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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2100686

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2100686

mardi 9 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2100686
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantBODART

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 28 février 2021 et le 17 janvier 2022, la société civile immobilière (SCI) de la Huguenote, représentée par Me Bodart, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 août 2020 par lequel le préfet de l'Oise a déclaré cessibles les parcelles lui appartenant cadastrées B nos 147, 148 et 644 et ZB n° 61 situées sur le territoire de la commune de Vauchelles, nécessaires au projet de déviation de Noyon par un contournement ouest sur le territoire des communes de Beaurains-lès-Noyon, Larbroye, Noyon, Porquéricourt, Passel et Vauchelles, ensemble la décision du 28 décembre 2020 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente pour ce faire ;

- l'arrêté de cessibilité est illégal du fait de l'illégalité de l'arrêté de déclaration d'utilité publique (DUP) du 8 septembre 2016 dès lors que l'avis de l'autorité environnementale a été rendu pour le compte du préfet de région, qui ne disposait pas d'une autonomie réelle par rapport à la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL), laquelle a instruit le projet de déclaration d'utilité publique, que les termes de la déclaration d'utilité publique ne font pas apparaître, en méconnaissance de l'article L. 122-2 du code de l'environnement, que les mesures à charge du pétitionnaire pour éviter, réduire et lorsque cela est possible, compenser les effets négatifs du projet, aient été pensés avec suffisamment de consistance et pertinence et enfin, que l'opération projetée est dépourvue d'utilité publique.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2021, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 25 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 mars 2022 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 2011/92/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 ;

- le code de l'environnement ;

- le code de l'expropriation pour cause d'utilité publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- et les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société civile immobilière (SCI) de la Huguenote est propriétaire de parcelles cadastrées section B nos 147, 148 et 644 et section ZB n° 61 situées aux lieux-dits Maigremont et Le Marais sur le territoire de la commune de Vauchelles. Par un arrêté du 19 août 2020, dont la société requérante demande l'annulation, le préfet de l'Oise a déclaré cessibles ces parcelles, puisque nécessaires au projet de déviation de Noyon par un contournement ouest sur le territoire des communes de Beaurains-lès-Noyon, Larbroye, Noyon, Porquéricourt, Passel et Vauchelles.

2. En premier lieu, par un arrêté du 31 juillet 2020, régulièrement publié au numéro spécial du recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet de l'Oise a donné délégation à M. Dominique Lepidi, secrétaire général de la préfecture de l'Oise ayant signé l'arrêté litigieux, à l'effet de signer " tout acte, arrêté, correspondance, décision, requête et circulaire relevant des attributions de l'État dans le département de l'Oise " à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquels ne figure pas les arrêtés de cessibilité. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté de cessibilité, l'acte déclaratif d'utilité publique (DUP) sur le fondement duquel il a été pris et la ou les prorogations dont cet acte a éventuellement fait l'objet constituent les éléments d'une même opération complexe. Dès lors, à l'appui de conclusions dirigées contre l'arrêté de cessibilité, un requérant peut utilement se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la DUP ou de l'acte la prorogeant, y compris des vices de forme et de procédure dont ils seraient entachés, quand bien même le requérant aurait vu son recours en excès de pouvoir contre la DUP ou l'acte la prorogeant, être rejeté.

4. Par ailleurs, aux termes du paragraphe 1 de l'article 6 de la directive du 13 décembre 2011 concernant l'évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l'environnement : " Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les autorités susceptibles d'être concernées par le projet, en raison de leurs responsabilités spécifiques en matière d'environnement, aient la possibilité de donner leur avis sur les informations fournies par le maître d'ouvrage et sur la demande d'autorisation. À cet effet, les États membres désignent les autorités à consulter, d'une manière générale ou au cas par cas () ".

5. L'article L. 122-1 du code de l'environnement, pris pour la transposition des articles 2 et 6 de cette directive, dispose, dans sa rédaction applicable au litige, que : " I. - Les projets de travaux, d'ouvrages ou d'aménagements publics et privés qui, par leur nature, leurs dimensions ou leur localisation sont susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement ou la santé humaine sont précédés d'une étude d'impact. () / III. - Dans le cas d'un projet relevant des catégories d'opérations soumises à étude d'impact, le dossier présentant le projet, comprenant l'étude d'impact et la demande d'autorisation, est transmis pour avis à l'autorité administrative de l'Etat compétente en matière d'environnement () ". Aux termes du III de l'article R. 122-6 du même code dans sa version alors applicable : " Dans les cas ne relevant pas du I ou du II, l'autorité administrative de l'Etat compétente en matière d'environnement mentionnée à l'article L. 122-1 est le préfet de la région sur le territoire de laquelle le projet de travaux, d'ouvrage ou d'aménagement doit être réalisé () ".

6. L'article 6 de la directive du 13 décembre 2011 a pour objet de garantir qu'une autorité compétente et objective en matière d'environnement soit en mesure de rendre un avis sur l'évaluation environnementale des projets susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement, avant leur approbation ou leur autorisation, afin de permettre la prise en compte de ces incidences. Eu égard à l'interprétation de l'article 6 de la directive du 27 juin 2001 donnée par la Cour de justice de l'Union européenne par son arrêt rendu le 20 octobre 2011 dans l'affaire C-474/10, il résulte clairement des dispositions de l'article 6 de la directive du 13 décembre 2011 que, si elles ne font pas obstacle à ce que l'autorité publique compétente pour autoriser un projet soit en même temps chargée de la consultation en matière environnementale, elles imposent cependant que, dans une telle situation, une séparation fonctionnelle soit organisée au sein de cette autorité, de manière à ce que l'entité administrative concernée dispose d'une autonomie réelle, impliquant notamment qu'elle soit pourvue de moyens administratifs et humains qui lui soient propres, et soit ainsi en mesure de remplir la mission de consultation qui lui est confiée en donnant un avis objectif sur le projet concerné.

7. Lorsque le projet est autorisé par un préfet de département autre que le préfet de région, l'avis rendu sur le projet par le préfet de région en tant qu'autorité environnementale doit, en principe, être regardé comme ayant été émis par une autorité disposant d'une autonomie réelle répondant aux exigences de l'article 6 de la directive du 13 décembre 2011, sauf dans le cas où c'est le même service qui a, à la fois, instruit la demande d'autorisation et préparé l'avis de l'autorité environnementale. En particulier, les exigences de la directive, tenant à ce que l'entité administrative appelée à rendre l'avis environnemental sur le projet dispose d'une autonomie réelle, impliquant notamment qu'elle soit pourvue de moyens administratifs et humains qui lui soient propres, ne peuvent être regardées comme satisfaites lorsque le projet a été instruit pour le compte du préfet de département par la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) et que l'avis environnemental émis par le préfet de région a été préparé par la même direction, à moins que l'avis n'ait été préparé, au sein de cette direction, par le service mentionné à l'article R. 122-21 du code de l'environnement qui a spécialement pour rôle de préparer les avis des autorités environnementales.

8. En l'espèce, il est constant que l'avis de l'autorité environnementale a été rendu par la préfète de la région Picardie et que l'arrêté portant déclaration d'utilité publique a été délivré par le préfet de l'Oise, qui n'avait pas qualité de préfet de région. En outre, il ressort des pièces du dossier que cet avis de l'autorité environnementale a été préparé par la DREAL de Picardie, alors que la demande d'autorisation formulée par le conseil départemental a été examinée par le service de l'aménagement, de l'urbanisme et de l'énergie de la direction départementale des territoires de la préfecture de l'Oise. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'avis de la DREAL n'a pas été régulièrement émis par une entité administrative disposant d'une autonomie réelle et d'une séparation fonctionnelle de l'autorité publique compétente pour autoriser le projet. Un tel moyen doit, par conséquent, être écarté.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 122-2 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique, dans sa rédaction alors applicable : " Dans les cas où les atteintes à l'environnement ou au patrimoine culturel que risque de provoquer un projet de travaux, d'ouvrages ou d'aménagements le justifient, la déclaration d'utilité publique comporte, le cas échéant, les mesures prévues au deuxième alinéa du IV de l'article L. 122-1 du code de l'environnement ", lequel dispose, à cet égard que : " La décision de l'autorité compétente qui autorise le pétitionnaire ou le maître d'ouvrage à réaliser le projet prend en considération l'étude d'impact, l'avis de l'autorité administrative de l'Etat compétente en matière d'environnement et le résultat de la consultation du public () ". Par ailleurs, l'article R. 122-14 du même code, dans sa version applicable au litige, précise que : " I. - La décision d'autorisation, d'approbation ou d'exécution du projet mentionne : / 1° Les mesures à la charge du pétitionnaire ou du maître d'ouvrage, destinées à éviter les effets négatifs notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine, réduire les effets n'ayant pu être évités et, lorsque cela est possible, compenser les effets négatifs notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine qui n'ont pu être ni évités ni suffisamment réduits ; () / II. - Les mesures compensatoires ont pour objet d'apporter une contrepartie aux effets négatifs notables, directs ou indirects, du projet qui n'ont pu être évités ou suffisamment réduits. Elles sont mises en œuvre en priorité sur le site endommagé ou à proximité de celui-ci afin de garantir sa fonctionnalité de manière pérenne. Elles doivent permettre de conserver globalement et, si possible, d'améliorer la qualité environnementale des milieux () ".

10. Les dispositions combinées des articles L. 122-2 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique et L. 122-1 et R. 122-14 du code de l'environnement précisent, s'agissant des actes portant déclaration d'utilité publique, la portée du principe de prévention défini au 2° du II de l'article L. 110-1 du code de l'environnement, dans sa rédaction issue de la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. Il en résulte que, si les travaux, ouvrages et aménagements que ces actes prévoient le justifient, ces derniers doivent, à peine d'illégalité, comporter, au moins dans leurs grandes lignes, compte tenu de l'état d'avancement des projets concernés, les mesures appropriées et suffisantes devant être mises à la charge du pétitionnaire ou du maître d'ouvrage destinées à éviter, réduire et, lorsque c'est possible, compenser les effets négatifs notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine ainsi que les modalités de leur suivi. Ces mesures sont, si nécessaire, précisées ou complétées ultérieurement, notamment à l'occasion de la délivrance des autorisations requises au titre des polices d'environnement.

11. Le projet en litige, situé sur le territoire des communes de Beaurain-les-Noyon, Larbroye, Noyon, Passel, Porquéricourt de Vauchelles, consiste en la réalisation d'une route bidirectionnelle à deux voies, de trois kilomètres et demi de long, permettant le contournement du centre-ville de Noyon par une déviation reliant la route départementale 1 032 et la route départementale 934, en l'aménagement d'un carrefour giratoire sur la voirie communale de Larbroye, en la création d'un ouvrage de franchissement pour la route départementale 938 ainsi que d'un ouvrage de franchissement d'un fossé humide.

12. S'il est vrai, ainsi que le soutient la SCI de la Huguenote, que l'opération projetée, qui s'inscrit dans un secteur présentant une relative sensibilité environnementale, passe en limite de la zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de type I " Les Montagnes de Porquéricourt à Suzoy, bois des Essarts " et se situe au sud-est de deux sites Natura 2000, sources d'une grande richesse faunistique et floristique, le tracé retenu n'intercepte toutefois aucun site ou zone de protection et d'inventaire, ni aucun bio-corridor grande faune ou écologique connu. Par ailleurs, dans son avis du 19 mars 2015, l'autorité environnementale précise que l'incidence du projet, lequel évite les secteurs boisés, se limite à des arbres isolés, des alignements d'arbres ou des haies situées en bord de route et fait état, à cet égard, de ce que l'étude d'impact propose, dans le but de réduire les effets du projet sur les milieux naturels, la réalisation d'un ouvrage de franchissement au-dessus d'un fossé humide, la plantation de nouvelles haies de part et d'autre du tracé sur deux fois plus de trois kilomètres et enfin l'acquisition d'une bande enherbée de chaque côté du fossé. L'autorité environnementale fait état, en outre, de ce que le scénario n° 1 du contournement ouest retenu pour des raisons d'amélioration du trafic en centre-ville, de gain supplémentaire s'agissant de l'amélioration de la qualité de l'air et de faisabilité en cas de réalisation du futur canal Seine-Nord Europe, a été préféré aux scénarios n° 2 du contournement nord-ouest et n° 3 du contournement complet lesquels traversaient notamment une zone humide d'intérêt écologique et présentaient des mesures d'insertion importantes à mettre en œuvre. Ce même avis fait en outre apparaître que plusieurs variantes du scénario retenu, proches en termes de tracés et de coûts, ont été étudiées afin de limiter l'impact sur la zone humide du Marais et sur la consommation des espaces agricoles. Enfin, l'autorité environnementale, qui reconnaît que le projet n'emporte pas d'incidence significative sur la faune et la flore et respecte la réglementation en matière de bruit, conclut au fait que l'absence d'impact notable du projet sur l'environnement résulte des principes d'évitement et de réduction recherchés dès sa conception ainsi que des mesures de réduction et de compensation proposées. Dans ces conditions, et eu égard au moyen tel qu'il a été soulevé par la SCI de la Huguenote, il ne ressort pas des pièces du dossier que les travaux et l'ouvrage prévus par l'opération projetée justifiaient que la déclaration d'utilité publique comporte des mesures appropriées et suffisantes devant être mises à la charge du pétitionnaire ou du maître d'ouvrage afin de compenser les effets négatifs notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine, ainsi que les modalités de leur suivi.

13. En quatrième lieu, il appartient au juge, lorsqu'il doit se prononcer sur le caractère d'utilité publique d'une opération nécessitant l'expropriation d'immeubles ou de droits réels immobiliers, de contrôler successivement qu'elle répond à une finalité d'intérêt général, que l'expropriant n'était pas en mesure de réaliser l'opération dans des conditions équivalentes sans recourir à l'expropriation, et, enfin, que les atteintes à la propriété privée, le coût financier et, le cas échéant, les inconvénients d'ordre social ou économique que comporte l'opération ne sont pas excessifs eu égard à l'intérêt qu'elle présente. Il lui appartient également, s'il est saisi d'un moyen en ce sens, de s'assurer, au titre du contrôle sur la nécessité de l'expropriation, que l'inclusion d'une parcelle déterminée dans le périmètre d'expropriation n'est pas sans rapport avec l'opération déclarée d'utilité publique.

14. Premièrement, la lecture de la note rédigée par le directeur général chargé de l'aménagement et de la mobilité du département de l'Oise, annexée à l'arrêté de déclaration d'utilité publique, fait apparaître que le projet de contournement du centre-ville de Noyon, tel que décrit au point 11, a vocation, dans un contexte de mutations économiques profondes, à remédier aux nuisances induites par les difficultés de circulation rencontrées dans le secteur noyonnais, risquant d'être aggravées par le projet de construction du canal Seine-Nord Europe. Pour ce faire, l'opération envisagée vise à reporter le trafic routier sur une infrastructure adaptée en dehors de l'agglomération, à accompagner le développement de l'activité sur le territoire, à permettre un raccordement rapide et direct au maillage des routes et ce faisant, à supprimer les congestions en centre-ville de Noyon, réduire les temps de trajets des usagers du réseau routier et améliorer le cadre de vie des habitants. Dans ces conditions, les objectifs poursuivis par le projet en cause répondent à une finalité d'intérêt général, laquelle n'est pas sérieusement remise en cause par la société requérante qui se borne, sans invoquer d'éléments précis ou circonstanciés, à affirmer le contraire.

15. Deuxièmement, en se bornant à soutenir qu'il n'est pas démontré en quoi ses parcelles sont effectivement nécessaires à la réalisation du contournement ouest de Noyon, la SCI de la Huguenote n'apporte aucun élément de nature à établir que l'inclusion des terrains dont elle est propriétaire dans le périmètre d'expropriation serait sans rapport avec ce projet. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le commissaire enquêteur a émis un avis favorable au projet de cessibilité, qu'il juge conforme à l'objet des travaux résultant de la déclaration d'utilité publique, et précise, à cet égard, que l'emprise totale des parcelles appartenant à la société requérante, cadastrées B nos 147, 148 et 644 et ZB n° 61, consiste en la zone de compensation, conformément aux orientations du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux du bassin Seine-Normandie, de la zone humide de quatre hectares impactée par le projet. Par suite, il n'est pas établi que le département de l'Oise n'était pas en mesure de réaliser l'opération de contournement du centre-ville de Noyon dans des conditions équivalentes sans recourir à l'expropriation.

16. Troisièmement, la SCI de la Huguenote n'établit, ni même n'allègue que les coûts de tous ordres engendrés par le projet excéderaient l'intérêt qu'il présente. En tout état de cause, ni les inconvénients que comportent la réalisation d'un nouvel ouvrage routier, ni le coût de l'opération estimé à treize millions d'euros n'apparaissent excessifs eu égard à la nature, l'ampleur et l'intérêt public que présente l'opération à savoir, d'une part, l'amélioration des conditions de trafic sur la trame viaire du secteur noyonnais en termes de fluidité et de sécurité et d'autre part, la réduction des nuisances sonores et de pollution de l'air induites par cette circulation.

17. Compte tenu de ce qui vient d'être exposé aux points 14 à 16, le dernier moyen de la requête tiré du défaut d'utilité publique de l'opération d'expropriation en litige doit être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la SCI de la Huguenote doivent être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions relatives aux frais de l'instance.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI de la Huguenote est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière (SCI) de la Huguenote et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée, pour information, à la préfète de l'Oise et au département de l'Oise.

Délibéré après l'audience du 18 avril 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Binand, président,

- Mme Beaucourt, conseillère,

- M. A, magistrat honoraire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.

La rapporteure,

signé

P. BLe président,

signé

C. BINAND

Le greffier,

signé

N. VERJOT

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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