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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2101089

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2101089

mardi 4 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2101089
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantLE NORMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 26 mars 2021 et le 25 avril 2022, M. B C, représenté par Me Le Normand, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la délibération du 29 septembre 2020 par laquelle le conseil municipal de Bailleval a approuvé la révision du plan local d'urbanisme de la commune ;

2°) de procéder, le cas échéant, à la désignation d'un expert pour lui confier la mission d'analyser les parcelles dont il est propriétaire et d'indiquer si leurs caractéristiques sont celles des zones humides telles que décrites dans le plan local d'urbanisme contesté ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Bailleval les entiers dépens de l'instance ainsi que la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Il soutient que :

- il n'est pas démontré que le commissaire-enquêteur ait procédé à la transmission simultanée d'une copie de son rapport au président du tribunal administratif conformément aux dispositions de l'article R. 123-19 du code de l'environnement ;

- certaines personnes publiques associées n'ont pas été consultées ;

- rien n'indique qu'aucun des conseillers municipaux de la commune de Bailleval n'ait été personnellement intéressé par la révision du plan local d'urbanisme attaqué au sens de l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales ;

- il n'est pas établi que la convocation à la séance du 29 septembre 2020 du conseil municipal a été adressée aux conseillers municipaux dans le délai imparti à l'article L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales ;

- le plan d'aménagement et de développement durables a été adopté à l'issue d'une procédure irrégulière faute d'avoir été soumis pour avis à la communauté d'agglomération Creil Sud Oise en méconnaissance de l'article L. 153-13 du code de l'urbanisme ;

- le plan d'aménagement et de développement durables méconnaît l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme dès lors qu'il se contente de viser un objectif non chiffré de modération de consommation des espaces agricoles ou naturels ;

- le classement des parcelles en zone Nhu est insuffisamment justifié dans le rapport de présentation ; en outre, un tel classement méconnaît les critères de l'article L. 211-1 du code de l'environnement et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 septembre 2021 et le 25 mai 2022, la commune de Bailleval, représentée par Me Peynet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que M. C ne justifie pas de sa qualité de propriétaire de parcelles sur le territoire de Bailleval et partant, de l'intérêt lui donnant qualité pour agir contre la délibération attaquée ;

- en tout état de cause, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 31 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des transports ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique,

- les observations de Me Le Normand, représentant M. C,

- et les observations de Me Alibay, représentant la commune de Bailleval.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, qui se prévaut de sa qualité de propriétaire de plusieurs parcelles situées sur le territoire de la commune de Bailleval, demande l'annulation de la délibération du 29 septembre 2020 par laquelle le conseil municipal de la commune a approuvé la révision de son plan local d'urbanisme (PLU).

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 123-19 du code de l'environnement, dans sa version applicable au litige : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions et contre-propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. / Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans un document séparé, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. / Le commissaire enquêteur ou le président de la commission d'enquête transmet à l'autorité compétente pour organiser l'enquête l'exemplaire du dossier de l'enquête déposé au siège de l'enquête, accompagné du ou des registres et pièces annexées, avec le rapport et les conclusions motivées. Il transmet simultanément une copie du rapport et des conclusions motivées au président du tribunal administratif () ".

3. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

4. Si les pièces du dossier ne font pas apparaître que la copie du rapport du commissaire enquêteur a été transmise simultanément à la présidente du tribunal administratif d'Amiens, conformément aux dispositions de l'article R. 123-19 du code de l'environnement, il n'est pas établi, ni même précisément allégué, que cette circonstance a été de nature à nuire à l'information de l'ensemble des personnes intéressées par l'opération ou à exercer une quelconque influence sur les résultats de l'enquête. Un tel moyen ne peut dès lors qu'être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 153-14 du code de l'urbanisme : " L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale ou le conseil municipal arrête le projet de plan local d'urbanisme ". L'article L. 153-16 de ce code dispose que : " Le projet de plan arrêté est soumis pour avis : / 1° Aux personnes publiques associées à son élaboration mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 () ". En outre, l'article L. 132-7 du même code prévoit que : " L'Etat, les régions, les départements, les autorités organisatrices prévues à l' article L. 1231-1 du code des transport , les établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière de programme local de l'habitat et les organismes de gestion des parcs naturels régionaux et des parcs nationaux sont associés à l'élaboration des schémas de cohérence territoriale et des plans locaux d'urbanisme dans les conditions définies aux titres IV et V. Il en est de même des chambres de commerce et d'industrie territoriales, des chambres de métiers, des chambres d'agriculture et, dans les communes littorales au sens de l'article L. 321-2 du code de l'environnement, des sections régionales de la conchyliculture. Ces organismes assurent les liaisons avec les organisations professionnelles intéressées ".

6. Il ressort des pièces du dossier que le projet de PLU arrêté sur CD-Rom a été réceptionné le 22 janvier 2020 par la chambre des métiers et de l'artisanat ainsi que par la communauté de communes du Liancourtois-Vallée Dorée et le 27 janvier 2020 par le conseil régional des Hauts-de-France. Par ailleurs, la commune de Bailleval, qui produit un avis de réception, non daté, en provenance de la chambre de commerce et de l'industrie de l'Oise, fait valoir, sans être contredite en retour, que cette dernière a été destinataire de ce même dossier le 21 janvier 2020. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

7. En troisième lieu, en se bornant à soutenir qu'il revient à la commune de Bailleval de démontrer qu'aucun de ses conseillers municipaux n'était intéressé par l'adoption de la délibération attaquée au sens de l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales, le requérant n'assortit pas ce moyen, dépourvu du moindre caractère circonstancié, des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse ". En outre, l'article L. 2121-11 de ce code applicable aux communes de moins de 3 500 habitants telles que Bailleval dispose que : " () la convocation est adressée trois jours francs au moins avant celui de la réunion () ".

9. Il résulte de ces dispositions que les convocations aux réunions du conseil municipal doivent être envoyées aux conseillers municipaux de manière dématérialisée ou, s'ils en font expressément la demande, être adressées par écrit à leur domicile personnel ou à une autre adresse de leur choix, laquelle peut être la mairie, et qu'il doit être procédé à cet envoi dans un délai de trois jours francs avant la réunion. La méconnaissance de ces règles est de nature à entacher d'illégalité les délibérations prises par le conseil municipal alors même que les conseillers municipaux concernés auraient été présents ou représentés lors de la séance. Il ne peut en aller différemment que dans le cas où il est établi que les convocations irrégulièrement adressées ou distribuées sont effectivement parvenues à leurs destinataires trois jours francs au moins avant le jour de la réunion.

10. Il ressort des mentions de la délibération contestée du conseil municipal de Bailleval, lesquelles font foi jusqu'à preuve contraire, que la convocation à la séance du 29 septembre 2020 a été adressée aux conseillers municipaux le 21 septembre précédent, soit dans le délai de trois jours francs imparti par l'article L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales. En outre, la commune de Bailleval produit une attestation, signée par l'ensemble des conseillers municipaux encore en exercice à la date du 3 mai 2022, lesquels témoignent avoir reçu leur convocation le mercredi 21 septembre 2020, accompagnée des différents documents relatifs aux points inscrits à l'ordre du jour à savoir notamment ceux utiles à l'approbation du projet de révision de PLU. Par ailleurs, si l'intéressé soutient que la commune ne justifie pas de l'envoi de la convocation au domicile de chaque conseiller, il ne ressort nullement des pièces du dossier que les conseillers municipaux aient expressément demandé à recevoir leur convocation par écrit à leur domicile, plutôt que par voie dématérialisée comme le prévoit par principe l'article L. 2121-10 précité du code général des collectivités territoriales. Dans ces conditions, il s'ensuit que le moyen ne peut qu'être écarté.

11. En cinquième lieu, l'article L. 153-13 du code de l'urbanisme dispose que : " Lorsque le plan local d'urbanisme est élaboré par une commune qui n'est ni membre d'un établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de plan local d'urbanisme ni membre d'une autorité organisatrice au sens de l'article L. 1231-1 du code des transports, et qui est située à moins de quinze kilomètres de la périphérie d'une agglomération de plus de 50 000 habitants, le maire recueille l'avis de l'autorité organisatrice au sens de l'article L. 1231-1 du code des transports sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables () ". Aux termes de l'article L. 1231-1 du code des transports, dans sa version applicable au présent litige : " Dans leur ressort territorial, les communes, leurs groupements, la métropole de Lyon et les syndicats mixtes de transport sont les autorités compétentes pour organiser la mobilité. / Ces autorités sont des autorités organisatrices de transport au sens de l'article L. 1221-1. A ce titre, dans les conditions générales énoncées au présent chapitre, elles organisent des services réguliers de transport public de personnes et peuvent organiser des services de transport à la demande. / Elles concourent au développement des modes de déplacement terrestres non motorisés et des usages partagés des véhicules terrestres à moteur () ".

12. Si M. C se prévaut de ce que l'avis de l'autorité organisatrice des transports urbains n'a pas été recueilli alors que la commune de Bailleval est une commune limitrophe de l'agglomération Creil Sud Oise, laquelle compte plus de 50 000 habitants, il ne ressort pas des pièces du dossier, en l'absence d'éléments de nature à établir le raccordement de la commune au réseau géré par l'autorité organisatrice des transports urbains de l'agglomération creilloise ou même qu'un projet tendant à l'établissement d'un tel raccordement serait envisagé, que l'omission de cet avis aurait, en l'espèce, exercé une influence sur le sens de la délibération attaquée ou privé le public ou les membres du conseil municipal d'une garantie. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 153-13 du code de l'urbanisme doit être écarté.

13. En sixième lieu, l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au présent litige, dispose que : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : / 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; / 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune. / Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain () ".

14. En l'espèce, le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) du PLU de la commune de Bailleval présente, dans son orientation générale visant à " accueillir de nouveaux habitants à un rythme maîtrisé dans un souci de répondre aux besoins identifiés sur le secteur ", l'évolution démographique significative de la commune, sur les 40 dernières années, passant de 873 à 1471 habitants avec un net ralentissement depuis 1999 et estime qu'il sera possible de constater un gain d'environ 200 habitants, soit un total de 1670 habitants à l'horizon 2030, correspondant à une moyenne de cinq nouveaux ménages par an. En outre, il ressort de l'orientation générale relative au logement et à l'urbanisation du même PADD qu'il est prévu de " rendre possible jusqu'à 130 nouvelles résidences principales à l'horizon 2030 à partir des différentes disponibilités existantes dans la trame urbaine déjà constituée et de l'ouverture progressive à l'urbanisation des secteurs identifiés " de sorte que la réalisation de cet objectif implique l'édification de sept à huit logements par an, et que, " en tenant compte des logements déjà réalisés depuis 2013 ou en cours de réalisation, des disponibilités dans le tissu bâti déjà constitué et des mesures de pondération liées aux risques de rétention foncière, d'une opération d'une dizaine de logements à venir (), le nombre de nouveaux logements à créer sur des terrains à aménager serait d'environ une quarantaine ", ce chiffre ayant vocation à être ajusté en fonction du degré de renouvellement constaté des occupants au sein des logements existants et suivant un éventuel resserrement des ménages. La commune, s'agissant de cette orientation générale, fixe dès lors à 2,2 hectares la surface à urbaniser à des fins de logements avec une densité moyenne globale de 17 logements à l'hectare. De surcroît, le PADD du document d'urbanisme attaqué propose " de confirmer () l'urbanisation possible à des fins de logements : • d'environ 0,9 ha au lieu-dit Courtil-Tartron () entre Louveaucourt et Bailleval-bourg, • de 0,35 ha sur l'emprise aménageable au nord-ouest de la rue du Clos de Saveuse, • de 0,2 ha sur le terrain jouxtant la mairie à l'est, (), • de 0,8 ha au lieu-dit " Ruelle Jeannot ", entre Louveaucourt et Cagneux () " et poursuit en indiquant que " cette hypothèse de développement à horizon 2030 permet de rendre à l'espace agricole ou naturel délimité au PLU révisé, 5 ha de zone à urbaniser figurant au PLU avant révision ". Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le document en cause ne satisferait pas à l'obligation imposée par les dispositions de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme de faire figurer au PADD des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain doit être écarté.

15. En septième lieu, l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme dispose que : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger () ". Aux termes de l'article L. 151-19 de ce code : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres ". L'article R. 123-8 du même code précise, en outre, dans cette même version, que : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : a) Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; b) Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; c) Soit de leur caractère d'espaces naturels () ". Enfin, aux termes de l'article L. 211-1 du code de l'environnement, dans sa version applicable : " I.- Les dispositions des chapitres Ier à VII du présent titre ont pour objet une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau ; cette gestion prend en compte les adaptations nécessaires au changement climatique et vise à assurer : / 1° La prévention des inondations et la préservation des écosystèmes aquatiques, des sites et des zones humides ; on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire, ou dont la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année () ".

16. Le règlement du PLU approuvé par la délibération attaquée définit la zone N comme une zone naturelle à protéger au titre des sites, des paysages et du boisement. La zone N comprend trois secteurs dont le Nhu, secteur correspondant à l'emprise des secteurs identifiés en tant que zones humides.

17. D'une part, il résulte de la combinaison des dispositions précitées qu'il est loisible aux auteurs d'un PLU de délimiter, en application du code de l'urbanisme, des secteurs, notamment des zones humides, qu'ils souhaitent préserver et mettre en valeur compte tenu de leur intérêt écologique ou paysager, quand bien même les parcelles regardées comme incluses dans une zone humide ne rempliraient pas les critères mentionnés à l'article L. 211-1 du code de l'environnement. En l'espèce, les zones humides localisées par le PLU de Bailleval n'ont pas été délimitées en application du code de l'environnement au titre des pouvoirs de police de l'eau du représentant de l'État, mais en application du code de l'urbanisme. Par suite, M. C ne peut utilement soutenir que ses parcelles ne remplissent pas les conditions fixées par les dispositions précitées du code de l'environnement pour être qualifiée de zone humide. Ce moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant.

18. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de présentation du PLU, que l'emprise des 137 hectares de zones humides situés sur le territoire de la commune a été, d'une part, identifiée par une étude de délimitation de zones humides réalisée en 2013 par le syndicat intercommunal de la vallée de la Brèche, devenu le syndicat mixte du Bassin Versant de la Brèche et dont M. C ne remet pas en cause le contenu, et d'autre part, récemment ajustée suite aux investigations supplémentaires de terrain réalisées en juin 2020 par ce même syndicat dans le cadre de l'élaboration du schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de la Brèche. A ce titre, les auteurs du PLU ont entendu préserver ces zones humides de toute nouvelle forme d'urbanisation et éviter leur consommation en les inscrivant en zone N, correspondant à une zone naturelle à protéger, et plus précisément en secteur Nhu dans lequel est prohibée toute occupation et utilisation du sol en dehors des aménagements légers liés à la bonne gestion des milieux humides. Dans ces conditions, en créant de telles zones sur le territoire de la commune, dans un objectif marqué de prise en compte des sensibilités environnementales et des risques naturels, et alors même qu'elles ne rempliraient pas les critères de définition des zones humaines au sens de l'article L. 211-1 du code de l'environnement, les auteurs du PLU n'ont pas entaché la délibération litigieuse d'une erreur de droit.

19. D'autre part, il appartient aux auteurs d'un PLU de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.

20. M. C conteste le classement des parcelles dont il est propriétaire en zone Nhu. Le rapport de présentation du document d'urbanisme en litige décrit l'environnement de la commune de Bailleval et identifie les différentes zones humides présentes sur son territoire, délimitées en vertu de l'étude réalisée par le syndicat intercommunal de la vallée de la Brèche, et situées, notamment, le long du fossé du Marais, au Bois-Hubert, au Prieuré du Marais ainsi qu'à Béthencourt, secteurs déjà classés en zone N dans le PLU de 2008. Il ressort des pièces du dossier que les parcelles cadastrées section ZB se situent à l'est de la rue des champs et à proximité du fossé du Marais, que celles cadastrées section ZB , située également à l'est de cette rue, sont délimitées par le fossé du Marais, que celle cadastrée section n° 146 se trouve au cœur du Bois-Hubert, que la parcelle cadastrée section AE se trouve au cœur du Prieuré et à proximité du fossé du Marais et enfin, que les parcelles cadastrées section 0E sont situées dans le Marais au sud de Béthencourt. Dans ces conditions, le classement de ces parcelles en zone Nhu n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation. Enfin, si M. C critique également le classement en zone Nhu de ses parcelles cadastrées section , il ressort toutefois des pièces du dossier que celles-ci ont été classées par le PLU litigieux, non en secteur Nhu, mais en zone N de sorte que le moyen soulevé à ce titre ne peut qu'être écarté.

21. En huitième et dernier lieu, il résulte de ce qui précède que la délimitation des zones humides par les auteurs du PLU de la commune de Bailleval repose sur l'étude de délimitation des zones humides réalisée en 2013 par le syndicat intercommunal de la vallée de la Brèche ainsi que sur les dernières données issues des investigations supplémentaires de terrain réalisées en juin 2020 dans le cadre des travaux de rédaction du SAGE de la Brèche, en cours d'élaboration à la date de la révision du PLU en cause. En outre, la commune, dans son document d'urbanisme, expose les raisons pour lesquelles elle entend identifier les espaces de son territoire comme zone humide notamment par la présence de cours d'eau, marais, peupleraies, qu'il convient de préserver et étaye ses dires par diverses cartes de situations de ces zones. Il en résulte que le moyen tiré de l'insuffisante justification, dans le rapport de présentation, du classement des parcelles en secteur Nhu doit être écarté.

22. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune de Bailleval, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin de désignation d'un expert.

Sur les frais liés au litige :

23. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bailleval, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. C une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Bailleval et non compris dans les dépens.

24. D'autre part, M. C ne justifiant pas avoir exposé de dépens dans le cadre de la présente instance, ses conclusions présentées au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : M. C versera à la commune de Bailleval une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et la commune de Bailleval.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Binand, président,

- Mme Beaucourt, conseillère,

- M. A, magistrat honoraire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.

La rapporteure,

signé

P. DLe président,

signé

C. BINAND

Le greffier,

signé

N. VERJOT

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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