correspondaient pas à celles obtenues durant son parcours universitaire en première année de Licence STAPS, alors qu'il doit s'agir des mêmes notes en application des stipulations précitées du point 3 de l'annexe 1 à la convention de partenariat signée le 25 mai 2020. Dans l'après-midi du 10 juillet 2020, l'UFR STAPS a confirmé à l'IFMK une erreur de saisie des notes pour certains étudiants de STAPS et a envoyé le nouveau tableau des notes des candidats. M. Oliveira est, au regard de ses notes, devenu admis sur la liste principale et M. G qui était 11ème sur la liste principale est devenu 1er de la liste complémentaire. Si le requérant soutient que " l'erreur matérielle invoquée par Mme E " n'est pas établie, il n'apporte aucun commencement de preuve au soutien de son allégation et ne contredit pas sérieusement le déroulement des faits tels qu'ils ressortent des pièces du dossier et notamment des attestations concordantes des membres du jury et du courriel de la gestionnaire de scolarité de l'UFR STAPS. Dans ces conditions, la délibération du 9 juillet 2020 fondée sur les résultats erronés des candidats était effectivement entachée d'illégalité. En application de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, la présidente du jury a légalement retiré cette décision illégale dans un délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision du 13 juillet 2020 établissant une nouvelle liste d'admission des candidats :

7. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention de partenariat signée le 25 mai 2020 entre l'Université de Picardie Jules Vernes et le centre hospitalier universitaire (CHU) Amiens-Picardie : " Le président du jury est : / - le directeur de l'Institut de formation en masso-kinésithérapie du CHU d'Amiens ou son représentant, / Les membres du jury sont : / - le directeur de l'UFR de médecine Amiens ou son représentant ; / - l'assesseur du premier cycle des études médicales de l'UFR de médecine d'Amiens ou son représentant ; / - le directeur de l'UFR STAPS d'Amiens ou son représentant ; / - un formateur de l'IFMK ".

8. Le requérant soutient que les modalités de composition du jury prévue par la convention de partenariat n'ont pas été respectées dès lors que le jury n'était composé que de quatre personnes au lieu de cinq. Toutefois, le jury amené à délibérer une nouvelle fois pour la même session de concours, après le retrait de sa première délibération du 9 juillet 2020 devait nécessairement siéger dans la même composition que sa composition initiale. Ainsi, le requérant ne peut utilement soutenir que le jury ayant établi la nouvelle délibération du 13 juillet 2020 était irrégulièrement composé. Par suite, le moyen est inopérant et doit être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ".

10. En l'espèce, le procès-verbal de la délibération du 13 juillet 2020 comporte la signature de l'ensemble des membres du jury ainsi que la mention, en caractères lisibles, de leurs prénoms, noms, de leur qualité respective à savoir Mme Jamault, présidente du jury et directrice de l'IFMK, M. A, représentant du doyen de l'UFR de médecine d'Amiens, M. D, doyen de l'UFR de STAPS d'Amiens et M. C, formateur de l'IFMK. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. I, directeur de l'UFR de médecine d'Amiens, a désigné M. A, qui exerce les fonctions de vice-doyen de l'UFR de médecine d'Amiens depuis le mois de mai 2019, comme son représentant, sans que le requérant ne puisse utilement se prévaloir du champ de la délégation donnée par l'arrêté n° 2019-805 portant délégation de signature à M. I. D'autre part, la circonstance selon laquelle M. A, également assesseur du premier cycle des études médicales de l'UFR de médecine d'Amiens, n'a pas signé la délibération attaquée en cette qualité, mais uniquement en tant que représentant du doyen de l'UFR de médecine d'Amiens, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, les moyens soulevés à ce titre doivent être écartés.

11. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort du procès-verbal de la délibération du 13 juillet 2020, auquel étaient joints le tableau des notes de tous les candidats et leur classement, que le jury s'est effectivement réuni le 13 juillet 2020, qu'il a procédé à une analyse réelle de la situation et à la vérification des documents transmis par l'UFR STAPS d'Amiens, sans se contenter d'entériner la décision de la présidente du jury. En effet, le jury a notamment relevé que " des incompatibilités de classement se sont manifestées ", que " l'analyse de la situation a montré que, lors de la saisie des résultats par l'UFR STAPS, une erreur de ligne s'est produite " que " les notes attribuées à M. De Oliveira ne sont pas les siennes " et que " ce jour, au regard des résultats vérifiés et consolidés par l'UFR STAPS, un nouveau classement est rendu ". Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit au point 6, il ressort des pièces du dossier que la délibération du 9 juillet 2020 fondée sur les résultats erronés des candidats était effectivement entachée d'illégalité. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence négative dont serait entachée la décision du 13 juillet 2020 et de l'illégalité du retrait de la délibération du 9 juillet 2020 doivent être écartés.

12. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 3 à 11, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la modification des résultats du concours constitue un détournement de procédure.

13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 10 juillet 2020, ensemble la décision du 13 juillet 2020 établissant une nouvelle liste d'admission des candidats et la décision de rejet de son recours gracieux présenté le 16 juillet 2020 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

14. Le présent jugement, qui rejette les conclusions d'annulation de la requête de M. G, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. G ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à se prévaloir de l'illégalité des décisions attaquées de nature à engager la responsabilité " des défendeurs ". Les conclusions indemnitaires présentées par M. G doivent, par suite, être rejetées.

16. En second lieu, à supposer même qu'une faute tirée de l'absence de vérification par la présidente du jury de l'IFMK des informations contenues dans le tableau qui lui a été transmis soit imputable à l'IFMK, le requérant n'établit pas l'existence de son préjudice moral dès lors notamment que l'erreur dans la saisie des notes a été rectifiée le jour même de l'affichage des résultats. S'agissant des préjudices matériels invoqués tirés, d'une part, la perte de chance sérieuse de toucher le revenu médian de masseur-kinésithérapeute durant au moins un an et, d'autre part le coût des études qu'il va devoir suivre au Luxembourg, le lien de causalité avec la faute alléguée n'est pas établi.

Sur les frais liés au litige :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge du CHU Amiens-Picardie, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

18. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. G une somme à verser au CHU Amiens-Picardie, dont relève l'institut de formation en masso-kinésithérapie, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. G est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par l'institut de formation en masso-kinésithérapie du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F G, à M. B De Oliveira et au centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie.

Copie en sera adressée pour information à l'institut de formation en masso-kinésithérapie du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie.

Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Galle, présidente,

Mme Pellerin, première conseillère,

Mme Bazin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.

La rapporteure,

signé

L. Bazin

La présidente,

signé

C. Galle La greffière,

signé

M-A. Boignard

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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