mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2102099 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DONNETTE-LOMBARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 15 juin 2021 et le 14 septembre 2021, M. B C, représenté par Me Donnette, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 avril 2021 par lequel la maire de Saint-Simon s'est opposée à sa déclaration préalable en vue de la pose d'une piscine hors sol sur un terrain cadastré situé sur le territoire de la commune ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Simon la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- son projet a déjà fait l'objet d'une déclaration préalable, laquelle a été égarée par les services municipaux ;
- la maire de la commune de Saint-Simon s'est opposée, à tort, à son projet, qui ne nécessite qu'une simple déclaration préalable et non une autorisation de construire et qui consiste en une annexe au sens de l'article N2 du règlement écrit du plan local d'urbanisme intercommunal valant programme local de l'habitat et plan de déplacements urbain (PLUi-HD) de la communauté d'agglomération du Saint Quentinois ;
- l'arrêté attaqué est constitutif d'une rupture d'égalité par rapport aux parcelles voisines sur l'emprise desquelles l'implantation de piscines a été autorisée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2021, la commune de Saint-Simon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 décembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 janvier 2022 à 12h00.
Par un courrier du 29 mars 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que l'autorité administrative a méconnu le champ d'application de la loi en appliquant les dispositions du règlement écrit du PLUi-HD de la communauté d'agglomération du Saint Quentinois relatives à la zone N, alors que la piscine projetée a vocation à s'implanter sur la portion de la parcelle cadastrée classée en zone U1.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 17 février 2021, M. B C a déposé une déclaration préalable en vue de la pose d'une piscine hors sol sur un terrain cadastré section situé sur le territoire de la commune de Saint-Simon. Par un arrêté du 15 avril 2021, dont M. C demande l'annulation, la maire de la commune s'est opposée à cette déclaration préalable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " En dehors du périmètre des sites patrimoniaux remarquables, des abords des monuments historiques et des sites classés ou en instance de classement, les constructions nouvelles suivantes doivent être précédées d'une déclaration préalable, à l'exception des cas mentionnés à la sous-section 2 ci-dessus : () / f) Les piscines dont le bassin a une superficie inférieure ou égale à cent mètres carrés et qui ne sont pas couvertes ou dont la couverture, fixe ou mobile, a une hauteur au-dessus du sol inférieure à un mètre quatre-vingts () ".
3. Par ailleurs, aux termes de l'article N1 du règlement écrit du plan local d'urbanisme intercommunal valant programme local de l'habitat et plan de déplacements urbain (PLUi-HD) de la communauté d'agglomération du Saint-Quentinois, applicable à la date du litige : " () Tous les usages et affectations des sols, types d'activités, destinations et sous-destinations non mentionnés à l'article 2.1 sont interdits ". L'article N2 de ce règlement, dans cette même version, dispose, en outre, que : " 2.1 Dans la zone N () / - Les annexes aux constructions à destination d'habitation existantes à condition : • d'avoir une emprise au sol inférieure ou égale à 50 m2, • et de présenter une hauteur inférieure à 7 mètres au faîtage et correspondre à un niveau rez-de-chaussée + comble ou à 3,5 mètres à l'acrotère, • et d'être implantées à moins de 50 mètres de la construction d'habitation existante. / - Le changement de destination des constructions existantes à condition : • qu'il porte sur un bâtiment identifié aux documents graphiques au titre de l'article L.151-11 2° du Code de l'urbanisme, • et qu'il ne compromette ni l'activité agricole existante ni les capacités d'évolution des exploitations agricoles situées à proximité, ni les circulations agricoles (animaux, engins), • et qu'il se fasse au bénéfice des destinations et sous-destinations suivantes : habitation, artisanat et commerce de détail, restauration, activités de services où s'effectue l'accueil d'une clientèle, hébergement hôtelier et touristique, cinéma, équipements d'intérêt collectif et services publics, activités artisanales liées à l'industrie, bureau, • et que les constructions faisant l'objet du changement de destination soient desservies par les réseaux d'eau et d'électricité et par un accès* carrossable de 3,50 mètres de large minimum () ". Une annexe s'entend, en vertu du lexique annexé à ce même règlement, " [d'] une construction secondaire, de dimensions réduites et inférieures à la construction principale, qui apporte un complément aux fonctionnalités de la construction principale. Elle doit être implantée selon un éloignement restreint entre les deux constructions afin de marquer un lien d'usage. Elle peut être accolée ou non à la construction principale avec qui elle entretient un lien fonctionnel, sans disposer d'accès direct depuis la construction principale. Il est précisé que l'annexe est nécessairement située sur la même unité ".
4. Il est constant que le projet litigieux, qui consiste en la pose d'une piscine hors sol d'une superficie de 39 mètres carrés et d'une hauteur de 1,45 mètre, est, compte tenu de ses dimensions, soumis, non à permis de construire, mais à déclaration préalable en application du f) de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme. La confrontation des pièces du dossier fait apparaître que la parcelle cadastrée est classée pour sa moitié nord en zone U1 et pour sa moitié sud en zone N. Or, contrairement à ce que fait valoir la commune, la piscine projetée s'implante sur la portion de parcelle classée, non en zone N, mais en zone U1. Dans ces conditions, c'est à tort que la maire de Saint-Simon s'est opposée à la déclaration préalable de M. C en se fondant sur les dispositions des articles N1 et N2 du règlement écrit du PLUi-HD de la communauté d'agglomération du Saint-Quentinois applicables aux parcelles classées en zone N.
5. En tout état de cause, à supposer même que ce projet soit situé en zone N, il ressort des pièces du dossier que, du fait de ses dimensions ci-dessus rappelées ainsi que de sa localisation, à savoir sur la même unité foncière et à proximité directe de la construction principale dont elle constitue l'annexe, la piscine projetée remplit l'ensemble des conditions prévues par les dispositions de l'article N2 pour permettre la construction dans ladite zone d'une annexe à une construction à usage d'habitation.
6. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 15 avril 2021 doit être annulé. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, les autres moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à entraîner l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les frais liés au litige :
7. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Saint-Simon, qui n'a d'ailleurs pas eu recours au ministère d'avocat, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de M. C présentées sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 15 avril 2021 de la maire de la commune de Saint-Simon est annulé.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Simon sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Saint-Simon.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- Mme Beaucourt, conseillère,
- M. A, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
La rapporteure,
signé
P. DLe président,
signé
C. BINAND
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026