LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2102529

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2102529

jeudi 28 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2102529
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantASTERIO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 20 juillet 2021, 5 août 2022 et 31 juillet 2023, le syndicat intercommunal à vocation multiple (SIVOM) de Thourotte-Longueil-Annel, représenté par Me Bracq, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 mai 2021 par lequel la préfète de l'Oise a modifié l'arrêté préfectoral du 29 octobre 1998 relatif au captage d'eau sis au lieu-dit " le chemin de Plessis-Brion " à Thourotte en autorisant, au sein des périmètres de protection de ce captage, le déboisement, le dessouchage, les excavations, les remblaiements et les voies de transport, afin de permettre la réalisation des travaux nécessaires à la construction du canal à grand gabarit Seine-Nord Europe (CSNE) ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;

- la procédure prévue à l'article R. 1321-7 du code de la santé publique a été méconnue dès lors que ni le rapport de synthèse établi par le directeur général de l'agence régionale de santé (ARS), ni le projet d'arrêté motivé n'ont été transmis au conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) préalablement à l'émission de son avis ;

- la procédure prévue à l'article R. 1321-7 du code de la santé publique a été méconnue dès lors que la préfète de l'Oise n'a pas transmis le projet d'arrêté au demandeur et ne l'a pas informé de la date et du lieu de la réunion du CODERST ;

- la procédure prévue à l'article R. 1321-7 du code de la santé publique a été méconnue dès lors que le rapport de synthèse de l'ARS n'a pas été établi par son directeur général ;

- l'arrêté attaqué aurait dû être pris au terme d'une procédure de révision de l'arrêté du 29 octobre 1998 comprenant une enquête publique dès lors qu'il entraine un bouleversement de l'économie générale de cet arrêté qui ne peut être assimilé à une modification mineure au sens des dispositions des articles L. 1321-2-2 et R. 1321-13-5 du code de la santé publique ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 1321-2 du code de la santé publique dès lors que l'arrêté litigieux n'a pas pour objet d'interdire ou de réglementer des travaux au sein des périmètres de protection ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 1321-12 du code de la santé publique et est entaché de détournement de procédure dès lors que l'arrêté litigieux n'a pas pour objet d'assurer la sécurité sanitaire de l'eau distribuée mais celui de permettre la réalisation du CSNE ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article R. 1321-13 du code de la santé publique dès lors qu'il autorise des travaux et des aménagements susceptibles de rendre l'eau du captage impropre à la consommation humaine ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les articles L. 210-1 et L. 1321-1 du code de la santé publique dès lors que la préfète de l'Oise n'a pas adopté des mesures suffisantes pour garantir la qualité de l'eau destinée à la consommation du captage.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Richard, rapporteur,

- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Hakes, représentant C.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 29 octobre 1998, le préfet de l'Oise a, d'une part, délimité des périmètres de protection du captage d'eau sis au lieu-dit " le chemin de Plessis-Brion " à Thourotte, d'autre part, agréé au profit du syndicat intercommunal à vocation multiple (SIVOM) de Thourotte-Longueil-Annel le prélèvement d'eau sur ce captage et, enfin, déclaré d'utilité publique les travaux de dérivation des eaux et d'implantation de ces périmètres. Par arrêté du 27 mai 2021, la préfète de l'Oise a modifié l'arrêté du 29 octobre 1998 en autorisant, au sein des périmètres de protection, le déboisement, le dessouchage, les excavations, les remblaiements et les voies de transport, afin de permettre la réalisation des travaux nécessaires à la construction du canal à grand gabarit Seine-Nord Europe (CSNE). C demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 27 mai 2021.

Sur la légalité de l'arrêté attaqué :

2. En premier lieu, par un arrêté du 21 décembre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, la préfète de l'Oise a donné délégation à M. Sébastien Lime, secrétaire général de la préfecture de l'Oise, à l'effet de signer en toutes matières, tous actes, arrêtés, correspondances, décisions, requêtes et circulaires relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Oise à l'exclusion de certaines mesures limitativement énumérées au nombre desquelles ne figure pas l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 1321-7 du code de la santé publique : " I.-Sans préjudice des dispositions de l'article L. 214-1 du code de l'environnement, est soumise à autorisation du représentant de l'Etat dans le département l'utilisation de l'eau en vue de la consommation humaine, à l'exception de l'eau minérale naturelle, pour : / 1° La production ; / 2° La distribution par un réseau public ou privé, à l'exception de la distribution à l'usage d'une famille mentionnée au III et de la distribution par des réseaux particuliers alimentés par un réseau de distribution public ; / 3° Le conditionnement. () ". Aux termes de l'article R. 1321-12 du même code : " Le préfet peut prendre, à son initiative sur proposition du directeur général de l'agence régionale de santé ou à la demande du titulaire de l'autorisation et conformément à la procédure prévue au I de l'article R. 1321-7, un arrêté modificatif de l'arrêté d'autorisation, s'il estime que le maintien de certaines dispositions n'est plus justifié ou que des prescriptions complémentaires s'imposent afin d'assurer la sécurité sanitaire de l'eau distribuée. () ". Aux termes de l'article R. 1321-7 du même code : " I.-Le préfet soumet un rapport de synthèse établi par le directeur général de l'agence régionale de santé et un projet d'arrêté motivé à l'avis du conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques. / Le préfet transmet le projet d'arrêté au demandeur et l'informe de la date et du lieu de la réunion du conseil départemental. Le demandeur ou son mandataire peut demander à être entendu par le conseil départemental ou lui présenter ses observations écrites. () ".

4. L'arrêté attaqué n'a ni pour objet ni pour effet de délivrer une autorisation d'utiliser de l'eau en vue de la consommation humaine ou de modifier une telle autorisation. Dans ces conditions, C ne peut utilement se prévaloir du moyen tiré de la méconnaissance de la procédure prévue par les dispositions citées au point précédent qui encadrent la délivrance d'une telle autorisation.

5. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le rapport de l'agence régionale de santé du 25 mars 2021 relatif à l'arrêté attaqué, signé par M. A B, responsable du service de santé environnementale de l'Oise, qui disposait d'une délégation pour ce faire en application d'un arrêté du directeur général des services du 13 mars 2020 régulièrement publié le 24 mars 2020 au recueil des actes administratifs de la préfecture de région des Hauts-de-France, ainsi que le projet d'arrêté ont été soumis au conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques qui a échangé à son propos lors de sa réunion du 14 avril 2021 durant laquelle des représentants du SIVOM de Thourotte-Longueil-Annel ont été entendus. Par ailleurs, à supposer même que ce syndicat puisse être considéré comme le demandeur désigné à l'article R. 1321-7 du code de la santé publique, il ressort des pièces du dossier qu'il a reçu une invitation au CODERST à laquelle était jointe le projet d'arrêté. Enfin, à supposer que le SIVOM n'ait pas effectivement reçu le rapport et le projet d'arrêté annoncés comme joints à l'invitation qui lui a été adressée, il lui appartenait d'en solliciter la communication.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 1321-2-2 du code de la santé publique : " Par dérogation aux dispositions du livre Ier du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique et du chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement, lorsqu'une modification mineure d'un ou de plusieurs périmètres de protection ou de servitudes afférentes mentionnés à l'article L. 1321-2 du présent code est nécessaire, l'enquête publique est conduite selon une procédure simplifiée, définie par décret en Conseil d'Etat et adaptée selon le type de modification. Cette procédure simplifiée ne s'applique pas lorsque la modification étend le périmètre de protection immédiate. () ". Aux termes de l'article R. 1321-13-5 du même code : " I.-Par dérogation aux dispositions du livre Ier du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique et du chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement, la procédure simplifiée d'enquête publique prévue à l'article L. 1321-2-2 du présent code se déroule dans les conditions définies au présent article, préalablement à l'arrêté portant modifications mineures de périmètres de protection ou de servitudes afférentes, pris en application de l'article R. 1321-12. / II.-Les modifications mineures de périmètres de protection ou de servitudes afférentes mentionnées au I consistent en : / 1° La suppression de servitudes devenues sans objet, ou reconnues inutiles ou inapplicables par l'administration ; / 2° Le retrait ou l'ajout d'une ou de plusieurs parcelles du périmètre de protection rapprochée ou du périmètre de protection éloignée, à la condition que la superficie concernée ne dépasse pas 10 % de la superficie totale initiale du périmètre de protection concerné ; / 3° Le retrait d'une ou de plusieurs parcelles du périmètre de protection immédiate, à la condition que la superficie concernée ne dépasse pas 10 % de la superficie totale initiale du périmètre de protection immédiate. () ".

7. La construction du CSNE avait été envisagée dès l'édiction de l'arrêté du 29 octobre 1998 qui la mentionne et qui préconise la réalisation d'une étude d'hydrogéologie avant sa mise en œuvre. Par ailleurs, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que celui-ci n'autorise au sein des périmètres de protection du captage en litige le déboisement, le dessouchage, l'excavation, le remblaiement et l'édification de voies de transport que si ces opérations sont nécessaires à la seule construction du CSNE. En outre, l'arrêté attaqué soumet ces activités au respect de mesures de nature à protéger la qualité de l'eau de la nappe exploitée par le captage, telles que préconisées par le rapport d'hydrogéologie du 24 décembre 2019, et notamment au stockage des alluvions décaissées dans un remblai positionné à une distance minimale de 50 mètres du captage et comportant une pente permettant l'écoulement des eaux de pluie vers le canal, ainsi qu'à un suivi accru de l'évolution de la qualité de l'eau. Dans ces conditions, la préfète de l'Oise a pu considérer que les modifications apportées par l'arrêté attaqué à l'arrêté du 29 octobre 1998 étaient mineures au sens des dispositions citées au point précédent. Par suite, C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué ne pouvait être adopté qu'au terme d'une enquête publique ne relevant pas de la procédure simplifiée prévue aux dispositions précitées de l'article L. 1321-2-2 du code de la santé publique. Au demeurant, l'enquête publique réalisée préalablement à l'édiction de l'autorisation environnementale délivrée le 8 avril 2021 portant sur la construction et l'exploitation du secteur 1 du CSNE a porté notamment sur la modification des servitudes au sein des périmètres de protection du captage d'eau en litige.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 1321-2 du code de la santé publique : " En vue d'assurer la protection de la qualité des eaux, l'acte portant déclaration d'utilité publique des travaux de prélèvement d'eau destinée à l'alimentation des collectivités humaines mentionné à l'article L. 215-13 du code de l'environnement détermine autour du point de prélèvement un périmètre de protection immédiate dont les terrains sont à acquérir en pleine propriété, un périmètre de protection rapprochée à l'intérieur duquel peuvent être interdits ou réglementés toutes sortes d'installations, travaux, activités, dépôts, ouvrages, aménagement ou occupation des sols de nature à nuire directement ou indirectement à la qualité des eaux et, le cas échéant, un périmètre de protection éloignée à l'intérieur duquel peuvent être réglementés les installations, travaux, activités, dépôts, ouvrages, aménagement ou occupation des sols et dépôts ci-dessus mentionnés. () ".

9. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que celui-ci réglemente les activités autorisées dans les périmètres de protection du captage en litige. Dès lors, C n'est pas fondé à soutenir que cet arrêté n'a pas cet objet et méconnaît les dispositions de l'article L. 1321-2 du code de la santé publique, qui n'imposaient pas à la préfète d'adopter une réglementation plus restrictive que celle existante.

10. En cinquième lieu, ainsi qu'il a été dit, C ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 1321-12 du code de la santé publique cité au point 3, dès lors que l'arrêté attaqué n'a ni pour objet ni pour effet de délivrer ou de modifier une autorisation d'utiliser de l'eau en vue de la consommation humaine.

11. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 1321-13 du code de la santé publique : " A l'intérieur du périmètre de protection rapprochée, sont interdits les activités, installations et dépôts susceptibles d'entraîner une pollution de nature à rendre l'eau impropre à la consommation humaine. Les autres activités, installations et dépôts peuvent faire l'objet de prescriptions et sont soumis à une surveillance particulière, prévues dans l'acte déclaratif d'utilité publique. Chaque fois qu'il est nécessaire, le même acte précise que les limites du périmètre de protection rapprochée seront matérialisées et signalées. / A l'intérieur du périmètre de protection éloignée peuvent être réglementés les activités, installations et dépôts qui, compte tenu de la nature des terrains, présentent un danger de pollution pour les eaux prélevées ou transportées, du fait de la nature et de la quantité de produits polluants liés à ces activités, installations et dépôts ou de l'étendue des surfaces que ceux-ci occupent ".

12. Il ressort des pièces du dossier que certains travaux de réalisation du CNSE affecteront les périmètres de protection du captage en litige et sont de nature à introduire des risques de contamination de l'eau utilisée par ce dernier, notamment, d'une part, par l'introduction d'éventuels polluants se trouvant dans les matériaux extraits durant les travaux soit lors du creusement soit par ruissellement sur les remblais utilisés pour stocker ces matériaux ou, d'autre part, par l'introduction de boue lors de la pose de pieux nécessaire à la déviation de la route départementale n° 15. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et notamment du rapport d'expertise d'hydrogéologie du 24 décembre 2019 qui conclut, par un avis favorable au projet, que ces risques, limités, peuvent être prévenus par les mesures introduites à la fois par l'arrêté attaqué et par l'autorisation environnementale délivrée le 8 avril 2021 portant sur la construction et l'exploitation du secteur 1 du CSNE, en particulier aux articles 18, 42, 57 et 74 de cette autorisation, et constituées notamment par la limitation du ruissellement depuis les alluvions extraites par un stockage éloigné d'au moins 50 mètres du captage, dans des remblais présentant une pente douce dirigée vers le canal, ainsi que par une surveillance accrue des effets potentiels des travaux et de l'exploitation du canal sur la qualité de l'eau du captage, notamment par l'installation de piézomètres. Dans ces conditions, C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions précitées des articles L. 1321-2 et R. 1321-13 du code de la santé publique.

13. En septième lieu, aux termes de l'article L. 210-1 du code de la santé publique : " L'eau fait partie du patrimoine commun de la nation. Sa protection, sa mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels, sont d'intérêt général. / Dans le cadre des lois et règlements ainsi que des droits antérieurement établis, l'usage de l'eau appartient à tous et chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d'accéder à l'eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous. / Les coûts liés à l'utilisation de l'eau, y compris les coûts pour l'environnement et les ressources elles-mêmes, sont supportés par les utilisateurs en tenant compte des conséquences sociales, environnementales et économiques ainsi que des conditions géographiques et climatiques ". Aux termes de l'article L. 1321-1 du même code : " Toute personne qui offre au public de l'eau en vue de l'alimentation humaine, à titre onéreux ou à titre gratuit et sous quelque forme que ce soit, y compris la glace alimentaire, est tenue de s'assurer que cette eau est propre à la consommation. () ".

14. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté attaqué ait pour effet ou pour objet de remettre en cause l'approvisionnement en eau destinée à la consommation des usagers servis par C alors qu'il résulte de ce qui a été dit au point 12 que la préfète n'a pas méconnu les dispositions précitées des articles L. 1321-2 et R. 1321-13 du code de la santé publique et qu'au demeurant, le syndicat dispose d'un autre captage pour assurer cet approvisionnement. Dans ces conditions, à supposer même ce moyen opérant, C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions citées au point précédent.

15. Il résulte de tout ce qui précède que C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par suite, les conclusions qu'il présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête du SIVOM de Thourotte-Longueil-Annel est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié au ministre de la santé et de la prévention et au syndicat intercommunal à vocation multiple de Thourotte-Longueil-Annel.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Oise.

Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Galle, présidente,

- M. Fumagalli, conseiller,

- M. Richard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2023.

Le rapporteur,

Signé

J. Richard

La présidente,

Signé

C. Galle

Le greffier,

Signé

J.-F. Langlois

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

No 2102529

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions