jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2101458 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GRAVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée les 22 avril 2021, la commune d'Epehy, représentée par Me Gravier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 février 2021 par lequel le recteur de l'académie d'Amiens a supprimé un poste d'enseignant au sein de l'école primaire de la commune d'Epehy à compter du 1er septembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en droit ;
- l'arrêté attaqué a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors que le comité technique spécial départemental et le conseil départemental de l'éducation nationale prévu à l'article L. 235-1 du code de l'éducation n'ont pas rendu d'avis ;
- l'arrêté attaqué a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors que le comité technique spécial départemental et le conseil départemental de l'éducation nationale ont été irrégulièrement convoqués, que leurs compositions étaient irrégulières et qu'ils n'ont pas délibéré ;
- l'arrêté attaqué a été pris au terme d'une procédure méconnaissant l'article L. 211-1 du code de l'éducation dès lors que son maire n'a pas disposé d'un temps suffisant pour présenter des observations sur la mesure dont l'adoption était envisagée de manière à ce que le conseil de l'éducation nationale en prenne connaissance ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions combinées des articles L. 211-1 et D. 211-9 du code de l'éducation ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est incompatible avec les impératifs sanitaires liés à la lutte contre l'épidémie de covid-19.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 janvier 2023, le recteur de l'académie d'Amiens conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 22 février 2021, le recteur de l'académie d'Amiens a supprimé un poste d'enseignant au sein de l'école primaire de la commune d'Epehy à compter du 1er septembre 2021. Cette commune demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, il ne résulte d'aucun texte ou principe que la décision attaquée, qui constitue une mesure d'organisation du service ayant le caractère d'un acte réglementaire, doive être motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation en droit, au demeurant non fondé, est inopérant, sans qu'y fasse obstacle le cas échéant le caractère erroné de ses visas.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 235-11 du code de l'éducation : " Le conseil départemental de l'éducation est notamment consulté : / 1° Au titre des compétences de l'Etat ; / a) Sur la répartition entre les communes intéressées, à défaut d'accord entre celles-ci, des charges des écoles maternelles, des classes enfantines et des écoles élémentaires publiques ; / b) Sur la répartition des emplois d'enseignants des écoles maternelles et élémentaires publiques ; () ". Aux termes de l'article D. 211-9 du même code : " Le nombre moyen d'élèves accueillis par classe et le nombre des emplois par école sont définis annuellement par le directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie, compte tenu des orientations générales fixées par le ministre chargé de l'éducation, en fonction des caractéristiques des classes, des effectifs et des postes budgétaires qui lui sont délégués, et après avis du comité technique départemental ".
4. Il ressort des pièces du dossier que suite à des délibérations, le comité technique départemental et le conseil de l'éducation nationale ont rendu des avis respectivement les 8 et 18 février 2021 sur l'évolution de la répartition des emplois d'enseignants à compter de la rentrée 2021 au sein du département de la Somme. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces deux organes aient été irrégulièrement convoqués ou composés, ainsi que le soutient la commune d'Epehy sans préciser plus avant ses griefs. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'absence et de l'irrégularité de ces deux avis doivent être écartés.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 211-1 du code de l'éducation : " L'éducation est un service public national, dont l'organisation et le fonctionnement sont assurés par l'Etat, sous réserve des compétences attribuées par le présent code aux collectivités territoriales pour les associer au développement de ce service public. L'Etat assume, dans le cadre de ses compétences, des missions qui comprennent : / () 4° La répartition des moyens qu'il consacre à l'éducation, afin d'assurer en particulier l'égalité d'accès au service public ; () ".
6. Il ne résulte pas des dispositions citées au point précédent que l'administration doive inviter les maires des communes susceptibles d'être affectées par des suppressions d'emplois d'enseignants au sein de leurs écoles à présenter des observations préalablement à la réunion du conseil de l'éducation nationale. Par suite, la commune d'Epehy ne peut utilement se prévaloir de ce que son maire n'a pas disposé d'un temps suffisant pour présenter des observations sur la mesure dont l'adoption était envisagée de manière à ce que le conseil de l'éducation nationale en prenne connaissance en vue de sa réunion du 18 février 2021. Au demeurant, s'il n'est pas établi que le courrier du 8 février 2021 du recteur de l'académie d'Amiens invitant le maire de la commune d'Epehy à présenter des observations sur la suppression en litige ait été reçu avant la relance par courriel effectuée le 16 février 2021, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la réponse du lendemain, que ce dernier avait été préalablement informé de cette mesure et avait déjà fait valoir son opposition dans un courrier du 12 février 2021.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article D. 211-9 du code de l'éducation : " Le nombre moyen d'élèves accueillis par classe et le nombre des emplois par école sont définis annuellement par le directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie, compte tenu des orientations générales fixées par le ministre chargé de l'éducation, en fonction des caractéristiques des classes, des effectifs et des postes budgétaires qui lui sont délégués, et après avis du comité technique départemental ".
8. Il est constant que malgré un " indice de position sociale " peu élevé dans l'école de la commune d'Epehy, cette dernière n'appartient pas au réseau d'éducation prioritaire et que le nombre moyen d'élèves par classe dans le département de la Somme, en dehors de ce réseau, était à la rentrée 2021 de 22. Par ailleurs, il n'est pas sérieusement contesté que ce chiffre était en 2020 de 18,4 et aurait été, en 2021 et en l'absence de toute mesure, de 17,8 dans la commune d'Epehy, sans que cette dernière n'établisse que la suppression en litige l'ait augmenté sensiblement au-delà de la moyenne départementale. En outre, aucun élément probant ou précision ne sont donnés quant à l'incompatibilité de l'arrêté attaqué avec les impératifs sanitaires liés à la lutte contre l'épidémie de covid-19. Dans ces conditions, et sans qu'y fassent obstacle les circonstances que la mesure attaquée conduise à des regroupements de niveaux et que certains des élèves de la commune connaissent des difficultés, la commune d'Epehy n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaît le principe d'égalité d'accès au service public ainsi que les dispositions précitées des articles L. 211-1 et D. 211-9 du code de l'éducation et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la commune d'Epehy n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée. Par suite, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la commune d'Epehy est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la commune d'Epehy et au recteur de l'académie d'Amiens.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Galle, présidente,
- M. Fumagalli, conseiller,
- M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.
Le rapporteur,
signé
J. Richard
La présidente,
signé
C. Galle
Le greffier,
signé
J.-F. Langlois
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2101458
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026