mardi 27 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2101801 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL MDMH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 mai 2021 et le 18 octobre 2022, Mme A B, représentée par Me Maumont demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 mars 2021 par laquelle le directeur général de la gendarmerie nationale a confirmé le bien-fondé de la sanction disciplinaire de 10 jours d'arrêts avec dispense d'exécution assortie de 12 mois de sursis prononcée à son encontre le 15 décembre 2020 ainsi que cette décision du 15 décembre 2020.
2°) d'enjoindre à l'État de retirer les décisions litigieuses et toute pièce afférente de son dossier administratif, dans un délai d'un mois suivant la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administratif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2022, le ministère des armées conclut à ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête/ () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; ".
2. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 15 décembre 2020, le commandant du groupement de gendarmerie départementale de l'Aisne a infligé à Mme B une sanction de dix jours d'arrêts avec dispense d'exécution assortie d'un sursis de douze mois. Par une décision du 10 mars 2021 le directeur général de la gendarmerie nationale a rejeté le recours hiérarchique que l'intéressée a formé contre cette décision. Mme B demande au tribunal l'annulation pour excès de pouvoir de ces deux décisions et le retrait de toute mention de cette sanction de son dossier.
3. Aux termes de l'article R. 4137-33 du code de la défense : " Le sursis est prononcé pour un délai déterminé par l'autorité qui a infligé la sanction. Ce délai ne peut être inférieur à trois mois ni excéder douze mois. En cas de sursis, la sanction de consigne ou d'arrêts n'est ni exécutée ni inscrite, la réprimande, le blâme ou le blâme du ministre n'est pas inscrit. Si le militaire fait, au cours du délai de sursis, l'objet d'une sanction égale ou supérieure à la sanction ayant fait l'objet d'un sursis, il est mis fin au sursis et la sanction non encore exécutée s'ajoute à la nouvelle sanction. / Les sanctions assorties d'un sursis ne sont inscrites au dossier individuel que lorsque le sursis est révoqué ".
4. Il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que Mme B n'a fait l'objet, au cours du délai de sursis qui expirait le 17 décembre 2021, d'aucune sanction égale ou supérieure à la sanction ayant fait l'objet du sursis et que l'administration a procédé à l'effacement de cette mention du dossier de l'intéressée. Par suite, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre les décisions attaquées, qui n'ont fait l'objet d'aucune exécution et ne font plus l'objet d'une inscription au dossier individuel de la requérante, ainsi que les conclusions à fin d'injonction, sont sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme que Mme B demande sur le fondement de l'article L .761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B présentées à fin d'annulation et d'injonction.
Article 2 : Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, et au ministre des armées.
Fait à Amiens, le 27 décembre 2022.
Le président de la 4ème chambre,
Signé
C. Binand
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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