jeudi 23 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2100328 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU1 |
| Avocat requérant | SCP BOUQUET-FAYEIN BOURGOIS-WADIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 janvier 2021, Mme C B, forme opposition à la contrainte délivrée le 24 novembre 2020 par le directeur régional adjoint de Pôle emploi, en vue du recouvrement de la somme de 6 633,54 euros, et 4,76 euros de frais, correspondant à un indu d'allocation de solidarité spécifique (ASS) pour la période du 1er avril 2019 au 30 avril 2020 ; et demande un effacement de sa dette.
Elle soutient que :
- l'indu n'est pas fondé dès lors que son entreprise n'a pas été créée le 1er janvier 2019, son dossier n'ayant été reçu qu'en août 2019 par la chambre d'agriculture et l'Insee et en septembre 2019 par le centre des impôts, de sorte qu'elle ne pouvait pas déclarer son activité dès le 1er janvier 2019 ;
- sa conseillère lui a indiqué qu'elle toucherait l'ASS durant un an ;
- elle n'a aucun revenu tiré de son activité salariée ni aucune aide.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mars 2021, Pôle Emploi, représenté par la SCP Bouquet Fayein-Bourgois Wadier, conclut au rejet de la requête ainsi qu'il soit mis à la charge de Mme B la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Pôle emploi soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- le code du travail,
- le décret n° 2017-826 du 5 mai 2017 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique du 9 mars 2023.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été admise au bénéfice de l'allocation de solidarité spécifique (ASS) à compter du 11 décembre 2017. A la suite d'une reprise d'activité non salariée non déclarée par Mme B, l'agence Pôle emploi de Château-Thierry a détecté un indu d'allocation de solidarité spécifique versée à la requérante d'un montant de 6 633,54 euros. Cet indu lui a été notifié par un courrier du 2 juillet 2020. Par un courrier du 3 août 2020, Pôle emploi lui a de nouveau notifié cet indu. Une mise en demeure de rembourser la somme de 6 633,54 euros a été adressée par lettre recommandée à Mme B datée du 7 septembre 2020, et réceptionnée le 10 septembre 2020. Le 24 novembre 2020, le directeur régional de Pôle Emploi Hauts-de-France a délivré une contrainte à l'encontre de Mme B aux fins de recouvrement d'une somme de 6 633,54 euros et 4,76 euros de frais, correspondant à un indu d'allocation de solidarité spécifique. Mme B forme opposition à la contrainte du 24 novembre 2020 et demande l'effacement de sa dette.
2. Selon les dispositions de l'article L. 5421-2 du code du travail : " Le revenu de remplacement prend, selon le cas, la forme : / 1° D'une allocation d'assurance, prévue au chapitre I ; / 2° Des allocations de solidarité, prévues au chapitre II () ".
3. D'une part, il résulte des dispositions de l'article L. 5425-1 du code du travail que l'allocation de solidarité spécifique peut se cumuler avec les revenus tirés d'une activité occasionnelle ou réduite dans les conditions et limites fixées par décret en Conseil d'Etat. Aux termes de l'article R. 5425-2 du code du travail : " Lorsque le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique reprend une activité professionnelle salariée ou non salariée, la rémunération tirée de l'exercice de cette activité est intégralement cumulée avec le versement de l'allocation de solidarité spécifique pendant une période de trois mois, consécutifs ou non, dans la limite des droits aux allocations restants. ". Il résulte de ces dispositions que le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique reprenant une activité professionnelle peut bénéficier du cumul intégral de l'allocation avec ses revenus d'activité durant les trois premiers mois.
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 5411-6 du même code : " Les changements affectant la situation au regard de l'inscription ou du classement du demandeur d'emploi et devant être portés à la connaissance de Pôle emploi, en application du second alinéa de l'article L. 5411-2, sont les suivants : 1° L'exercice de toute activité professionnelle, même occasionnelle ou réduite et quelle que soit sa durée ; () ".
5. Pour demander à Mme B de rembourser les sommes perçues au titre de l'allocation de solidarité spécifique entre le 1er avril 2019 et le 30 avril 2020, le directeur régional de Pôle emploi a retenu que la requérante avait exercé, à compter du 1er janvier 2019, une activité non salariée qu'elle n'avait pas déclarée, et que les revenus tirés de cette activité ne pouvaient être intégralement cumulés avec l'allocation de solidarité spécifique à compter du 4ème mois suivant la reprise d'activité.
6. Mme B soutient qu'elle n'a pas repris son activité à compter du 1er janvier 2019, et qu'elle ne pouvait matériellement pas fournir dès le 1er janvier 2019 les documents relatifs à son activité professionnelle dès lors que son récépissé de dépôt de dossier de création d'entreprise a été établi par la chambre d'agriculture de l'Aisne le 19 août 2019 et que son certificat d'inscription au répertoire des entreprises et des établissements (Sirene) n'a été établi par l'INSEE que le 21 août 2019. Toutefois, la requérante ne conteste pas utilement, par la production de ces éléments, que son activité a débuté le 1er janvier 2019, dès lors qu'il résulte des mentions de ce certificat d'inscription que la date de " prise d'activité " déclarée par Mme B pour son entreprise d'élevage de chevaux était le 1er janvier 2019. Comme l'invoque Pôle emploi en défense, l'intéressée a d'ailleurs cotisé à la mutualité sociale agricole à compter du 1er janvier 2019. Il résulte également de l'instruction que Mme B a déclaré des revenus agricoles pour l'année 2019, et n'établit nullement la période durant laquelle ces revenus ont été perçus. Enfin, la circonstance que les documents relatifs à l'immatriculation de son entreprise n'aient été établis qu'en août 2019 ne faisait pas obstacle à ce que la requérante, qui était tenue de déclarer à Pôle emploi tout exercice d'une activité professionnelle, en application de l'article R. 5411-6 du code du travail, déclare à Pôle emploi la reprise d'une activité professionnelle non salariée dès le mois de janvier 2019.
7. Dans ces circonstances, en établissant un indu à compter du 1er avril 2019, soit à l'expiration d'un délai de trois mois à l'issue de sa reprise d'activité professionnelle, Pôle Emploi n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit, ni d'une erreur de fait. Par suite, le moyen tiré de ce que l'indu n'est fondé ni dans son principe, ni dans son montant, doit être écarté.
8. Enfin, en dernier lieu, si Mme B fait état de ses difficultés personnelles et financières, ces éléments sont sans incidence sur le bien-fondé et le montant de l'indu d'ASS dont le règlement lui est réclamé au travers de l'émission de la contrainte en litige. Il appartient à la requérante, si elle s'y croit fondée, de solliciter auprès de Pôle emploi la remise gracieuse de sa dette, et, en cas de rejet, même partiel, de cette demande de remise gracieuse, de saisir le cas échéant le tribunal. En l'absence d'une telle décision préalable, les conclusions de Mme B tendant à la remise gracieuse de sa dette ne peuvent qu'être rejetées.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par Pôle emploi sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Pôle emploi sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à Pôle Emploi.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.
La magistrate désignée,
Signé
C. A
La greffière,
Signé
Z. Aguentil
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026