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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2101018

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2101018

mardi 6 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2101018
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantWILPOTTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés le 18 mars 2021, le 18 janvier 2022, le 11 mars 2022 et le 11 mai 2022, M. C D, représenté par Me Wilpotte, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Lignières-Châtelain a délivré à M. B un permis d'aménager en vue de la réalisation d'une aire de stationnement pour poids-lourds de trente emplacements, sur la parcelle cadastrée AH n° sur le territoire de la commune ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Lignières-Châtelain la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'arrêté initial est entaché d'un vice de forme tiré du défaut de mention des nom et prénom de son signataire en méconnaissance de l'article A. 424-2 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté attaqué a été pris à l'issue d'une procédure de rectification matérielle irrégulière ; en outre, il méconnaît le principe de non-rétroactivité des actes administratifs ;

- il méconnaît l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme, faute de nouvelle consultation des autorités intéressées par le projet ;

- il méconnaît l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme, faute d'avoir recueilli l'avis conforme de la commission départementale de la préservation des espaces agricoles ;

- il a été pris sur la base d'un dossier incomplet en méconnaissance des articles R. 441-3 et R. 441-4 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- le maire a considéré, à tort, que le projet était situé uniquement en secteur constructible.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 octobre 2021, le 14 décembre 2021, le 11 janvier 2022, le 22 janvier 2022 et le 13 avril 2022, la commune de Lignières-Châtelain, représentée par Me Gras, conclut au rejet de la requête et ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que M. D ne justifie pas avoir notifié son recours contentieux dans les conditions prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 151-11 et R. 423-50 du code de l'urbanisme sont irrecevables en application des dispositions de l'article R. 600-5 de ce code ;

- en tout état de cause, les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à M. E B, qui n'a pas produit d'écritures dans la présente instance.

Par une ordonnance du 14 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 mai 2022 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Beaucourt, conseillère,

- les conclusions de M. Lapaquette, rapporteur public,

- et les observations de Me Attia, représentant la commune de Lignières-Châtelain.

Considérant ce qui suit :

1. Le 9 octobre 2020, M. B a déposé une demande de permis d'aménager en vue de la réalisation d'une aire de stationnement pour poids-lourds de trente emplacements, sur la parcelle cadastrée AH sur le territoire de la commune de Lignières-Châtelain. Par un arrêté du 12 janvier 2021, le maire de Lignières-Châtelain a délivré, au nom de la commune, le permis sollicité par M. B. Par sa requête, M. D demande l'annulation de cet arrêté, en sa qualité de voisin immédiat du projet.

Sur l'irrecevabilité des moyens nouveaux soulevés dans le mémoire du 11 mars 2022 :

2. Aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative. () Le président de la formation de jugement, ou le magistrat qu'il désigne à cet effet, peut, à tout moment, fixer une nouvelle date de cristallisation des moyens lorsque le jugement de l'affaire le justifie () ".

3. Le premier mémoire en défense présenté pour la commune de Lignières-Châtelain a, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative, été communiqué à M. D le 12 octobre 2021. Il en résulte que les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 151-11 et R. 423-50 du code de l'urbanisme, soulevés pour la première fois par le requérant le 11 mars 2022, soit au-delà du délai de cristallisation prévu par les dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme rappelées au point précédent, sont irrecevables et ne peuvent, pour ce motif, qu'être écartés.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, il est constant que le maire de la commune de Lignières-Châtelain a délivré, par un arrêté du 12 janvier 2021, le permis d'aménager sollicité par M. B. En outre, par un second arrêté, objet de la présente instance, également daté du 12 janvier 2021 et intitulé " arrêté rectificatif pour erreur matériel[le] ", le maire a entendu remédier au vice de forme entachant son arrêté initial tiré de l'absence de mention de ses nom et prénom.

5. D'une part, l'arrêté attaqué, qui certes mentionne qu'il " annule et remplace " l'arrêté du 12 janvier 2021, reprend l'intégralité des dispositions de ce dernier arrêté en corrigeant, comme il vient d'être dit au point précédent, l'omission de la mention des nom et prénom de son signataire. Par suite, cet arrêté ne constitue qu'une décision modificative du premier permis d'aménager, qu'il n'a pas eu pour effet de retirer. Par ailleurs, si M. D soutient que l'arrêté rectificatif ne précise ni dans ses visas, ni dans ses motifs à quelle erreur il a entendu remédier, aucun principe ni disposition de valeur législative ou réglementaire n'impose à l'autorité administrative d'identifier expressément cette erreur avant de la corriger. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure de rectification matérielle ne peut qu'être écarté.

6. D'autre part, si M. D soutient que le maire de la commune a méconnu le principe de non-rétroactivité des actes administratifs en inscrivant la date du 12 janvier 2021 dans sa décision alors que celle-ci a été prise le 9 mars suivant, les pièces du dossier font toutefois apparaître que l'arrêté par lequel le maire de Lignières-Châtelain a entendu procéder à la rectification de l'arrêté du 12 janvier 2021 n'a eu ni pour objet, ni même pour effet d'en modifier le sens et le dispositif et partant, n'a produit aucun effet pour le passé. Par suite, un tel moyen doit être écarté, la réitération de la date du 12 janvier 2021 dans l'acte de régularisation étant, d'ailleurs, sans influence sur sa légalité.

7. En deuxième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article A. 424-2 du code de l'urbanisme : " L'arrêté mentionne, en caractères lisibles, le prénom, le nom et la qualité de son signataire ". Il ressort de ce qui vient d'être exposé aux points 2 et 3 que le maire de Lignières-Châtelain a, en prenant l'arrêté attaqué, remédié au vice de forme dont était entaché l'arrêté initial du 12 janvier 2021. Par suite, le moyen tiré du vice de forme ne peut qu'être écarté.

8. En troisième lieu, les articles R. 441-1 et suivants du code de l'urbanisme fixent la liste des pièces composant un dossier de demande de permis d'aménager que le pétitionnaire doit fournir au service instructeur. A cet égard, l'article R. 441-3 de ce code dispose que : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues pour le stationnement des véhicules ; / c) L'organisation et l'aménagement des accès au projet ; / d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ; / e) Les équipements à usage collectif et notamment ceux liés à la collecte des déchets ". En outre, l'article R. 441-4 du même code prévoit que : " Le projet d'aménagement comprend également : / 1° Un plan de l'état actuel du terrain à aménager et de ses abords faisant apparaître les constructions et les plantations existantes, les équipements publics qui desservent le terrain, ainsi que, dans le cas où la demande ne concerne pas la totalité de l'unité foncière, la partie de celle-ci qui n'est pas incluse dans le projet d'aménagement ; / 2° Un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaître la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer ".

9. La circonstance que le dossier de demande de permis d'aménager ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis d'aménager qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

10. La notice jointe au dossier de permis d'aménager, complétée par plusieurs photographies représentant l'état initial de la parcelle, indique que le projet en cause, qui n'emporte aucune construction, consiste en l'aménagement d'une aire de stationnement pour poids-lourds impliquant le nivellement et le recouvrement des sols par une couche de cailloux et de ballast compactés ainsi que le rallongement du bateau pour l'accès à la parcelle et précise, en outre, que les végétaux déjà présents seront conservés.

11. Il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a joint à son dossier de demande plusieurs plans et notamment un plan de situation ainsi qu'un plan d'ensemble permettant de connaître, selon différentes échelles, la situation du terrain en litige sur le territoire de la commune de Lignières-Châtelain. En outre, le plan de masse intitulé " avant projet 2 ", complété de plans de coupe intitulés " profil en long CC' " avant et après travaux ainsi que d'un plan topographique avant travaux, renseigne quant au nombre et à l'agencement des différents emplacements de stationnement ainsi qu'à la manière dont les poids-lourds accéderont, à partir de la route de Normandie, à la parcelle ainsi que sur la façon dont ils circuleront sur cette dernière. A cet égard, si M. D soutient que le dossier de demande de permis d'aménager ne contient aucun plan coté en trois dimensions, l'examen des plans annexés montrent que ceux-ci sont tous cotés en hauteur et indiquent à quelle échelle ils ont été réalisés permettant ainsi aux services instructeurs d'apprécier la conformité du projet à la règlementation d'urbanisme.

12. De surcroît, la circonstance que le nombre d'emplacements de stationnement déclaré par le pétitionnaire dans le formulaire CERFA diffère, à trois emplacements près, de celui figurant au plan de masse du projet ainsi que de celui déclaré à l'agence routière Ouest, n'a pas été, à elle seule, de nature à fausser l'appréciation des services instructeurs, suffisamment informés ainsi qu'il vient d'être dit quant à l'aménagement de la parcelle en cause. De plus, contrairement à ce que soutient M. D, l'ensemble des plans et photographies annexés au dossier de permis d'aménager permettent d'appréhender de façon exacte et suffisante les constructions avoisinantes les parcelles en litige.

13. Enfin, si M. D soutient que le dossier de demande de permis de construire ne comporte aucune précision quant à l'installation par M. B d'une signalisation ainsi qu'à l'apposition d'un marquage au sol sur la route de Normandie, pourtant nécessaires pour des raisons de sécurité publique, de tels aménagements, qui relèvent de la compétence de l'autorité compétente en matière de voirie, n'ont pas vocation à être décrits par le pétitionnaire dans le cadre de sa demande d'autorisation d'urbanisme.

14. Par suite, il résulte des quatre points qui précèdent que les services instructeurs du permis d'aménager en litige ont été mis en mesure, par la confrontation de l'ensemble des pièces produites au dossier de cette demande, de porter une appréciation, en toute connaissance de cause, sur la conformité du projet litigieux à la réglementation d'urbanisme applicable. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis d'aménager au regard des dispositions citées au point 8 ne peut qu'être écarté dans l'ensemble de ses branches.

15. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".

16. Il résulte de ces dispositions que si les constructions projetées portent une atteinte aux paysages naturels et urbains avoisinants, le permis de construire peut être refusé ou assorti de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain au sens de cet article, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Il est exclu de procéder, dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité des permis de construire délivrés, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux visés à l'article R. 111-27.

17. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle d'emprise du projet, longeant une route départementale, est située à proximité de la mairie de Lignières-Châtelain dans un secteur comportant une densité d'habitations réduite, d'aspect architectural plutôt hétérogène, ainsi que de vastes espaces vierges de constructions, laissées à l'état naturel. Dès lors, l'opération d'aménagement en litige, qui consiste seulement en le recouvrement d'une partie du terrain d'assiette de cailloux et ballast pour accueillir des poids-lourds en stationnement, s'insère dans un environnement qui ne présente pas d'intérêt architectural certain, ni d'attributs particuliers, notamment paysagers, qu'il conviendrait de préserver et ne saurait, par ses seules caractéristiques, porter atteinte au caractère du bâti avoisinant. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-27 doit être écarté.

18. En cinquième lieu, l'article A. 424-8 code de l'urbanisme dispose que : " () Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme ".

19. Il résulte de ces dispositions que les autorisations d'urbanisme, délivrées sous réserve des droits des tiers, ont pour seul objet d'assurer la conformité du projet autorisé aux dispositions d'urbanisme en vigueur. Dans ces conditions, M. D ne saurait utilement soutenir, devant le juge de l'excès de pouvoir, que le projet en litige aurait pour conséquence de lui faire subir des nuisances visuelles, olfactives et auditives du fait du stationnement, de jour comme de nuit, de poids-lourds à proximité de son habitation et d'entraîner pour lui un préjudice financier résultant de la perte de valeur de son bien.

20. En dernier lieu, la confrontation des pièces du dossier fait apparaître que la parcelle cadastrée section AH n° est classée, par la carte communale, pour sa moitié nord en secteur constructible et pour sa moitié sud en secteur non constructible. Or, l'aire de stationnement en cause s'implante sur la seule portion de parcelle classée en secteur constructible, le pétitionnaire ayant d'ailleurs indiqué dans la notice du projet que la végétation présente sur l'ensemble de la parcelle, et donc notamment en secteur non-constructible, serait préservée. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur de droit que le maire de Lignières-Châtelain a considéré, dans l'arrêté attaqué, que le projet se situait sur la partie de parcelle classée en secteur constructible. Par suite, un tel moyen doit être écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Lignières-Châtelain, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. D au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. D une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Lignières-Châtelain et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : M. D versera à la commune de Lignières-Châtelain une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à M. E B et à la commune de Lignières-Châtelain.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Binand, président,

- Mme Beaucourt, conseillère,

- M. A, magistrat honoraire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.

La rapporteure,

signé

P. BEAUCOURTLe président,

signé

C. BINAND

Le greffier,

signé

N. VERJOT

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

5

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