LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2102486

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2102486

jeudi 19 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2102486
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantAYDIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juillet 2021, M. A B, représenté par Me Aydin, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 9 juillet 2021 par laquelle la directrice du centre pénitentiaire de Liancourt a suspendu son permis de visite pour une durée de quatre mois à compter du 25 juin 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à verser à son avocat, en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière au regard des dispositions des articles 727-1 et R. 57-8-27 du code de procédure pénale dès lors que l'enregistrement et la retranscription de la conversation téléphonique du 4 juin 2021 n'étaient pas justifiés par un motif de prévention de la sécurité au sein de l'établissement, que le compte-rendu de cette conversation téléphonique n'indique pas quel motif a justifié l'enregistrement et la retranscription de cette communication, que ce compte-rendu n'indique pas l'identité de l'agent ayant réalisé l'opération et ayant rédigé le relevé ;

- la décision attaquée est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière au regard des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et des stipulations de l'article 6§1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'en dépit de ses demandes, l'administration a refusé, de manière injustifiée, de lui communiquer l'enregistrement sonore de la conversation téléphonique qui a fondé la décision attaquée ;

- la décision attaquée n'est pas motivée en fait en méconnaissance des dispositions des articles L. 121-2, L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de base légale, dès lors qu'elle est fondée sur les dispositions de l'article D.403 du code de procédure pénale qui ne sont pas applicables à sa situation ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 35 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 dès lors qu'elle n'est pas fondée sur un motif lié au maintien du bon ordre et de la sécurité ou à la prévention des infractions ;

- la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

Une mise en demeure a été adressée le 20 juillet 2022 au garde des sceaux, ministre de la justice, en application de l'article R. 612-6 du code de justice administrative, qui n'a pas produit d'observations en défense.

Par une ordonnance du 8 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 septembre 2022.

Un mémoire du garde des sceaux, ministre de la justice a été enregistré le 30 décembre 2022, après la clôture de l'instruction.

M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 août 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pellerin, rapporteure,

- et les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 9 juillet 2021 par laquelle la directrice du centre pénitentiaire de Liancourt a suspendu son permis de visite au profit de son père, détenu au sein de cet établissement, pour une durée de quatre mois à compter du 25 juin 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". L'article L. 211-5 du même code dispose : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article 35 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 alors en vigueur : " () L'autorité administrative ne peut refuser de délivrer un permis de visite aux membres de la famille d'un condamné, suspendre ou retirer ce permis que pour des motifs liés au maintien du bon ordre et de la sécurité ou à la prévention des infractions. () ".

3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'autorité administrative qui a délivré aux membres de la famille d'un condamné un permis de visite, lorsqu'elle décide sous réserve de se fonder sur les seuls motifs énoncés par la loi de suspendre le permis dont ils sont ainsi munis, est tenue, eu égard à la nature d'une telle mesure, de les informer des motifs sur lesquels elle s'est fondée, en leur adressant une décision motivée en application du code des relations entre le public et l'administration.

4. La décision du 9 juillet 2021 par laquelle la directrice du centre pénitentiaire de Liancourt a prononcé la suspension du permis de visite de M. B pour une durée de quatre mois à compter du 25 juin 2021 ne fait pas état des circonstances de fait qui en constituent le fondement. A cet égard, si la décision attaquée vise le courriel du 25 juin 2021 par lequel la directrice du centre pénitentiaire de Liancourt a informé le requérant de ce qu'elle envisageait de suspendre de manière provisoire son permis de visite au motif qu'à l'occasion d'un entretien téléphonique du 4 juin 2021 à 20 heures 40, ses parents ont mentionné au cours de leur conversation des jeux sexuels dans lesquels l'intéressé était partie prenante, ce courriel a pour seul objet d'engager la procédure contradictoire préalable à la décision attaquée et comporte la mention de faits qui ne sont pas nécessairement retenus par cette dernière. Dans ces conditions, M. B, qui n'a pas été mis en mesure de connaître les motifs de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée, est fondé à soutenir que cette dernière est insuffisamment motivée en fait.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 9 juillet 2021 doit être annulée.

Sur les frais liés au litige :

6. M. A B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de l'intéressé présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du

10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : La décision de la directrice du centre pénitentiaire de Liancourt du 9 juillet 2021 est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Aydin et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Galle, présidente,

Mme Pellerin, première conseillère,

Mme Bazin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 janvier 2023.

La rapporteure,

Signé

C. Pellerin

La présidente,

Signé

C. Galle La greffière,

Signé

S. Chatellain

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions