mercredi 18 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2101826 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 mai et le 26 juillet 2021, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 février 2021 par lequel le maire de Cauffry lui a retiré ses délégations en sa qualité de conseiller municipal.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué ne lui a pas été notifié ;
- il est constitutif d'un abus de pouvoir dès lors qu'il a été pris unilatéralement ;
- il est dépourvu de motivation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2021, le maire de Cauffry conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la procédure de retrait des délégations de M. B a été respectée ;
- l'arrêté a été notifié par courrier à l'intéressé, affiché en mairie, et transmis en préfecture le 19 février 2021 ;
- M. B n'a pas été élu adjoint au maire par le conseil municipal mais nommé conseiller municipal délégué par le maire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative ;
- le code général des collectivités territoriales.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ".
3. Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. () Lorsque le maire a retiré les délégations qu'il avait données à un adjoint, le conseil municipal doit se prononcer sur le maintien de celui-ci dans ses fonctions ".
4. Il ressort des dispositions précitées que la décision par laquelle le maire rapporte la délégation de ses conseillers municipaux, est une décision à caractère réglementaire qui a pour objet la répartition des compétences entre les différentes autorités municipales, de sorte que l'arrêté attaqué du 18 février 2021, par lequel le maire de Cauffry a retiré à M. B ses délégations en sa qualité de conseiller municipal, constitue un tel acte réglementaire. Par ailleurs, la publication d'un acte règlementaire suffit à faire courir à l'égard des tiers, indépendamment de toute notification, le délai de recours contentieux contre cet acte. En outre, aucune disposition légale ou règlementaire n'impose que l'acte de publication mentionne les voies et délais de recours. Ainsi, il s'ensuit que le délai de recours contentieux de deux mois francs contre l'arrêté attaqué, qui a été publié le 19 février 2021, ce qui n'est pas contredit par le requérant, était expiré à la date à laquelle la requête de M. B a été enregistrée au greffe du tribunal, soit le 24 mai 2021. Sa demande de communication de l'acte n'a par ailleurs pas eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux alors, qu'ainsi qu'il a été dit ci-dessus, il est constant que celui-ci a été publié et était donc disponible. Par suite, la présente requête est tardive et doit, pour ce motif, être rejetée comme étant entachée d'une irrecevabilité manifeste sur le fondement des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la maire de la commune de Cauffry.
Fait à Amiens, le 18 octobre 2023.
Le président de la 3ème chambre,
signé
S. Thérain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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