jeudi 19 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2100753 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | FLEURUS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 mars 2021, la SARL Rest'au bureau, représentée par Me Jourdan, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 octobre 2020 par laquelle la préfète de l'Oise l'a mise en demeure de réaliser, dans un délai de trois mois, plusieurs mesures correctives au titre de la maîtrise des risques sanitaires au sein de l'établissement " Rest'au bureau " qu'elle exploite, ensemble la décision du 8 janvier 2021 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de modifier les mentions du site internet " Alim'confiance " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée été édictée à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que l'activité de l'établissement " Rest'au bureau " a été qualifiée à tort de " restauration collective " avant la réalisation effective du contrôle par les services de la direction départementale de la protection des populations de l'Oise, alors qu'elle exerce une activité de remise directe, ce qui a entrainé l'application d'un vademecum de contrôle non pertinent ;
- elle est fondée sur une qualification erronée de l'activité de l'établissement " Rest'au bureau " qui ne constitue pas une activité de restauration collective mais de remise directe en application des dispositions de l'article 2 de l'arrêté ministériel du 21 décembre 2009 relatif aux règles sanitaires applicables aux activités de commerce de détail, entreposage et de transport de produits d'origine animale et denrées alimentaires en contenant et de l'annexe 1 de l'instruction technique DGAL/SDSSA/2020-289 ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que les manquements sur lesquels elle se fonde ne sont pas applicables à une activité de " remise directe " ;
- le retrait des résultats du contrôle publiés sur le site internet Alim'confiance doit être prononcé par voie de conséquence de l'annulation juridictionnelle de la décision attaquée, en application des dispositions de l'article D.321-3-8 du code rural et de la pêche maritime.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 6 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 octobre 2022.
Par courrier du 15 décembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la perte d'objet de la requête dès lors que la décision de mise en demeure attaquée a été levée définitivement par une décision de la préfète du 20 juin 2022.
La SARL Rest'au bureau a présenté, le 22 décembre 2022, des observations en réponse à ce moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pellerin, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 13 septembre 2016, la SARL Rest'au bureau, exploitante de l'établissement " Rest'au bureau ", a déclaré, auprès de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) de l'Oise, une activité de commerce de détail portant sur la restauration livrée de pâtisseries et de plats cuisinés. Le 4 décembre 2017, le gérant de la société a sollicité une dérogation à l'obligation d'agrément sanitaire, qui lui a été accordée le 11 décembre suivant. A la suite d'un contrôle effectué le 12 octobre 2020 par les services de l'inspection de la DDPP de l'Oise pour vérifier que la société remplissait toujours les conditions de dérogation à l'agrément sanitaire et sur la base du rapport d'inspection établi le 28 octobre suivant, la préfète de l'Oise, par décision du 29 octobre 2020, a mis en demeure la SARL Rest'au bureau de réaliser, dans un délai de trois mois, des mesures correctives au titre de la maîtrise des risques sanitaires au sein de l'établissement " Rest'au bureau " et l'a informée des conditions de publication sur le site Internet Alim'Confiance des résultats des contrôles officiels. Par deux courriels des 3 et 16 décembre 2020, le gérant de la SARL Rest'au bureau a formé des recours gracieux qui ont été rejetés par des décisions des 16 décembre 2020 et 8 janvier 2021. La
SARL Rest'au bureau demande au tribunal d'annuler la décision du 29 octobre 2020, ensemble le rejet de son recours gracieux.
2. Il ressort des pièces du dossier qu'après avoir été informée par la société requérante de la fermeture de son site, la préfète de l'Oise, par décision du 30 mars 2021, a suspendu temporairement l'exécution de la mise en demeure prononcée par la décision du 29 octobre 2020, puis, par une décision du 20 juin 2022, a levé de manière définitive cette mesure. Cette dernière décision a pour effet de rendre inopposables à la société requérante les prescriptions mises à sa charge par la décision attaquée et doit ainsi être regardée comme ayant procédé à l'abrogation de cette décision. A cet égard, si la société requérante a entendu cesser son activité à compter de la notification de la décision attaquée, il ne ressort pas des pièces du dossier que les mesures correctives prescrites par la décision attaquée ont reçu exécution. La seule circonstance que la requérante conteste, à l'occasion du présent litige, la qualification d'activité de " restauration collective " opérée par les services de contrôle ne suffit pas à considérer que le présent litige conserve un objet, la levée définitive de la mise en demeure prononcée par le préfet emportant l'extinction des obligations mises à charge par cette mise en demeure. Par suite, les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de la
SARL Rest'au bureau sont devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.
3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la SARL Rest'au bureau au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête présentée par la SARL Rest'au bureau.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Rest'au bureau et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
Mme Pellerin, première conseillère,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 janvier 2023.
La rapporteure,
signé
C. Pellerin
La présidente,
signé
C. Galle La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026