jeudi 8 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2101456 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GUYOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 avril 2021, M. D A, représenté par Me Guyot, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 25 février 2021 par lequel le maire de la commune de Talmas a mis en demeure M. A de procéder à divers réparations et mises en conformité du logement situé au 33 rue d'Amiens à Talmas.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est illégal car lors de l'établissement de l'entrée des lieux des locataires, les lieux étaient dans un bon état, des travaux de réfection ont été réalisés avant l'arrivée des locataires, la chaudière fonctionne et est en bon état et les locataires ont accepté l'absence de rampe sur les escaliers ;
- la sécurisation de l'accès à la propriété est à la charge de la commune de Talmas dès lors que cet accès fait partie du domaine public de la commune.
Un mémoire en défense, présenté par le maire de la commune de Talmas, a été transmis à la juridiction par courrier enregistré le 23 juin 2021.
Par des courriers du 1er juillet 2021 et du 20 octobre 2021, le greffe du tribunal a invité la commune de Talmas à régulariser ses écritures, en application des articles R. 414-1 et R. 611-8-2 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 8 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 avril 2023.
Les parties ont été informées le 19 mai 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence du maire de Talmas pour édicter l'arrêté du 25 février 2021 en raison de l'existence d'un pouvoir de police spéciale du représentant de l'Etat dans le département.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bazin, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A est usufruitier d'une maison située au 33 rue d'Amiens à Talmas. Par acte du 1er février 2019, M. A a loué son bien à Mme B et M. C. Par un arrêté du 25 février 2021, le maire de la commune de Talmas a mis en demeure M. A de procéder à diverses réparations et mises en conformité du logement situé au 33 rue d'Amiens à Talmas. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la recevabilité du mémoire en défense :
2. Aux termes de l'article R. 414-1 du code de justice administrative : " Lorsqu'elle est présentée par un avocat, un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, une personne morale de droit public autre qu'une commune de moins de 3 500 habitants ou un organisme de droit privé chargé de la gestion permanente d'un service public, la requête doit, à peine d'irrecevabilité, être adressée à la juridiction par voie électronique au moyen d'une application informatique dédiée accessible par le réseau internet. La même obligation est applicable aux autres mémoires du requérant. / Lorsqu'elle est présentée par une commune de moins de 3 500 habitants, la requête peut être adressée au moyen de cette application () ". Aux termes de l'article R. 611-8-2 du même code : " Toute juridiction peut adresser par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier. () Les communes de moins de 3 500 habitants peuvent être invitées par le greffe à s'inscrire dans cette application et à produire leurs mémoires en défense et les pièces qui y sont jointes par ce moyen () ".
3. Le mémoire en défense présenté par la commune de Talmas a été transmis à la juridiction par un courrier enregistré le 23 juin 2021. La commune de Talmas étant inscrite dans l'application informatique " Télérecours ", le greffe du tribunal lui a demandé, par le biais de cette application par des courriers des 1er juillet et 20 octobre 2021, de bien vouloir régulariser cette requête le 1er juillet 2021, en déposant ses mémoires et ses pièces jointes dans l'application Télérecours dans un délai d'un mois. En dépit de ces demandes de régularisation, mises à disposition dans l'application les 1er juillet et 20 octobre 2021, celle-ci n'a pas, à l'expiration du délai qui lui était imparti ni même après ce délai, transmis son mémoire en défense par l'application Télérecours. Dans ces conditions, ce mémoire et les pièces y afférentes doivent être écartés des débats.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publique. Elle comprend notamment : / () 5° Le soin () de pourvoir d'urgence à toutes les mesures d'assistance et de secours et, s'il y a lieu, de provoquer l'intervention de l'administration supérieure () ". Aux termes de l'article L. 1421-4 du code de la santé publique : " Le contrôle administratif et technique des règles d'hygiène relève : / 1° De la compétence du maire pour les règles générales d'hygiène fixées, en application du chapitre Ier du titre Ier du livre III, pour les habitations, leurs abords et dépendances ". Aux termes de l'article L. 511-1 du code de la construction et de l'habitation : " La police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations est exercée dans les conditions fixées par le présent chapitre et précisées par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article L. 511-2 du même code : " La police mentionnée à l'article L. 511-1 a pour objet de protéger la sécurité et la santé des personnes en remédiant aux situations suivantes : () 4° L'insalubrité, telle qu'elle est définie aux articles L. 1331-22 et L. 1331-23 du code de la santé publique. ". Aux termes de l'article L. 511-4 du même code : " L'autorité compétente pour exercer les pouvoirs de police est : () 2° Le représentant de l'Etat dans le département dans le cas mentionné au 4° du même article. ". Aux termes de l'article L. 511-8 du même code : " La situation d'insalubrité mentionnée au 4° de l'article L. 511-2 est constatée par un rapport du directeur général de l'agence régionale de santé ou, par application du troisième alinéa de l'article L. 1422-1 du code de la santé publique, du directeur du service communal d'hygiène et de santé, remis au représentant de l'Etat dans le département préalablement à l'adoption de l'arrêté de traitement d'insalubrité. () ".
5. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que s'il appartient au maire, en vertu des pouvoirs généraux de police qu'il tient de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales et des pouvoirs de contrôle administratif et technique des règles générales d'hygiène applicables aux habitations et à leurs abords qui lui sont conférés par l'article L. 1421-4 du code de la santé publique, de veiller aux respect des règles de salubrité sur le territoire de la commune, la prescription de mesures adéquates de nature à faire cesser l'insalubrité dans un logement relève, en application des articles L. 511-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation qui remplacent les articles L. 1331-26 et L. 1331-28 du code de la santé publique abrogés au 1er janvier 2021, de la compétence des services de l'Etat au terme d'une procédure qui, sauf cas d'urgence, débute par l'établissement d'un rapport motivé sur l'état de l'immeuble, établi par le directeur général de l'agence régionale de santé, le cas échéant sur saisine du maire ou du locataire.
6. Par l'arrêté en litige du 25 février 2021, le maire de la commune de Talmas a mis en demeure M. A de procéder aux réparations au moins provisoires des canalisations du cabinet d'aisance pour éliminer les fuites existantes sans délai, d'assurer un chauffage suffisant permettant de garder une température d'au moins 18° dans chaque pièce dans les moindres délais et au plus vite, de sécuriser les garde-corps et les escaliers permettant l'accès au logement et à la cave dans un délai d'un mois, de faire vérifier et remettre en sécurité l'installation électrique dans un délai d'un mois, de créer un système de ventilation conforme dans la cuisine et créer une arrivée d'air en partie basse dans un délai de trois mois, de remédier dans un délai de six mois aux problèmes d'humidité, après assèchement des murs remettre en état les huisseries et revêtements dégradés par l'humidité dans un délai de trois mois et de remettre en conformité l'installation d'assainissement non collectif dans un délai de six mois. Si l'arrêté attaqué vise les articles L. 2212-1 et L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, relatifs aux pouvoirs municipaux de police générale, il ressort des mesures prescrites qu'elles dépassent les pouvoirs que détient le maire à ce titre. S'il lui appartient, comme il a été dit au point 4, de veiller au respect des règles de salubrité sur le territoire de la commune et ainsi d'attirer l'attention des services préfectoraux, seul le représentant de l'Etat dans le département est compétent, au titre de la police spéciale des immeubles insalubres et au terme d'une procédure précise, pour prescrire des mesures adéquates de nature à faire cesser l'insalubrité dans un logement et de mettre en demeure le propriétaire d'y procéder.
7. Il résulte de tout ce qui précède que le maire de la commune de Talmas n'était pas compétent pour édicter l'arrêté querellé.
8. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les moyens de la requête, que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 25 février 2021 du maire de Talmas doivent être accueillies.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Talmas du 25 février 2021 est annulé.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la commune de Talmas.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
Mme Pellerin, première conseillère,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023.
La rapporteure,
signé
L. Bazin
La présidente,
signé
C. Galle La greffière,
signé
Z. Aguentil
La République mande et ordonne au préfet de la Somme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026