mardi 19 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2103099 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | Maître JUFFROY Stéphanie |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2021, la société civile immobilière (SCI) La Chateaulierre doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 mai 2021 par lequel le maire de la commune d'Andeville a refusé de lui délivrer un permis en vue de construire deux logements et six places de stationnement sur un terrain cadastré AI n° 0014 situé 10 rue de Méru sur le territoire de la commune, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Elle soutient que la commune d'Andeville ne pouvait refuser de lui délivrer le permis de construire demandé sur le fondement de l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU), dès lors que cet article ne pouvait s'appliquer au projet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2022, la commune d'Andeville, représentée par Me Juffroy, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge la SCI La Chateaulierre le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable faute de comporter des conclusions à fin d'annulation et, à titre subsidiaire, que le moyen soulevé n'est pas fondé.
Par ordonnance du 5 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Parisi, conseillère,
- les conclusions de M. Lapaquette, rapporteur public,
- et les observations de M. A pour la SCI La Chateaulierre ainsi que celles de Me Juffroy, représentant la commune d'Andeville.
Une note en délibéré présentée par la commune d'Andeville a été enregistrée le 7 septembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Le 18 mai 2021, la société civile immobilière (SCI) La Chateaulierre a déposé une demande de permis en vue de construire deux logements et six places de stationnement terrain cadastré AI n° 0014 situé 10 rue de Méru sur le territoire de la commune d'Andeville. Par un arrêté du 22 juin 2021, le maire de la commune d'Andeville a refusé de délivrer le permis sollicité. Par la présente requête, la SCI La Chateaulierre doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 juin 2021, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune d'Andeville :
2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. (). Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. ".
3. Il ressort de la requête introductive d'instance que la SCI La Chateaulierre conteste le bien-fondé de l'arrêté litigieux du 22 juin 2021, et joint à sa requête le recours administratif qu'elle a formé à l'encontre de l'arrêté litigieux. La SCI La Chateaulierre doit donc être regardée comme demandant l'annulation de l'arrêté du 22 juin 2021 ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense, tirée de ce que la requête ne comporte aucune conclusion, doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes du préambule aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune d'Andeville applicables à la zone UB de ce plan : " Caractère et vocation de la zone UB. La zone UB correspond au paysage urbain de type " organique ". () Le bâti est implanté soit à l'alignement de la voie sur un parcellaire en bandes étroites, parfois l'implantation se fait en retrait de la voie. La continuité visuelle est assurée à la fois par les murs de façade et par les murs de clôture. () ". Aux termes de l'article UB 6 de ce règlement, relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques : " Les constructions sont implantées, soit à l'alignement de la voie, soit avec un retrait maximal de 10 m par rapport à la limite de la voie (). ". Enfin, l'article UB 8 du même règlement, relatif à l'implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété dispose : " Non règlementé ".
5. Il résulte de ces dispositions combinées que l'article UB 6 a pour objet de créer un front bâti continu le long de la voie et non de régir, à la différence de l'article UB 8, l'implantation des constructions situées, sur une même propriété, au second rang par rapport à la voie publique.
6. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse n° PC2b joint au dossier de demande de permis de construire, que le bâtiment comprenant les deux logements que la SCI la Chateaulierre souhaite construire sur le terrain cadastré AI n° 0014 est implanté avec un recul de 40 mètres de l'alignement de la voie publique, et pour l'essentiel, à l'arrière d'une première construction à usage d'habitation implantée quant à elle à l'alignement de la rue de Méru. Il ressort également tant de ce même plan de masse que de la vue d'insertion paysagère du projet n°PC6 jointe au dossier de demande de permis de construire que la construction projetée est implantée à l'arrière d'un portail en métal, situé à l'alignement de la rue de Méru, supporté par deux piliers en béton, dont l'un s'incorpore avec le muret relié à la première construction. Cet ouvrage, qui constitue ainsi une construction, assure au demeurant la continuité visuelle du front bâti le long de la voie publique. Dans ces conditions, la construction projetée présente le caractère d'une construction située au second rang par rapport à la voie publique. Par suite, l'article UB 6 du règlement du PLU n'est pas applicable au projet.
7. Il résulte de tout ce qui précède qu'en se fondant sur la méconnaissance de l'article UB 6 du PLU pour refuser de délivrer le permis de construire contesté, le maire de la commune d'Andeville a entaché sa décision d'une erreur de droit. L'arrêté du 22 juin 2021 doit, pour ce motif, être annulé, ensemble la décision implicite rejetant le recours gracieux.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société requérante, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune d'Andeville demande sur leur fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 22 juin 2021 de la commune d'Andeville est annulé.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Andeville présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière La Chateaulierre et à la commune d'Andeville.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- Mme Parisi, conseillère,
- Mme Beaucourt, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.
La rapporteure,
signé
J. PARISI
Le président,
signé
C. BINAND
Le greffier,
signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026