jeudi 19 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2100515 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DEVOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 février 2021, M. A B, représenté par Me Devos, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2020 par lequel la préfète de l'Oise lui a ordonné de se dessaisir de toutes les armes de toute catégorie dont il est en possession, lui a interdit d'acquérir ou de détenir des armes de toute catégorie, a enregistré cette interdiction dans le fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes (FINIADA) et lui a retiré la validation de son permis de chasser ;
2°) d'enjoindre l'effacement de ses données à caractère personnel du FINIADA dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte 500 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui restituer les six récépissés portant enregistrement de ses armes délivrés par le préfet de l'Oise, son permis de chasser ainsi que toutes les armes de toute catégorie dont il avait possession et ce, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur matérielle des faits dès lors qu'il mentionne, à tort, que le 11 octobre 2020, il aurait participé, par sa complicité, à une action tendant à terroriser les riverains de la commune de Pontpoint par l'usage de son arme, et qu'il se serait rendu coupable du délit de mise en danger délibéré d'autrui et du délit d'entrave aux mesures d'assistance et de l'omission de porter secours, prévus par les dispositions des articles 223-1 et 223-6 du code pénal, alors qu'il n'a jamais été condamné pour de tels délits mais seulement pour une infraction de conduite sous l'empire d'un état alcoolique ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2021, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 6 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au
20 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pellerin, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 15 octobre 2020, la préfète de l'Oise a ordonné à M. B de se dessaisir de toutes les armes de toute catégorie dont il est en possession, lui a interdit d'acquérir ou de détenir des armes de toute catégorie, a enregistré cette interdiction dans le fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes et lui a retiré la validation de son permis de chasser. Le 16 novembre 2020, M. B a formé un recours gracieux contre cet arrêté, qui a été implicitement rejeté. Il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de L. 312-11 du code de la sécurité intérieure : " Sans préjudice des dispositions de la sous-section 1, le représentant de l'Etat dans le département peut, pour des raisons d'ordre public ou de sécurité des personnes, ordonner à tout détenteur d'une arme, de munitions et de leurs éléments de toute catégorie de s'en dessaisir. () ". Aux termes de l'article L. 312-13 du même code : " Il est interdit aux personnes ayant fait l'objet de la procédure prévue à la présente sous-section d'acquérir ou de détenir des armes, munitions et leurs éléments de toute catégorie./Cette interdiction est levée par le représentant de l'Etat dans le département s'il apparaît que l'acquisition ou la détention d'armes, de munitions et de leurs éléments par la personne concernée n'est plus de nature à porter atteinte à l'ordre public ou à la sécurité des personnes ". Aux termes de l'article L. 312-16 du même code : " Un fichier national automatisé nominatif recense : / 1° Les personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments en application des articles L. 312-10 et L. 312-13 ; () ". Aux termes de l'article L. 423-15 du code de l'environnement : " Ne peuvent obtenir la validation de leur permis de chasser : () 9° Ceux qui sont inscrits au fichier national automatisé nominatif des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes visé à l'article L. 312-16 du code de la sécurité intérieure. () ". Aux termes de l'article R. 312-67 du même code : " Le préfet ordonne la remise ou le dessaisissement de l'arme ou de ses éléments dans les conditions prévues aux articles L. 312-7 ou L. 312-11 lorsque : () 3° Il résulte de l'enquête diligentée par le préfet que le comportement du demandeur ou du déclarant est incompatible avec la détention d'une arme ; cette enquête peut donner lieu à la consultation des traitements automatisés de données personnelles mentionnés à l'article 26 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 ; () ".
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, le 11 octobre 2020, à l'issue d'un repas organisé entre des chasseurs dans une cabane située sur le territoire de la commune de Pontpoint, deux individus, dont M. B, ont été interpellés par la gendarmerie pour avoir tiré en l'air deux coups de feu. Pour prendre les décisions attaquées de dessaisissement et d'interdiction de détenir des armes, la préfète de l'Oise, estimant que M. B s'était rendu coupable de complicité des faits reprochés à l'auteur des coups de feu, a retenu les circonstances que l'intéressé présentait un état d'alcoolémie avancé à l'issue du repas et qu'il a laissé son compagnon faire usage de son arme " pour faire peur aux riverains de la commune de Pontpoint ", et que M. B s'est ainsi rendu coupable du délit de mise en danger délibérée de la vie d'autrui et du délit d'entrave aux mesures d'assistance et de l'omission de porter secours, prévus par les dispositions des articles 223-1 et 223-6 du code pénal. Toutefois, s'il ressort des termes du rapport administratif de la gendarmerie nationale de Senlis en date du 12 octobre 2020 que M. B a été placé en garde à vue, le 11 octobre 2020, pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité ainsi que pour des faits de conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique, le requérant a été reconnu coupable seulement de cette dernière infraction par une ordonnance d'homologation du président du tribunal judiciaire de Senlis en date du 14 janvier 2021. En outre, il est constant que le requérant n'est pas l'auteur des coups de feu et les pièces versées au dossier dont le procès-verbal d'audition établi, le 12 octobre 2020, par la gendarmerie, n'établissent pas de manière suffisante que le requérant aurait pu empêcher la commission de l'infraction par son auteur. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait quant au délit de mise en danger délibérée de la vie d'autrui et du délit d'entrave aux mesures d'assistance et de l'omission de porter secours.
4. En second lieu, par une ordonnance d'homologation du président du tribunal judiciaire de Senlis en date du 14 janvier 2021, M. B a été condamné à effectuer un stage de sensibilisation à la sécurité routière de deux jours et à la rétention administrative de son permis de conduire pour des faits de conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique caractérisée par une concentration d'alcool dans l'air expiré de 0,4 milligramme par litre, en l'espèce de
0,47 milligramme par litre. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, sans être contesté, que le jour des faits en litige, le requérant n'a pas participé à la chasse mais seulement au repas organisé à cette occasion. En outre, l'intéressé détient un permis de chasser depuis le 28 juillet 1981 et son casier judiciaire ne comporte aucune mention de violences en lien avec la détention d'une arme. Ainsi, en dépit du caractère récent de la commission de l'infraction de conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique, ce fait est isolé et ne présente pas de lien avec la détention d'une arme. Ainsi, alors que les faits relatifs aux coups de feu tirés en l'air ne sont pas, ainsi qu'il a été dit au point 3, imputables à M. B, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Oise aurait pris la même décision en retenant seulement l'existence d'une infraction de conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique.
5. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir qu'en lui ordonnant de se dessaisir de toutes les armes de toute catégorie dont il est en possession, en lui interdisant d'acquérir ou de détenir des armes de toute catégorie, en inscrivant cette interdiction dans le fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes et en lui retirant la validation de son permis de chasser, la préfète de l'Oise a entaché l'arrêté attaqué d'une erreur d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 15 octobre 2020 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
7. L'exécution du présent jugement, compte-tenu du motif d'annulation, implique que la préfète de l'Oise supprime l'inscription de M. B dans le fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes et lui restitue les six récépissés portant enregistrement de ses armes délivrés par le préfet de l'Oise, son permis de chasser ainsi que toutes les armes de toute catégorie qui auraient été saisies en application de l'arrêté du 15 octobre 2020, sous réserve qu'elles n'aient pas été détruites, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu de prononcer une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 15 octobre 2020 de la préfète de l'Oise est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Oise de supprimer l'inscription de M. B du fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes et de lui restituer les six récépissés portant enregistrement de ses armes délivrés par le préfet de l'Oise, son permis de chasser ainsi que toutes les armes de toute catégorie qui auraient été saisies en application de l'arrêté du 15 octobre 2020, sous réserve qu'elles n'aient pas été détruites, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Oise.
Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Beauvais.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
Mme Pellerin, première conseillère,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 janvier 2023.
La rapporteure,
signé
C. Pellerin
La présidente,
signé
C. Galle La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026