jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2102239 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | HOMEHR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 juin 2021 et 18 juillet 2022, Mme B D, représentée par Me Homehr, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 avril 2021 par lequel la directrice générale du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière l'a suspendue de ses fonctions à titre conservatoire ;
2°) de mettre à la charge du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence quant à son auteur ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation quant à la vraisemblance et à la gravité des faits qui le fondent ;
- il constitue une mesure discriminatoire au sens des dispositions de l'article 6 ter A de la loi du 13 juillet 1983 dès lors qu'elle a signalé de bonne foi des faits constitutifs d'un délit ;
- la mesure de suspension constitue un détournement de procédure ;
- elle constitue une sanction disciplinaire déguisée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2022, le centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
En vertu des dispositions combinées des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction a été fixée au 6 octobre 2022, par une ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 210-1691 du 9 décembre 2016 ;
- le décret n°2007-704 du 4 mai 2017 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pellerin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Homehr, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 7 décembre 2017, la directrice générale du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière a nommé Mme D, titulaire du grade de directeur d'hôpital de classe normale, en qualité de directrice adjointe du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie, chargée de la fonction achat au sein du groupement hospitalier de territoire (GHT) Somme Littoral Sud, à compter du 1er décembre 2017. A la suite de son congé de maternité du 29 décembre 2019 au 23 août 2020 et de ses congés annuels du 24 août au 5 octobre 2020, la directrice générale du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie, par une décision du 22 octobre 2020, a réintégré Mme D sur un emploi de directrice adjointe chargé de projets transversaux au sein du GHT Somme Littoral Sud à compter du 8 octobre 2020. Cette décision a été annulée par un jugement n° 2004087 du 20 octobre 2022 du tribunal administratif d'Amiens. Estimant que Mme D a commis des manquements graves à ses obligations professionnelles, le centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie a engagé, le 13 avril 2021, une procédure disciplinaire à l'encontre de l'intéressée. Par un arrêté du 27 avril suivant, la directrice générale du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière a suspendu l'intéressée de ses fonctions. Mme D demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur la légalité externe de l'arrêté attaqué :
2. Aux termes de l'article 30 loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors en vigueur : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois. () ". Aux termes de l'article 2 du décret du 4 mai 2017 modifié relatif à l'organisation et au fonctionnement du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière et modifiant le code de la santé publique : " Le directeur général du centre national de gestion assure en qualité d'autorité investie du pouvoir de nomination et, au nom du ministre chargé de la santé, la gestion statutaire et le développement des ressources humaines des personnels de direction et des directeurs des soins de la fonction publique hospitalière ainsi que des praticiens hospitaliers à temps plein et à temps partiel et, à ce titre : () 8° L'exercice du pouvoir disciplinaire et de licenciement pour insuffisance professionnelle des personnels de direction, des directeurs des soins et des praticiens hospitaliers ; () ".
3. L'arrêté attaqué a été signé par Mme A C. Par arrêté du 15 juillet 2019, publié au Journal Officiel de la République Française du 31 juillet 2019, la ministre des solidarités et de la santé a nommé Mme A C, directrice générale du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière pour une durée de trois ans à compter du 1er septembre 2019. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
Sur la légalité interne de l'arrêté attaqué :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois. () ".
5. Une mesure de suspension de fonctions ne peut être prononcée à l'encontre d'un fonctionnaire que lorsque les faits imputables à l'intéressé présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité et que l'éloignement de l'intéressé se justifie au regard de l'intérêt du service. Eu égard à la nature conservatoire d'une mesure de suspension et à la nécessité d'apprécier, à la date à laquelle cet acte a été pris, la condition tenant au caractère vraisemblable des faits, il appartient au juge de l'excès de pouvoir de statuer au vu des informations dont disposait effectivement l'autorité administrative au jour de sa décision.
En ce qui concerne le comportement général inapproprié de Mme D à l'encontre des agents de la direction des achats du GHT Somme Littoral Sud :
6. Pour retenir l'existence d'un comportement inapproprié et non professionnel de Mme D envers les agents de la direction des achats du GHT Somme Littoral Sud caractérisé par des propos inadaptés et outranciers, l'arrêté attaqué s'est fondé sur les témoignages de plusieurs agents de l'établissement et des procès-verbaux d'entretiens réalisés dans le cadre de l'enquête interne diligentée en 2020 par la direction générale au sein de la direction des achats du GHT Somme Littoral Sud. Il ressort des pièces du dossier que les courriers et des témoignages d'agents ayant travaillé avec Mme D en 2018 et 2019 font état notamment d'une altercation verbale avec un agent, de propos irrespectueux et vulgaires au sujet de certains agents du service, d'une importante pression sur les agents en vue de la réalisation des projets qui leur étaient confiés, y compris durant leurs congés, ou encore de l'inscription par Mme D, alors qu'elle se trouvait d'ailleurs en congé maternité, d'annotations grossières sur le travail rédigé par un agent du service. Il résulte également de l'enquête administrative relative aux risques psycho-sociaux menée par l'établissement, dont les résultats ont été restitués dans le procès-verbal de séance du 30 septembre 2020 du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail extraordinaire, que la requérante a, de manière récurrente, adopté un comportement inapproprié envers certains agents de la direction des achats notamment par des propos agressifs, insultants et menaçants. Le caractère inapproprié du management mené par la requérante a été confirmé par un courrier du médecin du travail du 29 mars 2021, dont se prévaut le centre national de gestion (CNG), qui fait état d'une souffrance au travail d'un tiers de l'équipe, caractérisée par des arrêts longs, des traitements médicamenteux, un suivi psychologique, et conclut à la nécessité de retirer à Mme D le poste de directrice des achats du GHT Somme Littoral Sud pour protéger l'équipe. Ainsi, ces éléments pouvaient permettre d'estimer avec vraisemblance que Mme D avait adopté un comportement général inapproprié à l'encontre d'une partie des agents placés sous son autorité. A cet égard, la circonstance que le professionnalisme de l'intéressée a été souligné dans ses évaluations des années 2018 et 2019 ainsi que Mme D s'en prévaut n'est pas de nature à remettre en cause le caractère de vraisemblance de ce comportement. Il en est de même des témoignages de soutien, émanant d'autres agents de la direction des achats, que verse l'intéressée à la présente instance. Dans ces conditions, l'existence d'un comportement général inapproprié de Mme D à l'égard des agents de sa direction présentait un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité.
En ce qui concerne le comportement inapproprié de Mme D à l'encontre des membres de la direction générale du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie :
7. L'arrêté attaqué fait état d'appréciations dénigrantes de la part de Mme D à l'égard des membres de la direction générale du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie ainsi que de l'expression d'une réelle animosité à l'encontre de celle-ci et du fait que plusieurs agents ont attesté que Mme D leur a affirmé qu'elle enregistrait à leur insu ses conversations avec la directrice générale et le directeur général adjoint. Il ressort des pièces du dossier que Mme D a adopté un comportement agressif à l'égard du directeur général adjoint de l'établissement lors d'une réunion du 19 février 2021. D'autre part, dans le cadre d'un échange de messages téléphoniques avec la secrétaire générale de l'établissement versé en pièce n°32 du mémoire en défense, Mme D a reconnu avoir des " enregistrements audio " d'un entretien qu'elle avait eu avec le directeur général adjoint de l'établissement sans avoir recueilli, au préalable, l'accord de ce dernier. Ainsi, ces éléments établissent avec vraisemblance l'existence d'un comportement inapproprié à l'égard de sa hiérarchie. Mme D fait état de tentatives de déstabilisation par sa hiérarchie qui se seraient traduites d'une part, par sa mise à l'écart de l'établissement à la suite de son congé de maternité en lui imposant de poser des jours de congé et en la réaffectant sur un poste dépourvu de substance, d'autre part, par une mise en danger de sa personne pour avoir été désignée, lors d'une réunion des membres de la direction des achats du 16 mars 2021, comme l'auteur des signalements relatifs aux irrégularités commises par l'établissement dans la passation des marchés publics. Toutefois, ces circonstances ne sont pas de nature à remettre en cause le caractère de vraisemblance et de gravité des faits qui lui sont reprochés en ce qui concerne ses relations professionnelles avec les membres de la direction générale de l'établissement.
En ce qui concerne l'accès au serveur partagé de la direction des achats du GHT Somme Littoral Sud :
8. L'arrêté attaqué reproche à Mme D d'avoir demandé à plusieurs agents de la direction des achats et à plusieurs reprises, l'accès au serveur partagé de la direction des achats malgré son changement d'affectation, et d'avoir commandité des extractions de données appartenant à l'établissement en fraude au règlement général européen sur la protection des données et des règlements internes du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie. Mme D justifie l'extraction de ces données, qui concernent des procédures de passation des marchés publics entachées selon Mme D de graves irrégularités, par la circonstance que cette extraction lui aurait été demandée par la directrice générale de l'établissement dans un courrier du 25 février 2021. Toutefois, il ressort des termes de ce dernier qu'il a été demandé à l'intéressée de verser " les éléments probatoires " dont elle disposait, après que Mme D a saisi la direction d'un signalement portant sur des irrégularités commises dans les procédures de passation des marchés publics. Cette demande portait ainsi nécessairement sur des éléments qui étaient déjà en possession de la requérante et n'impliquait pas qu'elle demande et qu'elle obtienne la communication de documents auxquels elle ne devait plus avoir accès compte tenu de sa réaffectation. Si la requérante se prévaut de l'illégalité de sa nomination en qualité de directrice des projets transversaux du GHT Somme Littoral Sud, cette circonstance est sans incidence sur la vraisemblance de ces faits à la date de la décision attaquée. Ainsi, les faits reprochés à l'intéressée présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité.
9. Il résulte de tout ce qui précède que le caractère suffisamment vraisemblable et grave des faits retenus par la décision attaquée, qui se sont déroulés entre 2018 et 2021, justifiaient légalement l'édiction de la mesure de suspension, au regard de l'intérêt du service. Si Mme D se prévaut de ce qu'à la date de l'arrêté attaqué, son temps de présence effective dans l'établissement et ses contacts avec les agents de la direction des achats étaient très réduits depuis son changement d'affectation, le 8 octobre 2020, en tant que chargée de projets transversaux, ces circonstances ne remettent pas en cause la nécessité de la mesure en litige en raison des fonctions de l'intéressée, de la nature même des faits reprochés qui dépassent le périmètre de la seule direction des achats du GHT Somme Littoral Sud et dont certains ont été commis sans que la requérante ne soit présente dans les locaux.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 ter A de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la rémunération, la formation, l'appréciation de la valeur professionnelle, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire pour avoir relaté ou témoigné, de bonne foi, aux autorités judiciaires ou administratives de faits constitutifs d'un délit, d'un crime ou susceptibles d'être qualifiés de conflit d'intérêts au sens du I de l'article 25 bis dont il aurait eu connaissance dans l'exercice de ses fonctions./ Aucun fonctionnaire ne peut être sanctionné ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, pour avoir signalé une alerte dans le respect des articles 6 à 8 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique. () En cas de litige relatif à l'application quatre premiers alinéas, dès lors que la personne présente des éléments de fait qui permettent de présumer qu'elle a relaté ou témoigné de bonne foi de faits constitutifs d'un délit, d'un crime, d'une situation de conflit d'intérêts ou d'un signalement constitutif d'une alerte au sens de l'article 6 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 précitée, il incombe à la partie défenderesse, au vu des éléments, de prouver que sa décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers à la déclaration ou au témoignage de l'intéressé. Le juge forme sa conviction après avoir ordonné, en cas de besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles./ Le fonctionnaire qui relate ou témoigne de faits relatifs à une situation de conflit d'intérêts de mauvaise foi ou de tout fait susceptible d'entraîner des sanctions disciplinaires, avec l'intention de nuire ou avec la connaissance au moins partielle de l'inexactitude des faits rendus publics ou diffusés est puni des peines prévues au premier alinéa de l'article 226-10 du code pénal ".
11. Mme D soutient que la mesure de suspension attaquée a été prise au motif qu'elle a effectué, le 23 février 2021 un signalement adressé à sa hiérarchie au sujet des graves irrégularités commises par la direction des achats de l'établissement dans des procédures de passation de marchés publics et engagé des procédures judiciaires à la suite de ce signalement. Toutefois, la décision attaquée se fonde sur des faits qui ont débuté en 2018 et qui sont ainsi antérieurs au signalement dont se prévaut la requérante. En outre, ces faits présentent un caractère de vraisemblance et de gravité suffisant ainsi que cela été dit aux points 6 à 8 et il résulte des pièces versées au dossier que des éléments objectifs étrangers à la déclaration ou au témoignage de l'intéressée justifient la mesure attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 6 ter A de la loi du 13 juillet 1983 doit être écarté.
12. En troisième et dernier lieu, Mme D soutient que la décision attaquée caractérise un détournement de procédure ainsi qu'une sanction déguisée dès lors qu'elle constitue une mesure vexatoire. Toutefois, il ressort des termes de la décision attaquée qu'elle a été édictée dans le cadre de l'engagement d'une procédure disciplinaire diligentée par le centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie et qu'elle se fonde sur les faits suffisamment vraisemblables et graves cités aux points 6 à 8 qui ont nécessité d'éloigner la requérante au regard de l'intérêt du service ainsi qu'il a été dit au point 9. Dans ces conditions, la mesure de suspension en litige ne constitue pas une sanction déguisée et le moyen tiré d'un détournement de procédure doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme D doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et au centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
Mme Pellerin, conseillère,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
C. Pellerin
La présidente,
Signé
C. Galle Le greffier,
Signé
N. Verjot
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026