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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2102543

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2102543

vendredi 10 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2102543
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCABINET BIBARD AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 juillet 2021 et le 20 décembre 2022, Mme D F et M. A C, représentés par Me Bibard, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 mai 2021 par laquelle le maire de Huppy leur a délivré un certificat d'urbanisme négatif pour la construction d'une maison d'habitation sur la parcelle cadastrée section C n° 751 située route de Liercourt au lieu-dit " le Village " sur le territoire de la commune ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Huppy la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que la décision attaquée méconnait les dispositions des articles L. 111-3 et L. 111-4 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2022, la préfète de la Somme conclut au rejet de la requête.

Par ordonnance du 25 octobre 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au 20 décembre 2022 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- et les conclusions de M. Lapaquette, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme F et M. C ont déposé, le 25 mars 2021, une demande de certificat d'urbanisme opérationnel portant sur la parcelle cadastrée section C n° 751 située route de Liercourt sur le territoire de la commune de Huppy, dépourvue de document d'urbanisme, en vue de la construction d'une maison à usage d'habitation. Par une décision du 21 mai 2021, dont ils demandent l'annulation, la maire de Huppy leur a délivré un certificat d'urbanisme opérationnel négatif pour la réalisation de ce projet.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme interdit en principe, en l'absence de plan local d'urbanisme ou de carte communale opposable aux tiers ou de tout document d'urbanisme en tenant lieu, les constructions implantées " en dehors des parties urbanisées de la commune ", c'est-à-dire des parties du territoire communal qui comportent déjà un nombre et une densité significatifs de constructions. Il en résulte qu'en dehors du cas où elles relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues par l'article L. 111-4 du même code, les constructions ne peuvent être autorisées dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune. Pour apprécier si un projet a pour effet d'étendre la partie urbanisée de la commune, il est tenu compte de sa proximité avec les constructions existantes situées dans les parties urbanisées de la commune ainsi que du nombre et de la densité des constructions projetées.

3. Pour déclarer l'opération de construction d'une maison d'habitation sur la parcelle cadastrée section C n° 751 non réalisable, le maire de Huppy s'est fondé sur la circonstance que le terrain d'assiette, bien que desservi par les équipements publics d'eau et d'électricité, se situe dans un secteur naturel, en dehors des parties urbanisées de la commune. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la parcelle d'assiette, vierge de construction d'une surface de 11 776 m², située le long de la route de Liercourt sur le territoire de la commune de Huppy caractérisée par un tissu urbain qui s'étire le long des axes routiers s'étendant sans discontinuité jusqu'à la parcelle d'assiette en litige, est bordée, à l'est, à l'ouest, au nord et au sud, de parcelles bâties. Si la préfète de la Somme fait valoir que le terrain d'assiette se situe à 850 mètres de l'Eglise, de la mairie et du café restaurant du bourg, il ressort également des pièces du dossier que ces derniers sont situés à l'extrémité est de la commune et qu'il n'existe pas de coupure d'urbanisation entre ces deux secteurs. Dans ces conditions, et alors que la demande de certificat d'urbanisme porte sur la construction d'une maison d'habitation sur une surface de seulement 1 000 m² de la parcelle en litige dotée des équipements publics d'eau potable, d'électricité et de voirie, située en continuité du bâti environnant, le projet en litige ne se situe pas en dehors des parties urbanisées de la commune. Par suite, la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme citées au point précédent.

4. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à demander l'annulation du certificat d'urbanisme négatif du 21 mai 2021 attaqué.

Sur les dépens :

5. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".

6. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Huppy le versement de la somme que les requérants demandent sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative citées au point précédent.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 21 mai 2021 du maire de Huppy est annulée.

Article 2 : Les conclusions de Mme F et de M. C présentées sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D F et M. A C, au préfet de la Somme et à la commune de Huppy.

Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Binand, président,

Mme B et Mme E, conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.

La rapporteure,

Signé

D. B

Le président,

Signé

C. BINAND

Le greffier,

Signé

N. VERJOT

La République mande et ordonne au préfet de la Somme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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