jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2102492 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP DERREUMAUX-GRAVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2021, M. A B, représenté par Me Gravier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 février 2021 par lequel le préfet de l'Aisne lui a retiré l'autorisation de détention d'arme n°00200256999 en date du 26 août 1997, lui a ordonné de la restituer, de se dessaisir de toutes les armes de toute catégorie dont il est en possession, lui a interdit d'acquérir ou de détenir des armes de toute catégorie, a enregistré cette interdiction dans le fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes et lui a retiré la validation de son permis de chasser, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit, dès lors qu'il n'a pas été privé du droit de port d'armes à la suite de sa condamnation prononcée par ordonnance d'homologation du président du tribunal de grande instance de Laon en date du 11 juillet 2017 ;
- cet arrêté est entaché d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il ne tient pas compte de l'ancienneté des faits, de l'absence de dangerosité de son comportement, de ce qu'il exerce la profession de garde-chasse et de l'absence de sanctions antérieures prononcées à son encontre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2021, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 16 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au
5 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pellerin, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 février 2021, le préfet de l'Aisne a retiré l'autorisation d'acquisition et de détention d'armes délivrée le 26 août 1997 à M. B, lui a ordonné de se dessaisir de toutes les armes de toute catégorie dont il est en possession, lui a interdit d'acquérir ou de détenir des armes de toute catégorie, a enregistré cette interdiction dans le fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes et lui a retiré la validation de son permis de chasser. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure dans sa rédaction alors en vigueur : " Sont interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C : () 1° Les personnes dont le bulletin n° 2 du casier judiciaire comporte une mention de condamnation pour l'une des infractions suivantes : () - violences volontaires prévues aux articles 222-7 et suivants dudit code ; () 2° Les personnes condamnées à une peine d'interdiction de détenir ou de porter un matériel de guerre, une arme, des munitions et leurs éléments soumis à autorisation ou condamnées à la confiscation de matériels de guerre, d'armes, de munitions et de leurs éléments dont elles sont propriétaires ou dont elles ont la libre disposition ". Aux termes de l'article L. 312-16 du même code : " Un fichier national automatisé nominatif recense : () 2° Les personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C en application de l'article L. 312-3 ; () ". Aux termes de l'article R. 312-67 de ce code : " Le préfet ordonne la remise ou le dessaisissement de l'arme ou de ses éléments dans les conditions prévues aux articles L. 312-7 ou L. 312-11 lorsque : / 1° Le demandeur ou le déclarant se trouve dans une situation prévue aux 1°, 2° ou 3° de l'article L. 312-16 ; / 2° Le demandeur ou le déclarant a été condamné pour l'une des infractions mentionnées au 1° de l'article L. 312-3 figurant au bulletin n° 2 de son casier judiciaire ou dans un document équivalent pour les ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ; () ". Aux termes de l'article L. 423-15 du code de l'environnement : " Ne peuvent obtenir la validation de leur permis de chasser : () 3° Ceux qui, par suite d'une condamnation, sont privés du droit de port d'armes ; () 9° Ceux qui sont inscrits au fichier national automatisé nominatif des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes visé à l'article L. 312-16 du code de la sécurité intérieure. () ". Aux termes de l'article R. 423-24 du même code : " Lorsque le préfet est informé du fait que le titulaire d'un permis de chasser revêtu de la validation annuelle ou temporaire se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 423-15 (), il procède au retrait de la validation. () ".
3. En premier lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que pour prononcer l'interdiction de détention d'armes à l'encontre de M. B et le dessaisissement de l'arme que ce dernier détenait, le préfet de l'Aisne s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé a fait l'objet d'une condamnation le 11 juillet 2011 par le tribunal de grande instance de Laon pour des faits notamment de violence volontaires prévus aux articles 222-7 et suivants qui ont été inscrits sur le bulletin n° 2 de son casier judiciaire. Ainsi, ces décisions ont été édictées sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure et de celles de l'article R. 312-67 du code de la sécurité intérieure citées au point précédent. En outre, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que l'inscription de M. B au fichier national automatisé nominatif des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes (FINIADA) résulte de ce que l'intéressé a fait l'objet d'une interdiction de détention d'armes ainsi que le prévoient les dispositions des articles L. 312-16 du code de la sécurité intérieure. Enfin, le retrait de la validation du permis de chasser du requérant résulte uniquement de son inscription au FINIADA en application des dispositions du 9° de l'article L. 423-15 du code de l'environnement, et n'a pas été décidé sur le fondement du 3° de cet article relatif aux cas des personnes " privées du droit de port d'armes " " par suite d'une condamnation ". Ainsi, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'erreur de droit au motif qu'il n'a pas été privé du droit de port d'armes par l'ordonnance d'homologation du président du tribunal de grande instance de Laon du 11 juillet 2017.
4. En second lieu, il est constant qu'à la date de l'arrêté attaqué, le bulletin n° 2 du casier judiciaire de M. B comportait notamment la mention d'une condamnation à deux mois d'emprisonnement avec sursis, prononcée le 11 juillet 2017 par le tribunal de grande instance de Laon, pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité. Cette seule mention fait obstacle, en application des dispositions du 1° de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure, à ce que le requérant acquière ou détienne des armes de catégories A, B et C. Dans ces conditions, l'autorité administrative, qui était tenue d'ordonner le dessaisissement de toutes les armes détenues par le requérant selon les dispositions de l'article R. 312-67 du code précité, était également en situation de compétence liée pour interdire à M. B d'acquérir ou de détenir des armes ainsi que par voie de conséquence, pour procéder à son inscription au FINIADA en application de l'article L. 312-16 du code de la sécurité intérieure et au retrait de la validation de son permis de chasser en application des dispositions des articles L. 423-15, 9° et R. 423-24 du code de l'environnement. Si le requérant fait état de l'ancienneté des faits, de l'absence de dangerosité de son comportement, de ce qu'il exerce la profession de garde-chasse et de l'absence de sanctions antérieures prononcées à son encontre, ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, ses conclusions présentées à ce titre doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Aisne.
Délibéré après l'audience du 19 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
Mme Pellerin, première conseillère,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
La rapporteure,
Signé
C. Pellerin
La présidente,
Signé
C. Galle La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026