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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2101231

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2101231

vendredi 30 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2101231
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSCP CARON - DAQUO - AMOUEL - PEREIRA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 avril et le 17 décembre 2021, Mme B, représentée en dernier lieu par Me Pereira, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2020 par lequel la préfète de la Somme a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer une carte de séjour "vie privée et vie familiale", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- il est illégal, dès lors que la préfète n'a pas procédé à un examen complet de sa demande ;

- il méconnait les dispositions de l'article L.313-11-11° (désormais codifiées à l'article L. 425-9) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnait les dispositions de l'article L.313-14 (désormais codifiées à l'article

L. 435-1) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2021, la préfète de la Somme conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure,

- et les observations de Me Pereira, représentant la requérante.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante marocaine née le 1er février 1951, est entrée en France le 16 novembre 2019, sous couvert d'un visa court séjour. Elle a demandé le 23 janvier 2020 son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 15 octobre 2020 dont elle demande l'annulation, la préfète de la Somme a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

2. Mme B a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 313-14, désormais codifié à l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la lettre d'explication de sa situation adressée au préfet à l'appui de sa demande, que cette dernière était notamment motivée par la dégradation de son état de santé nécessitant que ses enfants la prennent en charge. Il ne ressort d'aucune mention de la décision attaquée ni d'aucune autre pièce du dossier que l'autorité administrative ait examiné les raisons pour lesquelles cette circonstance n'était pas de nature à justifier une admission exceptionnelle au séjour, sur un fondement légal qui n'est d'ailleurs pas plus précisé. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que la décision de refus de titre de séjour est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation et à demander, pour ce motif et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de sa requête, son annulation.

3. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Somme de procéder au réexamen de la demande de Mme B, de lui impartir un délai de deux mois à cette fin et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 750 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 15 octobre 2020 de la préfète de la Somme est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Somme de procéder au réexamen de la demande de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour.

Article 3 : L'Etat versera à Mme B la somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de la Somme.

Délibéré après l'audience du 19 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Thérain, président,

- Mme Rondepierre, première conseillère,

- M. Richard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.

La rapporteure,

signé

A. Rondepierre

Le président,

signé

S. Thérain

La greffière,

signé

S. Chatellain

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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