mercredi 24 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2003981 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 décembre 2020, Mme D demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 novembre 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Oise a refusé de lui accorder une remise de sa dette de revenu de solidarité active d'un montant de 2 346,99 euros, la décision du 24 novembre 2020 par laquelle cette même caisse a refusé de lui accorder une remise de sa dette d'aide personnelle au logement d'un montant de 606 euros et la décision du 24 novembre 2020 par laquelle cette caisse a refusé de lui accorder une remise de sa dette de prime d'activité d'un montant de 120,22 euros ;
2°) de lui accorder une remise totale de ces dettes.
Elle soutient que :
- l'indu de prime d'activité a été remboursé par retenues effectuées sur ses prestations ;
- elle est de bonne foi ;
- elle ne dispose pas des ressources suffisantes pour s'acquitter du montant de ses dettes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2021, la caisse d'allocations familiales de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par une mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2022, la présidente du conseil départemental de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles,
- le code de la construction et de l'habitation,
- le code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dhiver, présidente ;
- les observations du représentant du département de l'Oise.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 10 septembre 2020, la caisse d'allocations familiales de l'Oise a notifié à Mme C des indus d'allocation de logement familiale, de prime d'activité et de revenu de solidarité active d'un montant total de 3 244,95 euros. Mme C a sollicité une remise gracieuse de ces dettes et, par trois décisions des 6 et 24 novembre 2020, la caisse d'allocations familiales de l'Oise a rejeté ses demandes. Mme C demande au tribunal d'annuler ces décisions et de lui accorder la remise gracieuse de ses dettes.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active ". () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. / () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
4. Enfin, aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. " L'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale dispose que : " () la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité ou d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
6. Si Mme C a pu de bonne foi déclarer les salaires de son époux au titre du mois auquel ils étaient dus et non du mois au cours duquel ils ont été effectivement versés, il résulte de l'instruction que son foyer dispose d'un revenu mensuel moyen supérieur à 2 000 euros et que le quotient familial de son foyer s'élève à 981 euros. Mme C n'établit pas être dans une situation de précarité telle que le remboursement des indus laissés à sa charge excéderait ses capacités contributives, alors même qu'il lui est par ailleurs loisible de solliciter des remboursements échelonnés, adaptés à ses capacités financières. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'accorder à Mme C une remise totale ou partielle de ses dettes d'allocation de logement familiale, de revenu de solidarité active et de prime d'activité.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions de la caisse d'allocations familiales de l'Oise des 6 et 24 novembre 2020, ni la remise de ses dettes d'allocation de logement familiale, de revenu de solidarité active et de prime d'activité.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à la caisse d'allocations familiales de l'Oise et au département de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 août 2022.
La présidente,
Signé
M. B La greffière,
Signé
V. Martinval
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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